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Angola : le procès des opposants une nouvelle fois reporté faute de témoins


Luaty Beirão au tribunal de Luanda le 16 novembre 2015.
Luaty Beirão au tribunal de Luanda le 16 novembre 2015.

L'absence de témoins dans le procès des 17 opposants au régime angolais a une fois de plus provoqué la suspension du procès qui a débuté mi-novembre, a-t-on appris jeudi auprès de la défense qui dénonce une "manoeuvre" du parquet.

"Le procès reprendra le 8 février en raison de l'absence des témoins" qui n'ont pas reçu leur convocation, a déclaré à l'AFP l'un des deux avocats de la défense, Luis Nascimento.

"Nous avons contacté beaucoup des témoins qui devaient se présenter. Tous nous ont dit ne pas avoir reçu de notification du tribunal", a expliqué l'avocat qui représente les 17 jeunes Angolais accusés de tentative de coup d'Etat et de rébellion.

Depuis l'interruption du procès pendant les fêtes de Noël, c'est la seconde fois que les audiences sont ajournées pour cette raison.

La justice avait pourtant un mois pour résoudre le problème, les autorités ayant notamment la possibilité de publier dans la presse les notifications à comparaître.

Selon une source proche de la défense qui a souhaité garder l'anonymat, "il s'agit d'une manoeuvre pour que l'attention suscitée par le procès retombe, que l'opinion publique et la communauté internationale se lassent".

Agacée, la défense a proposé de contacter elle-même la cinquantaine de témoins que le tribunal doit encore entendre.

Tous ces témoins font partie du "gouvernement de salut national", du nom d'un groupe Facebook où les citoyens étaient invités à proposer des noms de personnes qui pourraient remplacer le gouvernement angolais si celui-ci venait à tomber.

Auditionner ces personnes pour connaître leurs liens éventuels avec les accusés "est une perte de temps", ont estimé les avocats de la défense qui demandent au tribunal de renoncer à les entendre. La défense craint que ces auditions ne repoussent la fin du procès à 2017.

Les 17 accusés, dont le célèbre rappeur Luaty Beirao, sont membres du Mouvement révolutionnaire de l'Angola, qui demande le départ du président José Eduardo dos Santos, au pouvoir depuis 1979. Ils nient les charges qui pèsent sur eux, assurant être partisans d'une "lutte pacifique".

Tous risquent entre trois et douze ans de prison.

Quinze d'entre eux ont été emprisonnés entre mi-juin et mi-décembre et sont désormais assignés à résidence, tandis que les deux autres comparaissent libres.

Avec AFP

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