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L'Allemagne rend hommage aux victimes de la tuerie de Munich

Des passants rendent hommage aux victimes de l'attentat de Munich, Allemagne, le 24 juillet 2016.

L'Allemagne s'est recueillie dimanche à Munich derrière le président Joachim Gauck et la chancelière Angela Merkel à la mémoire des neuf personnes tuées il y a une semaine par un jeune forcené dans cette ville.

Aux côtés de Mme Merkel et de M. Gauck, des dignitaires religieux orthodoxes, juifs ou musulmans étaient également présents à la cérémonie en la cathédrale Notre-Dame de Munich (sud).

Le "repli sur soi et la méfiance" ne doivent pas avoir le dernier mot, a déclaré le cardinal de Munich Reinhard Marx. Dhari Hajer, qui dirige le conseil musulman de la ville, a mis en garde contre un glissement dans un "cercle vicieux de haine et de violence".

Une commémoration a également eu lieu en fin d'après-midi au parlement régional de Bavière où le président Gauck a fait un discours dans lequel il a assuré que "nous resterons comme nous sommes, une communauté humaine qui se montre solidaire".

"La société ne doit pas permettre que ces jeunes personnes soient laissées seules ni tolérer leur marginalisation", a-t-il encore déclaré, l'enquête ayant montré que le tireur, âgé de 18 ans, David Ali Sonboly, qui souffrait de troubles psychologiques, avait été harcelé dans son école.

Dans l'édition dominicale du quotidien populaire Bild, le père de ce jeune Germano-Iranien dit avoir reçu "des menaces de mort" depuis la tuerie et considère que sa "vie à Munich est terminée".

Il a indiqué avoir porté plainte contre les élèves qui maltraitaient son fils il y a plusieurs années, après avoir été alerté par des jeunes de sa classe, mais déploré que rien n'en ait résulté.

David Ali Sonboly a tué neuf personnes le 22 juillet et en a grièvement blessé onze autres aux abords d'un grand centre commercial de Munich, avant de se donner la mort.

Animé par des idées d'extrême droite racistes, il était obsédé par les jeux vidéo violents et les tueries de masse, en particulier celle commise par le Norvégien Anders Behring Breivik. Ce dernier avait abattu 77 personnes, des jeunes surtout, en 2011. La fusillade de Munich a eu lieu cinq ans après, jour pour jour.

Avec AFP

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Trump et Biden se disputent le vote des Hispaniques de Floride

Fabiola Vejar, à droite, inscrit Stephanie Cardenas pour voter devant un supermarché latino à Las Vegas, le 9 juin 2016.

Quel est le point commun entre l'ex-leader cubain Fidel Castro et l'ouragan Maria qui a dévasté l'île de Porto Rico en 2017? Chacun est brandi comme un épouvantail par Donald Trump et Joe Biden quand ils viennent à la chasse aux électeurs latinos en Floride.

Dans cet Etat où se sont jouées de précédentes présidentielles --et où pourrait bien se jouer celle du 3 novembre-- le poids électoral des votants d'origine cubaine est connu depuis des décennies: anticastristes convaincus, ils sont majoritairement républicains.

Mais la carte locale du vote hispanique pourrait ne plus avoir grand chose à voir en 2020 par rapport à 2016.

Dans le sillage d'une profonde crise financière qui l'a mise à genoux économiquement, Porto Rico a été ravagée par Maria, poussant des dizaines de milliers de ses habitants à quitter l'île et venir grossir les rangs de la population hispanophone de Floride.

C'est le cas de Taileen Nieves, 42 ans. Cette femme a enduré les terribles coups de boutoir de l'ouragan, le 20 septembre 2017, et a été directement témoin des vastes destructions causées.

Afflux de sinistrés portoricains

Deux mois plus tard, épuisée par les conditions de vie et l'absence de courant électrique, la Portoricaine a pris son fils de 3 ans sous le bras et s'est résolue à trouver refuge en Floride.

"Cela a été vraiment difficile, moi seule avec mon enfant. Et très dangereux", résume-t-elle.

Elle vit désormais à Auburndale, dans le centre de la péninsule située au Sud-Est des Etats-Unis. Après dix mois de chômage, elle a trouvé un emploi chez un podologue.

Selon Jorge Duany, directeur de recherches sur les questions cubaines à l'Université internationale de Floride, "il y a actuellement environ un million d'électeurs portoricains inscrits, plus ou moins la même quantité que les Cubains".

Et donc, au scrutin du 3 novembre, le comportement des électeurs latinos dépendra d'une donnée nouvelle mais cruciale: le jugement qu'ils portent sur la gestion de l'ouragan par Donald Trump.

Maria a fait quelque 3.000 morts à Porto Rico, un lourd bilan qui marquera durablement la mémoire collective des sinistrés.

Beaucoup se souviennent de la visite éclair post-ouragan du président dans le territoire, dont les près de 4 millions d'habitants sont des citoyens américains.

Donald Trump avait été filmé en train de jeter des rouleaux de papier essuie-tout en direction de supposés sinistrés, d'une façon nonchalante voire dégradante selon les critiques du président, et en tout cas sans la gravité attendue face à l'ampleur de la catastrophe.

Trois ans plus tard, les démocrates entendent garder ce souvenir vivace et l'exploiter.

L'équipe de campagne de Joe Biden a diffusé un clip vidéo compilant les images de la dévastation causée par Maria, sur une musique de Bad Bunny, célèbre chanteur de reggaeton portoricain.

Mardi, le candidat démocrate s'est rendu à Kissimmee, un bastion portoricain proche de la grande ville d'Orlando. Il a exprimé son soutien à ce que le territoire insulaire devienne le 51e Etat de l'union.

Une énorme pancarte montrait Donald Trump et sa distribution aérienne de rouleaux essuie-tout, avec la légende suivante: "Défense d'oublier".

Cependant, l'incertitude plane sur la capacité à se mobiliser de cet électorat.

Vénézuéliens "nouveaux Cubains"

A l'opposé, le soutien à Donald Trump des votants d'origine cubaine semble s'être renforcé depuis 2016.

Selon un sondage NBC News/Marist: le président devancerait son rival démocrate de quatre points (50-46) dans les intentions de vote chez les Latinos, les deux hommes étant à égalité en Floride en comptant tous les électeurs.

M. Trump a su rallier les votants d'origine vénézuélienne en adoptant une posture farouchement anti-Maduro, le président du Venezuela, même si celui-ci est toujours au pouvoir à Caracas.

"Les républicains ont une stratégie habile qui consiste à transformer les Vénézuéliens en nouveaux Cubains", résume Randy Pestana, un expert en sciences politiques.

Dimanche, Trump a rendu hommage aux anciens combattants du débarquement de la baie des Cochons, une tentative d'invasion militaire de Cuba par des exilés cubains soutenus par les États-Unis en avril 1961.

Dans le reste du pays, les électeurs hispaniques sont majoritairement originaires du Mexique et des pays d'Amérique centrale. Pour eux la question migratoire est essentielle pour déterminer leur vote, un thème sur lequel Donald Trump a toujours affiché sa fermeté.

Résultat, au niveau national, 66% des Hispaniques disent avoir une opinion défavorable du président, selon l'institut Latino Decisions. Et en novembre ils représenteront pour la première fois le premier groupe de votants parmi les minorités ethniques, avec 13% de l'électorat, a calculé l'institut Pew.

Mais ce sont bien les Latinos de Floride qui seront les plus susceptibles de faire basculer l'issue du scrutin.

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