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L'Algérie soutient mais ne participera pas aux négociations Rabat-Polisario

Des soldats marocains près de la zone contrôlée par le Front Polisario, dans le Sahara de l'Ouest, le 10 septembre 2016.

L'Algérie soutient la reprise de négociations directes entre le Maroc et le Front Polisario indépendantiste pour résoudre le vieux conflit du Sahara occidental, mais refuse d'y prendre part, a réaffirmé mardi à Paris le chef de la diplomatie algérienne.

Etendue désertique de 266.000 km2, le Sahara occidental, seul territoire du continent africain dont le statut post-colonial n'est pas réglé, est revendiqué par le Maroc - qui en contrôle la majeure partie - et le Front Polisario, dont les troupes s'y sont affrontés entre 1975 et un cessez-le-feu en 1991.

Après des années d'impasse, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a chargé en août dernier son nouvel envoyé spécial dans la région, Horst Koehler, de relancer les négociations directes entre Rabat et le Polisario - soutenu par Alger.

"Tout le monde s'accorde à ce qu'il n'y a pas d'alternative à la négociation entre le Front Polisario et le Maroc" et "tout le monde s'accorde à ce que cette négociation redémarre", a déclaré le ministre algérien des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, à la chaîne France24.

Mais les pourparlers se sont toujours déroulés "entre des représentants du Front Polisario et du Maroc et cela ne changera pas", a ajouté le ministre, en visite officielle à Paris. "L'Algérie soutient les droits légitimes du peuple sahraoui", mais le conflit au Sahara occidental n'est "pas une affaire entre l'Algérie et le Maroc. C'est une affaire entre le Maroc et le peuple sahraoui, c'est une affaire entre le Maroc et les décisions des Nations unies".

>> Lire aussi : Grande manifestation "patriotique" au Maroc contre les "provocations" du Polisario

Le Maroc a pris en 1975 le contrôle de la majeure partie du Sahara occidental au départ de la puissance colonisatrice espagnole. Le Polisario, qui luttait contre la domination espagnole, y a proclamé en 1976 une République arabe sahraouie démocratique (RASD) et combattu les troupes marocaines, jusqu'à un cessez-le-feu conclu sous l'égide de l'ONU en 1991.

Le Polisario réclame depuis la tenue prévue d'un référendum d'autodétermination, sans cesse repoussé en raison de désaccords sur le corps électoral. Rabat rejette toute autre solution qu'une autonomie sous sa souveraineté, que refuse le Polisario.

Rabat réclame régulièrement que l'Algérie prenne part aux négociations sur le Sahara, l'accusant depuis des années de financer, armer et accueillir sur son territoire le Polisario, et d'être donc une partie au conflit.

Par ailleurs, le Maroc accuse depuis plusieurs semaines le Polisario de mener des incursions dans une zone tampon, ce qu'a nié le mouvement indépendantiste. La mission de l'ONU au Sahara occidental (Minurso) a indiqué n'avoir "observé aucun mouvement".

Avec AFP

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Le sortant Azali grandissime favori de la présidentielle aux Comores

Le président des Comores, Azali Assoumani, arrive à un bureau de vote lors du référendum constitutionnel, à Mitsoudje, près de Moroni, Comores, le 30 juillet 2018

Le président du petit archipel des Comores Azali Assoumani sollicite dimanche son maintien à la tête du pays dans un scrutin lourd de tensions avec l'opposition, qui l'accuse de dérive autoritaire et redoute un "hold-up électoral".

Au pouvoir depuis 2016, M. Azali, 60 ans, fait figure de grandissime favori au terme d'une campagne qu'il a écrasée de tous les moyens de l'Etat.

Sûr de sa force, le chef de l'Etat sortant a rassemblé vendredi plusieurs milliers de personnes dans la capitale Moroni autour du slogan "un seul jour, un seul tour, un seul homme". "Nous gagnerons cette élection dès le 24 mars", a-t-il assuré à ses partisans.

"Il a une vision pour le pays, lui seul est capable d'offrir un avenir meilleur à tous", s'est enthousiasmée une de ses fidèles, Fatoumia Alibazi, chapeau bleu à larges bords aux couleurs de son champion sur la tête.

La machine Azali s'est mise en marche avec la réforme constitutionnelle approuvée par référendum l'an dernier.

Très controversée, elle a étendu d'un à deux mandats de cinq ans la durée de la présidence attribuée successivement à chacune des trois îles de l'archipel (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan).

Ce système a donné un coup de canif au fragile équilibre institutionnel instauré en 2001 pour mettre fin aux crises séparatistes et aux coups d'Etat à répétition qui agitaient l'archipel depuis son indépendance en 1975.

- 'Mascarade' -

L'opposition a hurlé au loup mais rien n'y a fait. Au contraire. M. Azali a riposté à la contestation en embastillant nombre de ses détracteurs, à commencer par son ennemi de toujours, l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, accusé de corruption.

Sur sa lancée, l'ex-putschiste, élu en 2016, a remis son quinquennat en jeu dès cette année. En cas de succès, il pourrait garder les rênes du pays jusqu'en 2029.

L'opposition espère bien l'en empêcher. Mais, prise de cours par l'accélération du calendrier politique, elle s'est lancée dans la bataille en ordre dispersé. Et la Cour suprême l'a encore fragilisée en écartant quelques-uns de ses champions de la route du président.

Patron de l'Union de l'opposition, l'ancien vice-président Mohamed Ali Soilihi a été interdit de scrutin. Assigné à résidence, il ne décolère pas.

"Cette élection est une grosse mascarade", se lamente-t-il. "Le scénario est écrit d'avance: le 24 mars au soir, il y aura une déclaration de victoire (d'Azali Assoumani) au premier tour, c'est un passage en force."

C'est l'antienne reprise par tous les adversaires du président. "Tout le monde est contre lui, si le scrutin est transparent, il ne peut pas gagner", assure lui aussi le candidat du parti Juwa, l'avocat Mahamoudou Ahamada, 48 ans. "Azali n'a d'autre choix que de voler les élections".

Plus que la crainte de fraudes, les partisans de l'opposition reprochent au pouvoir sortant la pauvreté persistante de la population et le train de vie des dirigeants du pays.

- 'Plus que Macron' -

"Tu ne peux pas m'expliquer que je vais avoir une vie sans électricité, sans eau. C'est pas possible", se lamente Mahmoud Mze, chômeur de 48 ans. "Et lui (M. Azali), il gagne 34.000 euros par mois, plus que (le président français Emmanuel) Macron. Ca ne va pas !"

Privée par la réforme de présidence tournante en 2021, l'île d'Anjouan, la plus pauvre de l'archipel, bouillonne.

En octobre, des civils armés hostiles au président ont fait le coup de feu avec l'armée pendant six jours à Mutsamudu, la capitale de l'île, avant de s'évaporer mystérieusement dans la nature.

En campagne à Anjouan, le colonel Soilihi Mohamed, dit "Campagnard" pour ses origines rurales, a mis en garde contre les risques d'un passage en force du président.

"Le peuple va s'exprimer par une révolution dans les urnes", prédit l'ancien officier, aussi raide que le sortant est bonhomme. Mais "si jamais le président tente de faire autrement, on risque une révolution populaire".

La menace fait sourire le ministre de l'Intérieur Mohamed Daoudou, qui promet "la transparence totale".

"Il y a trop de mensonges de l'opposition, notre pays n'est pas une dictature", déclare le secrétaire général de la Mouvance présidentielle, Ali Mliva Youssouf.

Plus de 800 observateurs de la société civile comorienne, financés par l'Union européenne (UE), sont annoncés dans les 731 bureaux de vote du pays pour garantir la régularité du scrutin. Les premiers résultats sont attendus lundi.

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