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Algérie : le limogeage du Premier ministre, "chronique d'une chute annoncée"


Le Premier ministre limogé Abdelmadjid Tebboune à Alger, le 3 avril 2017.

Le limogeage du Premier ministre Abdelmadjid Tebboune, en fonction depuis trois mois seulement, semblait inéluctable et est l'épilogue de la "chronique d'une chute annoncée", estimait mercredi la presse algérienne, dépitée ou ravie.

Le président Abdelaziz Bouteflika a mis fin mardi aux fonctions de M. Tebboune et nommé pour le remplacer Ahmed Ouyahia, jusqu'ici chef de cabinet du chef de l'Etat, qui dirigera le gouvernement pour la quatrième fois depuis 1995.

"Le changement de gouvernement le plus rapide de l'histoire de l'Algérie", titre le quotidien arabophone El-Khabar, estimant comme de nombreux observateurs que M. Tebboune a payé son conflit ouvert avec de puissants hommes d'affaires liés au pouvoir.

En s'attaquant aux oligarques, "Tebboune a suscité l'admiration dans l'opinion publique" mais déclenché une "campagne de dénigrement", estime El-Khabar.

"Chronique d'une chute annoncée", titre le quotidien francophone Liberté qui explique que "rien n'indiquait que son opération dite +mains propres+ se serait révélée fructueuse" et que "pour les plus pessimistes, son action même (...) allait vite contribuer à sa destitution".

"L'erreur de Tebboune a été de vouloir séparer l'argent de la politique d'une part et de s'en prendre à la filière +import-import+ d'autre part", écrit son éditorialiste, en référence aux récentes mesures limitant les importations.

Selon l'autre grand quotidien francophone El-Watan, "en demandant des comptes aux hommes d'affaires" M. Tebboune savait "qu'il allait se heurter à une farouche résistance" et la popularité qu'il en avait tiré était devenue "handicapante" au sein du régime.

Ce "limogeage inélégant" montre que "c'est l'argent qui commande", regrette El-Watan, dont l'éditorialiste voit dans le mandat de M. Tebboune une suite "d'intrigues, de rumeurs, de coups bas et surtout de signes apparents de la déliquescence avancée qui frappe les plus hautes institutions du pays".

Selon le Soir d'Algérie, "la chute inéluctable du gouvernement Tebboune a finalement eu lieu plus tôt que prévu", mais "la campagne féroce mené contre lui par Bouteflika et son entourage ne laissait effectivement pas le moindre doute quant à son limogeage".

Pour le quotidien arabophone Ennahar, les "plaintes des préfets et opérateurs économiques" concernant la politique du Premier ministre ont "poussé le président (Bouteflika) à intervenir pour mettre fin au chaos".

Le quotidien francophone L'Expression se réjouit de l'arrivé de M. Ouyahia à la tête du gouvernement et critique le sortant. "Le soldat Ouyahia est de retour", titre son éditorialiste qui y voit "l'homme de le situation".

"Le plus urgent sera sans doute de remettre de l'ordre dans les circuits (économiques) biaisés par des décisions inopportunes" de l'ancien Premier ministre, écrit L'Expression.

Avec AFP

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