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Le fils du président algérien acquitté dans une affaire de corruption


Des étudiants algériens lors de leur manifestation anti-gouvernementale hebdomadaire dans la capitale Alger, le 21 février 2020. (Photo by RYAD KRAMDI / AFP)

Le fils du président algérien a été acquitté dans une affaire de corruption, dans laquelle a été condamné un important homme d'affaires, accusé d'avoir soudoyé des personnages haut placés dans l'appareil d'Etat, a indiqué jeudi la radio nationale.

En détention provisoire depuis juin 2018, Khaled Tebboune, fils du président Abdelmadjid Tebboune, a été acquitté mercredi par un tribunal d'Alger qui a condamné le principal accusé, Kamel Chikhi, à huit ans de prison ferme pour "l'octroi de pots-de-vin en contrepartie d'indus services".

L'affaire dite "des promotions immobilières" concernait l'obtention frauduleuse de permis de construire et de diverses autorisations administratives.

Deux ans de prison avaient été requis contre Khaled Tebboune, dont le père n'avait pas de fonctions officielles au moment de son arrestation.

Kamel Chikhi a fait fortune dans l'importation de viande -d'où son surnom "El Bouchi" ("le Boucher")- avant de se lancer dans les années 2010 dans la promotion immobilière. Il a été arrêté en juin 2018 après la saisie, au port d'Oran (350 km à l'ouest d'Alger) de 700 kg de cocaïne dans un chargement de viande importée par ses soins.

L'enquête avait fait apparaître un réseau d'obligés tissé par M. Chikhi, accusé d'avoir acheté -contre espèces ou biens immobiliers- les faveurs de hauts fonctionnaires, magistrats, dirigeants ou généraux influents au sein du régime.

Un ancien maire et le fils d'un ancien préfet ont été respectivement condamnés à six et quatre ans de prison. Deux anciens procureurs ont été acquittés.

M. Chikhi avait été condamné à dix ans de prison en juillet dans une autre affaire pour avoir soudoyé des fonctionnaires qui lui avaient fourni des titres de propriété foncière ou immobilière. Il a fait appel.

Lors de la campagne électorale, M. Tebboune avait affirmé que l'incarcération de son fils visait à le "punir" lui, de s'être attaqué, lorsqu'il fut brièvement Premier ministre en 2017 avant d'être limogé, aux "oligarques" ayant fait fortune en profitant de leurs liens privilégiés avec le clan du président d'alors Abdelaziz Bouteflika.

Ce dernier a été contraint à la démission en avril par un mouvement populaire de contestation qui a fêté son 1er anniversaire le 22 février.

Les liens de Khaled Tebboune avec Kamel Chikhi ont valu, peu après son élection, à Abdelmadjid Tebboune le surnom de "Président cocaïne" au sein du mouvement de contestation.


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