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Alger gagne un arbitrage contre le milliardaire égyptien Sawiris

Le milliardaire égyptien Naguib Sawiris, président du groupe Orascom TMT Investments (OTMTI), 2 juin 2010.

Un tribunal arbitral a rejeté la demande du milliardaire égyptien Naguib Sawiris, qui réclamait 4 milliards de dollars à l'Etat algérien dans un litige sur le rachat de l'opérateur mobile algérien Djezzy, ont annoncé mercredi les avocats d'Alger.

La sentence arbitrale a été rendue le 31 mai, à l'issue de plusieurs années d'une procédure, lancée en 2012 par M. Sawiris auprès du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), un mécanisme d'arbitrage de la Banque mondiale.

Le groupe Orascom TMT Investments (OTMTI), présidé par M. Sawiris, réclamait quatre milliards de dollars (3,5 milliards d'euros) à l'Algérie, arguant de "mesures illégalesprises à l'encontre" d'Orascom Telecom Algérie (OTA), commercialisé sous la marque Djezzy.

Le tribunal arbitral composé de trois juges et dirigé par un magistrat suisse, a "rejeté dans son intégralité la réclamation" d'OTMTI à l'encontre de l'Algérie, s'est réjoui le cabinet Shearman and Sterling, qui défendait Alger, dans un communiqué.

Dénonçant un "abus" de procédure, les juges ont condamné OTMTI "à supporter l'intégralité des frais de la procédure ainsi qu'à payer 50% des honoraires d'avocats et autres frais exposés par l'Algérie", soit un montant total de 3,5 millions de dollars (3,1 millions d'euros), selon les défenseurs d'Alger.

En 2010, l'Algérie était intervenue pour empêcher la vente totale ou partielle d'OTA-Djezzy, leader du marché de la téléphonie mobile en Algérie, entendant faire valoir son droit de préemption.

Finalement en 2014, l'Algérie avait racheté 51% des actions d'OTA au géant russe des télécoms VimpelCom (aujourd'hui VEON), devenu en mars 2011 principal actionnaire de la société-mère d'OTA, rachetée à M. Sawiris.

Un long conflit - notamment fiscal - avait opposé les autorités algériennes à M. Sawiris au sujet de Djezzy.

Djezzy est le premier opérateur de téléphonie mobile en Algérie où il a réalisé d'importants bénéfices après son lancement en 2002.

Emmanuel Gaillard, qui dirige le département arbitrage international du cabinet Shearman & Sterling a déclaré à l'AFP être "très, très content de cette très belle victoire pour l'Etat algérien".

Orascom n'a pas souhaité commenter cette décision.

Naguib Sawiris, à la tête d'un empire multinational dans les télécommunications, le bâtiment et les médias entre autres, est classé comme la deuxième fortune d'Egypte par le magazine Forbes, qui l'estime à quelque 3,8 milliards de dollars (3,4 milliards d'euros).

Trois opérateurs se partagent le marché algérien de la téléphonie: l'opérateur historique public Mobilis, Djezzy et l'opérateur qatari de téléphonie mobile Ooredoo-Algérie.

Le marché algérien de la de téléphone mobile comptait plus de 48 millions d'abonnés à la fin 2016, pour une population d'environ 40 millions d'habitants.

Avec AFP

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En Afrique australe, les rescapés du cyclone Idai menacés par les maladies

Une route inondée dans le district de Buzi, à 200 km de Beira, au Mozambique, le samedi 23 mars 2019 (Photo AP / Themba Hadebe)

Les centaines de milliers de personnes affectées par le cyclone Idai en Afrique australe sont désormais menacées par une épidémie "inévitable" de maladies transmises par l'eau, notamment le choléra, ont averti les autorités qui ont encore revu le bilan à la hausse, dimanche, à plus de 700 morts.

Au Mozambique, pays le plus meurtri par Idai, qui s'est abattu le 14 mars sur l'Afrique australe, "le nombre de morts a malheureusement augmenté", a annoncé le ministre de l'Environnement Celso Correia.

"Hier (samedi), on avait 417 morts et aujourd'hui on est à 446 morts" car "on a reçu des informations de zones qui étaient jusqu'à présent isolées", a-t-il ajouté depuis la ville de Beira (centre), partiellement dévastée par le cyclone.

Au Zimbabwe voisin, des inondations catastrophiques et des éboulements ont fait au moins 259 morts, selon l'ONU, et près de 200 disparus, dont 30 écoliers.

"Le bilan devrait encore monter puisque des zones jusqu'à présent isolées deviennent désormais accessibles", a prévenu dimanche le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha).

Dans ce déluge de mauvaises nouvelles, la télévision nationale zimbabwéenne ZBC a annoncé qu'une jeune femme avait donné naissance à son bébé alors qu'elle avait trouvé refuge dans un arbre pour échapper aux inondations.

Grâce à la décrue qui se poursuivait, les secours ont continué leurs opérations de distribution de nourriture et de reconstruction des routes.

Mais le gouvernement mozambicain et les humanitaires anticipaient également l'apparition de maladies transmises par l'eau, compte tenu des eaux stagnantes et de la promiscuité dans les centres d'hébergement.

"Il est inévitable que des cas de choléra et de paludisme apparaissent", a estimé le ministre Correia, précisant qu'"un centre de traitement du choléra" était mis en place.

La Croix-Rouge avait annoncé vendredi des premiers des cas de choléra au Mozambique, mais les Nations unies et Maputo ont affirmé ne pas en avoir, pour l'heure, enregistré.

"Il y aura des maladies transmises par l'eau", a cependant prévenu Sebastian Rhodes-Stampa de l'Ocha. "Mais si (...) on a des centres déjà en place, on sera capable de gérer la situation", a-t-il ajouté.

- Logistique cauchemardesque -

Près de deux millions de personnes sont affectées par le cyclone et ses inondations en Afrique australe.

Au Mozambique, plus de 100.000 personnes on trouvé refuge dans des centres d'hébergement d'urgence, notamment des écoles.

A Beira, les rescapés se bousculent pour obtenir nourriture et vêtements, tandis que la Croix-Rouge tente de réunir des membres de familles dispersées.

"Je ne sais pas où est mon mari", témoigne à Beira Céleste Dambo, secourue par un bateau de pêche à Buzi, l'un des districts les plus touchés.

Elle dort à même le sol, avec ses trois enfants, dans le gymnase de l'école Samora Machel à Beira.

Dix jours après le passage du cyclone, la "logistique" pour accéder aux disparus et acheminer l'aide "reste un défi", constate l'Ocha.

Au moins 80% des infrastructures électriques de Dondo, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Beira, sont endommagées, selon le gouvernement. Beira, où vivent un demi-million de personnes, reste partiellement privée d'électricité.

Mais les travaux de réparation de la seule route qui permet d'accéder à la ville et avait été partiellement emportée par les eaux viennent d'être terminés.

A Beira samedi soir, quelques lampadaires étaient allumés. Les rues étaient de nouveau encombrées, signe que la vie reprenait ses droits. Le peu de restaurants ouverts affichaient complets.

- Messe dans la nuit -

Dans la cathédrale Ponta Gea, qui a miraculeusement survécu aux intempéries, une messe a été célébrée en hommage aux victimes, avec une seule torche et quelques bougies.

"Les gens ne savent pas quoi faire car ils ont perdu leurs maisons, ils ne savent pas où dormir (..). Mais les Mozambicains ne vont pas se laisser abattre", a lancé le père Pedro.

Dans l'assemblée, une fidèle regardait son missel à la lumière de son portable.

"On ne peut pas être endeuillés. Nous devons continuer. On essaie de reconstruire notre ville", a déclaré un autre croyant, Wilfried Deliviai, 19 ans.

Des rescapés profitaient de la décrue, dimanche pour reconstruire leurs maisons avec les moyens du bord.

A Buzi, où des centaines d'habitants dorment dehors, dans la rue ou sur des toits, une femme tentait, de l'eau jusqu'aux genoux, de récupérer une tôle pour son abri. D'autres balayaient des maisons où l'eau avait atteint jusqu'à deux mètres.

Avec AFP

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