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Moyen-Orient

Al-Rimal, de quartier branché à quartier détruit de Gaza

Un Palestinien marche au milieu des décombres dans le quartier Al-Rimal de la ville de Gaza le 12 mai 2021. Le quartier a été frappée par des frappes aériennes israéliennes la nuit précédente.

Des immeubles du quartier Al-Rimal, dans la ville de Gaza, il ne reste presque plus rien, pulvérisés par le "tremblement de terre" des frappes israéliennes sur l'enclave palestinienne.

De larges trous dans la chaussée et des débris un peu partout sont aujourd'hui ce qui était autrefois un quartier branché de Gaza, animé par ses dizaines de commerces aujourd'hui détruits.

Depuis la nouvelle éruption de violences entre Israël et les groupes armés palestiniens de la bande de Gaza, dont le Hamas qui la contrôle, plus de 200 raids israéliens ont ciblé ce quartier.

"Quand Israël bombarde, c'est toute la maison qui tremble, comme un séisme", raconte Abou Ahmad Al-Hassanat, 50 ans.

Pendant la guerre de 2014, la dernière en date ayant opposé Israël et le Hamas dans ce micro-territoire, il habitait dans un quartier du sud de Gaza qu'il a décidé de quitter car trop dangereux, au coeur des frappes israéliennes.

"Je croyais que cette fois j'étais en sécurité", dans le quartier de Rimal, dit-il. "Mais malheureusement, ma maison a été détruite. C'est la troisième fois. Je ne sais pas où aller pour être en sécurité", se désespère-t-il.

Dounia Al-Amal Ismaïl, 50 ans, raconte qu'avant le début de cette escalade le 10 mai --avec des salves de roquettes du Hamas sur Israël en réponse à des violences sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est occupé-- "on pensait que la guerre de 2014 était la pire, la plus meurtrière".

Cette dernière grande confrontation entre Israël et le Hamas avait duré 51 jours, ravagé la bande de Gaza et fait au moins 2.251 morts côté palestinien, pour la plupart des civils. Côté israélien, 74 personnes avaient péri, quasiment tous des soldats.

L'armée israélienne ciblait principalement des zones près de son territoire, qu'elle considérait comme représentant un danger pour ses citoyens. Mais cette fois, "l'agression a lieu dans le coeur de la ville, qui ne pose aucun danger" à Israël, assure Dounia Al-Amal Ismaïl, directrice de l'association "Femmes créatives".

Pour elle, l'Etat hébreu a franchi "toutes les lignes rouges", en bombardant notamment la rue Al-Wahda, tuant de nombreuses personnes dont des enfants. "Malheureusement, personne n'est à l'abri", regrette-t-elle.

Mercredi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que le Hamas avait construit un réseau de tunnels sous le quartier d'Al-Rimal, justifiant ainsi les frappes de l'armée.

Les islamistes du Hamas y "stockent des armes, des missiles, leurs postes de commandement, leurs centres de communication et leurs combattants", a assuré M. Netanyahu.

- "La beauté s'est envolée" -

"Le quartier d'Al-Rimal était le plus sûr et le plus calme de Gaza mais là tout est détruit. Et ce sont les images terrifiantes du quartier qui resteront gravées dans ma mémoire", dit Dounia à l'AFP. "Toute la beauté du quartier s'est envolée".

Même la rue al-Rashid, artère centrale du bord de mer de Gaza avec ses cafés, ses hôtels et ses restaurants a été pilonnée par l'aviation israélienne. Et nombre d'établissements ont été ravagés.

Il y a quelques mois, la corniche de Gaza était foulée chaque matin par des centaines de marcheurs et de joggeurs tentant de se libérer le corps et l'esprit de l'anxiété causée par la pandémie de coronavirus, le tout dans une ambiance bonne enfant, à des lieues de la guerre.

Mais aujourd'hui, lorsque les habitants de l'enclave palestinienne densément peuplée et sous strict blocus israélien courent, c'est souvent pour quitter rapidement leur maison - après avoir reçu un ordre d'évacuation de l'armée israélienne avant un bombardement.

Moein Abbas, 47 ans, propriétaire d'une crèmerie dans le quartier de Tel al-Hawa, était assis avec ses voisins lorsque, dit-il, un officier de l'armée israélienne l'a appelé. "Il m'a dit: 'nous allons bombarder la maison de votre voisin', alors j'ai accouru chez les voisins pour les en informer", dit-il.

"J'ai couru de maison en maison pour dire à tout le monde d'évacuer et l'officier israélien est resté au bout du fil avec moi".

La maison des voisins, les Dahdouh, a finalement été touchée par un missile israélien, pour être anéantie, raconte Moein qui a traversé les trois guerres de Gaza (2008, 2012, 2014). Mais les bombardements en cours sont les "plus difficiles de toutes les guerres" entre le Hamas et Israël.

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Nucléaire iranien: discussions à Bruxelles pour relancer les négociations

Négociations sur un « accord nucléaire » avec l'Iran à Vienne, Autriche, le 1er septembre 2020.

Le vice-ministre iranien chargé du dossier nucléaire Ali Baghéri rencontrera cette semaine à Bruxelles le négociateur européen Enrique Mora pour discuter de la reprise des négociations à Vienne, a annoncé lundi à l'AFP le porte-parole du chef de la diplomatie européenne.

"Une rencontre entre les deux hommes est prévue cette semaine", a déclaré Peter Stano. Mais "aucune réunion n'est prévue avec Josep Borrell", le coordinateur des négociations sur l'accord nucléaire conclu en 2015 avec l'Iran, a-t-il précisé.

Ali Baghéri a annoncé sur son compte Twitter qu'il allait "rencontrer le coordinateur du JCPOA (acronyme anglais de l'accord sur le nucléaire iranien) mercredi à Bruxelles pour poursuivre nos discussions afin de reprendre les négociations en vue de parvenir à des résultats".

L'UE presse les Iraniens de reprendre les négociations engagées à Vienne pour sauver l'accord sur le nucléaire, conclu en 2015. Elles ont été suspendues depuis l'élection en juin d'un nouveau président iranien.

"Les pourparlers doivent se tenir à Vienne", insistent les Européens.

Mais les Iraniens veulent "discuter des questions restées en suspens" après les entretiens avec le négociateur européen Enrique Mora le 14 octobre à Téhéran.

Josep Borrell, informé du souhait du négociateur iranien de le rencontrer, s'est dit prêt à le recevoir, mais pas pour négocier.

Les Iraniens ont tenté de lui forcer la main en annonçant l'organisation d'une réunion avec lui à Bruxelles jeudi dernier, mais Josep Borrell leur a fait savoir qu'il n'avait rien prévu à cette date.

"les Iraniens ne sont pas encore prêts à reprendre les pourparlers à Vienne", a confié un responsable européen. "Or l'objectif est qu'ils reprennent le plus vite possible".

Les Iraniens "veulent des clarifications sur le texte qui est sur la table (à Vienne) et des contacts bilatéraux avec certains des pays signataires", a-t-il précisé.

Le président américain Joe Biden s'est dit prêt à revenir dans l'accord conclu en 2015, à condition que l'Iran renoue parallèlement avec ses engagements.

Les Etats-Unis ont haussé le ton et fait planer la menace d'un recours à l'option militaire en cas d'échec de la diplomatie pour empêcher l'Iran de se doter de l'arme atomique, but de l'accord de 2015.

L'accord conclu entre l'Iran d'une part et les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Chine, la Russie, la France et l'Allemagne de l'autre, offrait à Téhéran la levée d'une partie des sanctions internationales qui étranglent son économie en échange d'une réduction drastique de son programme nucléaire, placé sous strict contrôle de l'ONU.

Après le retrait unilatéral des Américains de l'accord en 2018 sous la présidence de Donald Trump, Téhéran a progressivement abandonné ses engagements. Les Etats-Unis ont en retour imposé des sanctions.

Le président turc promet un partenariat "gagnant-gagnant" aux Africains

Le président turc Recep Tayyip Erdogan (à gauche) et le président angolais João Lourenço lors de leur rencontre à Luanda, Angola, le 18 octobre 2021.

La Turquie entend promouvoir des relations avec les pays africains "sur la base d'un partenariat égalitaire gagnant-gagnant, dans le cadre du respect mutuel", a assuré le président turc Recep Tayyip Erdogan en concluant une visite en Angola, première étape d'une tournée en Afrique.

"Nous, en Turquie, nous attachons une grande importance et une grande valeur à la relation étroite que nous entretenons avec le continent africain", a affirmé lundi soir le président Erdogan devant un parterre d'hommes d'affaires angolais, selon un communiqué diffusé par son parti AKP.

"Nous désirons faire progresser ces relations sur la base d'un partenariat égalitaire gagnant-gagnant, dans le cadre du respect mutuel", a-t-il poursuivi.

Un peu plus tôt, dans un discours devant le parlement angolais diffusé sur le site de la présidence turque, M. Erdogan avait estimé que "le sort de l'humanité ne peut pas et ne doit pas être laissé à la merci d'une poignée de pays qui sont les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale".

"Ignorer les appels au changement est une injustice pour l'Afrique", a-t-il ajouté en soulignant que la Turquie ne portait "aucune tache" d'impérialisme ou de colonialisme.

Lors de conversations avec son homologue angolais Joao Lourenco, le président turc a vanté l'industrie gazière turque et soulignant que celle-ci "serait ravie de partager son expérience".

Après l'Angola, le président turc devait poursuivre sa tournée africaine par le Togo puis le Nigeria.

Démission de l'émissaire américain pour l'Afghanistan, Zalmay Khalilzad

L'émissaire américain pour l'Afghanistan Zalmay Khalilzad, le 2 août 2021.

L'émissaire américain pour l'Afghanistan Zalmay Khalilzad, symbole de l'échec cuisant des Etats-Unis face aux talibans, quitte ses fonctions, a annoncé lundi le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken.

Dans une lettre adressée au secrétaire d'Etat Antony Blinken, Zalmay Khalilzad défend son bilan mais effectue tout de même un constat d'échec. Il affirme également vouloir s'écarter pendant cette "nouvelle phase" de la politique américaine à l'égard de l'Afghanistan.

"L'accord politique entre le gouvernement afghan et les talibans ne s'est pas déroulé comme prévu", écrit-il, avant d'ajouter: "les raisons pour cela sont trop complexes, et je partagerai mes pensées dans les prochains jours et semaines".

M. Khalilzad est remplacé par son adjoint Thomas West, qui fut un conseiller de la Maison Blanche quand Joe Biden était vice-président, a précisé le secrétaire d'Etat dans un bref communiqué.

Diplomate de carrière, né en Afghanistan et âgé de 70 ans, Zalmay Khalilzad a été le représentant de Washington dans les pourparlers avec les talibans à Doha, qui ont débouché sur l'accord de février 2020 prévoyant le retrait des forces américaines et étrangères de ce pays.

Avant de parvenir à cet accord, qualifié à l'époque d'historique, il a conduit pendant des mois d'intenses tractations qui l'ont mené de capitale en capitale, participé à des sommets dans de luxueux hôtels et donné des conférences dans de prestigieux centres de réflexion.

Partout, il a assuré que les talibans étaient prêts à faire des concessions et à trouver un compromis. Au final, il aura surtout contribué au retour des talibans et à la mort de la république afghane.

Né à Mazar-i-Sharif, dans le nord de l'Afghanistan, il parle couramment le pachtoun et le dari, les deux principales langues du pays. Sa carrière reste associée aux "faucons" de l'administration de George W. Bush du début des années 2000, dont il était proche, en particulier le vice-président Dick Cheney.

Il occupe divers postes au département d'Etat et au Pentagone avant d'être un très influent ambassadeur des Etats-Unis en Afghanistan de 2003 à 2005, puis d'occuper les mêmes fonctions en Irak. Il gagne une réputation de fin négociateur.

Ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU de 2007 à 2009, il critique ensuite la gestion de la guerre afghane par le président Barack Obama, en particulier sa décision de retirer les troupes américaines. Il revient sur le devant de la scène en 2018 sous Donald Trump, nommé conseiller à la Défense nationale d'une administration qui avait décidé de parler aux talibans.

Le 29 février 2020 à Doha, les Etats-Unis signent en grande pompe avec les talibans un accord historique prévoyant le retrait de tous les soldats étrangers d'ici le 1er mai 2021. Les talibans s'engagent à ne pas attaquer les Etats-Unis et leurs alliés, mais leurs autres promesses --couper les ponts avec Al-Qaïda et autres groupes jihadistes, et négocier avec le gouvernement afghan--, restent lettre morte.

Le président Joe Biden avait confirmé le retrait américain, dont il a juste repoussé l'échéance au 31 août, et le 15 août, les talibans reprenaient le pouvoir.

Au moins 32 morts après des explosions dans une mosquée chiite en Afghanistan

Des Afghans inspectent les dégâts à l'intérieur d'une mosquée chiite à Kandahar le 15 octobre 2021, après un attentat suicide à la bombe lors de la prière du vendredi.

Au moins 32 personnes ont été tuées dans des explosions survenues vendredi dans une mosquée chiite de la ville de Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan, une semaine après un attentat sanglant dans les mêmes circonstances à Kunduz (nord-est), revendiqué par l'organisation État islamique (EI).

"Trente-deux morts et 53 blessés ont été amenés à notre hôpital jusqu'ici", a déclaré à l'AFP un porte-parole de l'hôpital central de Kandahar, sous couvert d'anonymat.

Les explosions ont touché la mosquée Fatemieh, également connue sous le nom de mosquée Imam Bargah, dans le centre de Kandahar, la deuxième plus grande ville du pays, au moment de la grande prière hebdomadaire du vendredi, a constaté un journaliste de l'AFP.

Un témoin, ayant requis l'anonymat, a raconté à l'AFP avoir entendu trois explosions, une à la porte principale de la mosquée, une autre dans sa partie sud et la dernière là où les croyants viennent faire leurs ablutions.

Une quinzaine d'ambulances se sont rendues sur place, alors que les forces de sécurité talibanes ont été déployées aux abords du site, dont l'accès restait bloqué, a constaté le journaliste de l'AFP.

De premières images de l'intérieur de la mosquée, ne pouvant être authentifiées dans l'immédiat, montraient des corps ensanglantés étendus sur le sol de la mosquée.

Ces explosions surviennent exactement une semaine après un attentat-suicide contre une mosquée chiite de Kunduz (nord-est), revendiqué par l'EI et qui a fait plusieurs dizaines de victimes.

'Hérétique'

"Nous sommes attristés d'apprendre qu'une explosion a eu lieu dans une mosquée de la confrérie chiite (...)de la ville de Kandahar, dans laquelle un certain nombre de nos compatriotes ont été tués et blessés", a tweeté le porte-parole taliban du ministère de l'Intérieur, Qari Sayed Khosti.

"Des forces spéciales de l'Émirat islamique sont arrivées dans la zone pour déterminer la nature de l'incident et traduire les auteurs en justice", a-t-il ajouté.

Ce probable attentat n'a pas été revendiqué à ce stade.

Depuis leur arrivée au pouvoir le 15 août, les talibans, qui font du retour de la sécurité dans le pays après vingt ans de guerre leur priorité, sont confrontés à une vague d'attentats sanglants, menés par l'EI.

Sa branche locale, l’État islamique-Khorasan (EI-K), a ciblé ces dernières semaines les talibans et la minorité chiite afghane.

Vendredi dernier, à Kunduz, à la même heure, un kamikaze a déclenché un gilet explosif dans la foule lors de la grande prière du vendredi à la mosquée chiite de Gozar-e-Sayed, tuant au moins une quarantaine de fidèles.

L'attentat de Kunduz est l'attaque la plus meurtrière depuis le départ des troupes américaines du pays le 30 août.

L'EI-K, groupe sunnite rival des talibans et qui se présente comme le seul garant d'une vision aboutie de l'islam, a ciblé à de très nombreuses reprises ces dernières années la minorité chiite, considérée comme "hérétique".

Les talibans eux-mêmes s'en sont souvent pris dans le passé aux chiites afghans, membres de la communauté hazara, qui représente entre 10 et 20% de la population afghane (environ 40 millions d'habitants).

Mais depuis leur arrivée au pouvoir, ils se sont déterminés à en garantir la sécurité.

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