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Agressions sexuelles : le pape ordonne une enquête au plus grand diocèse allemand


Le pape François participe à une réunion avec des évêques japonais à Tokyo, le 23 novembre 2019.

Le pape François a ordonné une enquête sur le traitement de cas d'agressions sexuelles de mineurs au diocèse de Cologne, le plus grand d'Allemagne, secoué par une grave crise depuis des mois, a annoncé vendredi le diocèse.

Le pape a nommé deux "visiteurs apostoliques", des envoyés pontificaux extraordinaires, chargés d'"appréhender la situation pastorale complexe à l'archevêché et parallèlement d'étudier d'éventuelles fautes" du cardinal Rainer-Maria Woelki et d'autres prélats du diocèse, a-t-il précisé.

Le pape recourt à une telle mesure quand il juge qu'un diocèse n'est plus en capacité de régler ses difficultés en interne.

Les deux envoyés, les évêques de Stockholm Anders Arborelius et de Rotterdam Johannes van den Hende, procèderont à leurs investigations au cours des deux premières semaines de juin.

Cette annonce intervient sur fond de critiques incessantes à l'encontre du cardinal Woelki, accusé notamment d'avoir longtemps couvert deux prêtres de la communauté religieuse de Dusseldorf soupçonnés de violences sexuelles. L'un d'entre eux est entretemps mort.

Son intention de donner les sacrements de la confirmation à 17 jeunes dans la paroisse a récemment provoqué un tollé sur place.

Mgr Woelki, un conservateur dans les rangs de l'église, est l'objet de vives critiques depuis qu'il a refusé l'an passé de rendre public un rapport sur les agressions sexuelles dans son diocèse, pourtant commandé par ses soins, invoquant des problèmes de protection des données.

La décision avait suscité l'exaspération des victimes, la fuite en masse de fidèles de son diocèse et l'incompréhension de ses pairs.

Le cardinal a commandé un second rapport, paru en mars, révélant que 314 mineurs, en majorité des garçons âgés de moins de 14 ans, ont subi des violences sexuelles entre 1975 et 2018 dans le diocèse, en majorité infligées par des membres du clergé.

Certains prélats, soupçonnés d'avoir couvert les crimes ou de négligence dans le traitement de ces cas, ont été suspendus.

Aucune faute n'a pu en revanche être identifiée à l'encontre de Mgr Woelki par les auteurs du rapport, sans que cela fasse taire les critiques internes contre lui.

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