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Afrique du Sud : le rand au plus bas après le limogeage du ministre des Finances


Le président Jacob Zuma de l'Afrique du Sud
Le président Jacob Zuma de l'Afrique du Sud

Vendredi, la devise sud-africaine a atteint son niveau le plus bas et s'échangeait à 1 dollar contre 16,05 rands et 1 euro contre 17,58 rands.

Le rand sud-africain évoluait à des niveaux historiquement bas vendredi face à l'euro et au dollar, deux jours après le remplacement surprise du ministre des Finances Nhlanhla Nene qui a plongé l'économie sud-africaine déjà morose dans l'incertitude.

"La chute du rand reflète la vision que les investisseurs étrangers ont de l'Afrique du Sud. Ils rapatrient leurs actifs et se disent +prenons ce qu'on peut tant qu'il reste quelque chose à sauver+", estime Ian Cruickshanks, chef économiste à l'Institut sud-africain de relations entre les races.

Depuis l'annonce inattendue du remplacement de M. Nene mercredi par le président Jacob Zuma, le rand a perdu 8% de sa valeur par rapport à l'euro et au dollar.

Déjà affaiblie par la situation économique morose de l'Afrique du Sud, prisonnière d'une croissance faible et d'un taux de chômage dépassant les 25%, la devise sud-africaine a perdu 28% de sa valeur face au billet vert depuis fin janvier et 24,5% face à l'euro.

"La seule solution pour protéger le taux de change de la monnaie est une intervention de la Banque centrale qui remonterait les taux d'intérêt. Mais il faudrait les remonter de 3 ou 4 points pour que ce soit efficace", estime Ian Cruickshanks.

Le marché obligataire a également réagi. Depuis jeudi, le rendement des taux sud-africains dépasse 10%, une première depuis 2008.

Nhlanla Nene a été démis de ses fonctions mercredi soir par un communiqué laconique du président Zuma indiquant qu'il allait être réaffecté "à un autre poste stratégique".

Il a depuis été remplacé par un député du parti au pouvoir, l'inexpérimenté et méconnu David van Rooyen, 47 ans, dont la maison avait été brûlée par des habitants, en colère contre une de ses propositions alors qu'il était maire d'une petite ville de la province de Johannesburg.

Aucune raison officielle n'a été donnée pour expliquer ce changement et si la décision a surpris de nombreux analystes, beaucoup estiment que M. Nene paie son opposition au chef de l'Etat.

La semaine dernière, M. Nene avait refusé la renégociation d'un contrat entre la compagnie aérienne para-publique South African Airways (SAA) et Airbus, jugeant que la transaction n'était pas viable financièrement.

Ce projet était porté par Dudu Myeni, la présidente du conseil d'administration de SAA, qui est très proche de Jacob Zuma.

Plus tôt cette année, Nhlanhla Nene avait montré des réticences face au gigantesque projet nucléaire de l'Afrique du Sud qui souhaite construire six à huit réacteurs (9.600 MW), ce qui pourrait coûter jusqu'à 50 milliards de dollars.

Vendredi après-midi, une pétition mise en ligne sur le site change.org pour réclamer le départ de Jacob Zuma avait été signée par plus de 62.000 personnes.

Avec AFP

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