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Afrique du Sud : les étudiants gagnent leur combat contre la hausse des frais de scolarité

Des étudiants sud-africains manifestent à Cape Town, jeudi 22 octobre 2015. (AP/Nardus Engelbrecht)

Sous la pression de la rue, le président sud-africain Jacob Zuma a annoncé vendredi, à la télévision, l'annulation de la hausse des frais universitaires.

Après plusieurs jours de manifestations, les étudiants sud-africains ont obtenu du gouvernement, vendredi 23 octobre, l'annulation de l'augmentation de leurs frais de scolarité pour 2016.

C’est par une allocution télévisée, vendredi après-midi, que le président Jacob Zuma a annoncé la nouvelle, à l'issue d'une réunion avec les leaders de la contestation et les dirigeants des universités.

"Les discussions se poursuivront sur des problèmes plus larges que les frais de scolarité. De nombreux problèmes ont été soulevés et devront être suivis, comme l'éducation gratuite, l'indépendance des universités et le racisme", a-t-il affirmé.

Jacob Zuma devait au départ s’adresser directement à la foule. Mais le rassemblement a dégénéré lorsque quelques étudiants parmi les milliers qui manifestaient devant le siège du gouvernement où se tenait la réunion ont jeté des pierres sur la police et brûlé des toilettes mobiles. La police a dispersé les fauteurs de troubles avec des grenades assourdissantes et des gaz lacrymogènes.

Après le discours, malgré la joie suscitée par l'annonce, le chaos régnait devant le siège du gouvernement, les étudiants étant littéralement chassés par la police à coups de flashball et de gaz lacrymogènes.

Les étudiants ont commencé à manifester la semaine dernière pour protester à travers tout le pays contre l'augmentation des frais de scolarité qui empêchera, selon eux, les plus pauvres d'accéder à l'enseignement supérieur.

Ils dénoncent plus généralement le manque d'opportunités dans un pays où la moitié des jeunes est au chômage.

L'augmentation des frais de scolarité prévue était variable selon les universités : au Witwatersrand à Johannesburg, 10,5 % d'augmentation était par exemple prévu alors que l'année universitaire coûte entre 29 620 rands (1 930 euros) et 58 140 rands (3 800 euros), sans compter le logement ou les fournitures.

Ces sommes rendent les universités inaccessibles pour une majorité de Sud-Africains : le revenu mensuel moyen d'un salarié ne dépasse pas 14 700 rands (979 euros) et plus d'un quart de la population est sans emploi.

Les manifestations estudiantines ont une forte résonance en Afrique du Sud où les émeutes de Soweto contre l'enseignement en afrikaans avaient été brutalement réprimées par le gouvernement de l'apartheid en 1976.

Avec AFP

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Le sortant Azali grandissime favori de la présidentielle aux Comores

Le président des Comores, Azali Assoumani, arrive à un bureau de vote lors du référendum constitutionnel, à Mitsoudje, près de Moroni, Comores, le 30 juillet 2018

Le président du petit archipel des Comores Azali Assoumani sollicite dimanche son maintien à la tête du pays dans un scrutin lourd de tensions avec l'opposition, qui l'accuse de dérive autoritaire et redoute un "hold-up électoral".

Au pouvoir depuis 2016, M. Azali, 60 ans, fait figure de grandissime favori au terme d'une campagne qu'il a écrasée de tous les moyens de l'Etat.

Sûr de sa force, le chef de l'Etat sortant a rassemblé vendredi plusieurs milliers de personnes dans la capitale Moroni autour du slogan "un seul jour, un seul tour, un seul homme". "Nous gagnerons cette élection dès le 24 mars", a-t-il assuré à ses partisans.

"Il a une vision pour le pays, lui seul est capable d'offrir un avenir meilleur à tous", s'est enthousiasmée une de ses fidèles, Fatoumia Alibazi, chapeau bleu à larges bords aux couleurs de son champion sur la tête.

La machine Azali s'est mise en marche avec la réforme constitutionnelle approuvée par référendum l'an dernier.

Très controversée, elle a étendu d'un à deux mandats de cinq ans la durée de la présidence attribuée successivement à chacune des trois îles de l'archipel (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan).

Ce système a donné un coup de canif au fragile équilibre institutionnel instauré en 2001 pour mettre fin aux crises séparatistes et aux coups d'Etat à répétition qui agitaient l'archipel depuis son indépendance en 1975.

- 'Mascarade' -

L'opposition a hurlé au loup mais rien n'y a fait. Au contraire. M. Azali a riposté à la contestation en embastillant nombre de ses détracteurs, à commencer par son ennemi de toujours, l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, accusé de corruption.

Sur sa lancée, l'ex-putschiste, élu en 2016, a remis son quinquennat en jeu dès cette année. En cas de succès, il pourrait garder les rênes du pays jusqu'en 2029.

L'opposition espère bien l'en empêcher. Mais, prise de cours par l'accélération du calendrier politique, elle s'est lancée dans la bataille en ordre dispersé. Et la Cour suprême l'a encore fragilisée en écartant quelques-uns de ses champions de la route du président.

Patron de l'Union de l'opposition, l'ancien vice-président Mohamed Ali Soilihi a été interdit de scrutin. Assigné à résidence, il ne décolère pas.

"Cette élection est une grosse mascarade", se lamente-t-il. "Le scénario est écrit d'avance: le 24 mars au soir, il y aura une déclaration de victoire (d'Azali Assoumani) au premier tour, c'est un passage en force."

C'est l'antienne reprise par tous les adversaires du président. "Tout le monde est contre lui, si le scrutin est transparent, il ne peut pas gagner", assure lui aussi le candidat du parti Juwa, l'avocat Mahamoudou Ahamada, 48 ans. "Azali n'a d'autre choix que de voler les élections".

Plus que la crainte de fraudes, les partisans de l'opposition reprochent au pouvoir sortant la pauvreté persistante de la population et le train de vie des dirigeants du pays.

- 'Plus que Macron' -

"Tu ne peux pas m'expliquer que je vais avoir une vie sans électricité, sans eau. C'est pas possible", se lamente Mahmoud Mze, chômeur de 48 ans. "Et lui (M. Azali), il gagne 34.000 euros par mois, plus que (le président français Emmanuel) Macron. Ca ne va pas !"

Privée par la réforme de présidence tournante en 2021, l'île d'Anjouan, la plus pauvre de l'archipel, bouillonne.

En octobre, des civils armés hostiles au président ont fait le coup de feu avec l'armée pendant six jours à Mutsamudu, la capitale de l'île, avant de s'évaporer mystérieusement dans la nature.

En campagne à Anjouan, le colonel Soilihi Mohamed, dit "Campagnard" pour ses origines rurales, a mis en garde contre les risques d'un passage en force du président.

"Le peuple va s'exprimer par une révolution dans les urnes", prédit l'ancien officier, aussi raide que le sortant est bonhomme. Mais "si jamais le président tente de faire autrement, on risque une révolution populaire".

La menace fait sourire le ministre de l'Intérieur Mohamed Daoudou, qui promet "la transparence totale".

"Il y a trop de mensonges de l'opposition, notre pays n'est pas une dictature", déclare le secrétaire général de la Mouvance présidentielle, Ali Mliva Youssouf.

Plus de 800 observateurs de la société civile comorienne, financés par l'Union européenne (UE), sont annoncés dans les 731 bureaux de vote du pays pour garantir la régularité du scrutin. Les premiers résultats sont attendus lundi.

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