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Démission du procureur de l'affaire Pistorius


Le procureur sud-africain Gerrie Nel parle lors de son appel contre le verdict et la sentence d'Oscar Pistorius à Pretoria, le 9 décembre 2014.

Le procureur sud-africain Gerrie Nel, célèbre pour avoir obtenu la condamnation du champion paralympique Oscar Pistorius pour le meurtre de sa petite amie, a démissionné de ses fonctions.

Magistrat depuis trente-cinq ans, M. Nel a annoncé lundi sa décision, à effet immédiat, dans un courrier adressé au parquet général national (NPA), a indiqué à l'AFP un de ses porte-parole, Luvuyo Mfaku.

"Il a justifié sa décision par la recherche d'autres centres d'intérêt", a poursuivi M. Mfaku, "nous lui souhaitons bonne chance dans ses nouvelles occupations".

Surnommé le "bouledogue" ou le "pitbull", Gerrie Nel s'est illustré devant les caméras des télévision du monde entier en portant les accusations de meurtre contre Oscar Pistorius pendant le procès à grand spectacle de l'athlète paralympique.

En avril 2014, il avait malmené l'accusé pendant cinq jours en le pressant de reconnaître avoir délibérémment tué sa compagne Reeva Steenkamp à l'aube de la Saint-Valentin 2013.

"Vous avez tué une personne, c'est ce que vous avez fait ! Vous avez fait feu et vous l'avez tuée, allez-vous en prendre la responsabilité ?", lui avait-il crié au visage.

Ses interrogatoires ont été si serrés qu'ils ont valu au procureur Nel une plainte, finalement rejetée, auprès de la Commission des droits de l'Homme sud-africaine et de nombreux rappels à l'ordre de la juge Thokozile Masipa qui a dirigé le procès.

Condamné en première instance en 2014 à cinq ans de prison pour homicide involontaire, Oscar Pistorius, 30 ans, a finalement écopé en appel en juillet de six ans de réclusion pour meurtre. La saga judiciaire qui porte son nom n'est toutefois pas terminée puisque le parquet a fait appel de ce verdict, jugé trop clément.

Avant cette affaire, M. Nel s'était déjà fait un nom pour avoir fait emprisonner en 2010 pour corruption l'ancien chef de la police sud-africaine et ex-patron d'Interpol Jackie Selebi.

La traque de M. Selebi - qui bénéficiait d'importants appuis politiques - lui a valu un prix de l'Association internationale des procureurs, mais aussi de farouches inimitiés.

Un groupe de policiers armés l'avait ainsi arrêté devant sa famille en 2008, l'accusant de fraude, parjure et obstruction du cours de la justice, des charges finalement abandonnées.

Avec AFP

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