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Afghanistan: Washington veut sauver la paix, mais est déterminé à partir

Des militaires afghans arrivent sur le site d'une attaque à Kaboul, en Afghanistan, le 12 mai 2020.

Les Etats-Unis tentent de sauver les processus de paix en Afghanistan après une nouvelle vague de violences -- mais ils semblent déterminés à poursuivre quoi qu'il en soit le retrait de leurs troupes après près de 19 années de guerre.

"Il n'y a pas d'alternative", a martelé vendredi l'émissaire américain Zalmay Khalilzad.

Après avoir passé plus d'un an à négocier l'accord historique signé le 29 février par Washington et les talibans, le diplomate a repris sa navette entre Kaboul et Doha pour faire pression sur le gouvernement afghan et les talibans.

Objectif: remettre sur les rails tout un effort qui menace chaque jour un peu plus de s'effondrer.

L'accord a ouvert la voie à un retrait total des forces américaines d'Afghanistan d'ici mi-2021, soit 20 après leur invasion pour chasser du pouvoir les talibans dans le sillage des attentats du 11-Septembre.

Mais les négociations de paix directes sans précédent entre les rebelles et le gouvernement de Kaboul, censées débuter il y a plus de deux mois, sont restées lettre morte. Et le président Ashraf Ghani vient d'annoncer la reprise des offensives contre les talibans.

Il réagissait à une attaque menée mardi contre une maternité de Kaboul, qui a tué 24 personnes dont des nouveau-nés.

- "Particulièrement horrible" -

Les Etats-Unis ont rapidement pris soin de dédouaner les talibans, accusant le groupe jihadiste Etat islamique (EI) d'être à l'origine de cet acte "épouvantable".

Et ils ont aussitôt exhorté le gouvernement et les talibans à coopérer contre l'EI et à relancer le processus de paix.

"La stratégie américaine ne prend pas en compte la colère de l'opinion afghane, ni celle du gouvernement afghan, face à cette poussée de violence particulièrement horrible même dans un Afghanistan pourtant habitué aux horreurs", dit à l'AFP Michael Kugelman, du cercle de réflexion Woodrow Wilson International Center for Scholars.

On sent chez les Américains une volonté de ne pas acter l'échec de leur effort de paix inédit.

Zalmay Khalilzad a ainsi assuré vendredi à des journalistes que les insurgés respectaient bien leur part du contrat conditionnant le retrait américain, en tout cas "la lettre" de l'accord du 29 février. Ils ne s'en prennent pas aux forces américaines et s'abstiennent d'attaquer les principales villes, a-t-il relevé, soulignant qu'ils ne s'étaient pas encore engagés formellement à cesser toute offensive contre les forces afghanes.

En revanche, il a reconnu que le niveau élevé de violence n'était pas conforme à "l'esprit" des engagements, comme en a encore témoigné jeudi une attaque "très négative" contre l'armée afghane revendiquée par les talibans dans l'est du pays.

- "Violation de l'esprit" -

Malgré cette "violation de l'esprit" de l'accord de Doha, l'émissaire a assuré que les Etats-Unis continuaient à retirer leurs troupes.

"La condition-clé, pour les Etats-Unis, c'est que les talibans tiennent leur engagement sur l'antiterrorisme", en contrant des groupes comme Al-Qaïda ou l'EI, a-t-il fait valoir. "C'est le numéro un."

Le démarrage de négociations interafghanes ne semble pas être une condition absolue à la poursuite du désengagement américain.

"Ce serait mieux si les négociations interafghanes commençaient quand nous avons encore des forces substantielles dans le sud de l'Afghanistan", a seulement glissé Zalmay Khalilzad.

Car à Washington, malgré l'approche de la présidentielle de novembre, la volonté de Donald Trump de mettre fin à cette "guerre sans fin" est assez consensuelle -- même si une poignée de néoconservateurs continuent de critiquer des concessions jugées trop généreuses aux talibans.

Comment, alors, contraindre le gouvernement et les insurgés à s'asseoir enfin à la même table?

Plus le temps passe, plus cela "crée des opportunités pour ceux qui ne veulent pas du processus de paix ou pour d'autres événements qui viennent empoisonner l'atmosphère", explique à l'AFP Laurel Miller, aujourd'hui membre de l'organisation de prévention des conflits International Crisis Group.

Pour cette ex-émissaire américaine pour l'Afghanistan, les Etats-Unis ont encore l'arme de l'aide financière, vitale pour ce pays sous perfusion internationale. Le président Ghani et son adversaire politique Abdullah Abdullah ont d'ailleurs semblé parvenir à un compromis quand la diplomatie américaine a sabré un milliard de dollars d'aide pour protester contre leurs atermoiements.

Mais les Américains n'ont plus vraiment de moyens de pression militaire.

"L'actuelle administration américaine a clairement fait savoir qu'elle voulait retirer ses troupes d'Afghanistan. Menacer de rester ne serait donc pas vraiment crédible", développe Laurel Miller .

"Au bout du compte, les Etats-Unis ne peuvent pas décréter le processus de paix. Ils peuvent seulement faire pression sur les parties", dit-elle, "mais seuls les Afghans peuvent le concrétiser".

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Une militante libérée de prison en Inde après des accusations de torture

Manifestation de fermiers dans l'Haryana, le 27 décembre 2020. Les femmes ont joué un rôle croissant dans les contestations d'agriculteurs et d'ouvriers en Inde.

Nodeep Kaur, militante pour les droits du travail, arrêtée le mois dernier dans une manifestation ouvrière, a été libérée sous caution vendredi, quelques jours après que ses proches ont affirmé qu'elle avait été torturée et agressée sexuellement en détention.

Nodeep Kaur, âgée de 25 ans et appartenant à la communauté marginalisée des dalits (anciennement appelés "les intouchables"), avait été arrêtée dans une manifestation d'ouvriers devant une usine à la périphérie de la capitale indienne New Delhi.

Sa soeur Rajvir Kaur a confirmé vendredi qu'elle avait obtenu une libération sous caution de la Haute Cour du Pendjab et de l'Haryana (Nord). "Nous devons également lui faire passer un examen médical", a-t-elle précisé.

La police l'a arrêtée pour rassemblement illégal, tentative de meurtre et extorsion, selon des informations des médias locaux.

Son arrestation a déclenché une vague d'indignations et sa famille et ses partisans ont affirmé qu'elle avait été agressée sexuellement et torturée en détention. La police nie ces allégations.

Meena Harris, nièce de la vice-présidente américaine Kamala Harris, avait appelé à sa libération au début du mois, en tweetant qu'elle avait été "arrêtée, torturée et agressée sexuellement" en détention.

Le député travailliste britannique Tanmanjeet Singh Dhesi a évoqué l'arrestation de Nodeep Kaur au Parlement britannique, se disant alarmé par les accusations de torture.

La jeune femme a également participé au mouvement de protestations d'agriculteurs contre les réformes du gouvernement indien libéralisant les marchés agricoles.

Ces manifestations ont été abondamment commentées sur Twitter notamment par la pop star Rihanna et la militante suédoise pour le climat Greta Thunberg, suscitant la colère du gouvernement nationaliste hindou de Narendra Modi.

Des questions sur l’efficacité et la sûreté des vaccins anti-covid

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Japon: des robots offrent du réconfort aux confinés

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Une jeune domestique à Singapour ne pesait plus que 24 kilos à sa mort

Singapour

Une Singapourienne a reconnu avoir affamé, battu et tué sa domestique birmane qui ne pesait plus que 24 kilos au terme d'une année de sévices, selon les procureurs, qui y ont vu l'une des pires affaires de maltraitance de l'histoire de la cité-Etat.

Singapour compte environ 250.000 domestiques qui viennent généralement de pays asiatiques pauvres. Et les cas de mauvais traitement sont légions.

Mais les sévices endurés par Piang Ngaih Don jusqu'à son décès en 2016 avaient rarement été vus dans la ville, la jeune femme ayant reçu des coups de pied, de balai, été victime d'étouffement et de brûlures au fer à repasser, selon des documents judiciaires.

Gaiyathiri Murugayan, 40 ans, a plaidé mardi coupable de 28 chefs d'accusation, dont celui d'homicide volontaire. Passible de la prison à perpétuité, elle connaîtra sa peine ultérieurement.

"Le tribunal ressent une légitime colère à l'idée qu'un être humain en traite un autre d'une façon aussi inhumaine, et la loi doit s'appliquer dans toute sa force", ont affirmé les procureurs.

Piang Ngaih Don avait été embauchée en 2015 par Mme Gaiyathiri et son époux, un policier, pour s'occuper de leur fille de quatre ans et de leur garçon d'un an.

Mme Gaiyathiri infligea presque quotidiennement des sévices à son employée, et parfois plusieurs fois par jour, selon ces documents qui précisent que la mère de l'accusée, âgée de 61 ans, se livrait parfois aussi à des violences.

La domestique ne recevait que très peu à manger et perdit près de 40% de son poids pour ne peser finalement que 24 kilos au moment de son décès en juillet 2016. Elle n'était autorisée à dormir que cinq heures par nuit.

L'accusation n'a pas retenu la qualification la plus lourde qui aurait été passible de la peine capitale en prenant en compte le fait que l'accusée souffrait de plusieurs maladies, dont la dépression.

Son mari est également poursuivi.

Un homme condamné à payer son ex-épouse pour les tâches ménagères

Photo d'illustration.

La justice chinoise a obligé un homme à verser à son ex-femme plus de 7.700 dollars en guise de dédommagement pour les tâches ménagères effectuées pendant leur mariage, entraînant des discussions enflammées sur les réseaux sociaux.

En vertu du code civil chinois, entré en vigueur cette année, les conjoints en instance de divorce ont, pour la première fois, le droit de demander une indemnisation s'ils ont assumé davantage de responsabilités à la maison.

Mme Wang, une femme au foyer, a déclaré devant un tribunal de Pékin s'être ainsi occupée au cours de son mariage "de son fils et des tâches ménagères" tandis que son mari, "en dehors de son travail, ne se souciait pas et ne participait pas aux tâches familiales".

L'épouse a par conséquent réclamé le versement d'un dédommagement financier, selon un compte-rendu de justice publié le 4 février.

Le tribunal a estimé que la mère de famille avait effectivement assumé davantage de tâches ménagères. Il a ainsi exigé de l'ex-mari qu'il lui verse 50.000 yuans (7.745 dollars) à titre de compensation, ce qui semble être une première en Chine.

Mais Mme Wang, qui avait demandé 160.000 yuans (24.784 dollars), a fait appel de la décision cette semaine, selon les médias locaux. Une initiative qui a suscité un débat enflammé sur le réseau social Weibo.

"Juste 50.000 yuans de compensation pour le ménage pendant cinq ans de mariage? C'est plutôt rentable pour le mec!", a réagi un internaute.

"En six mois, une nounou à plein temps revient plus cher que ça", s'est insurgé un autre.

Le montant du dédommagement a été défini par la justice en fonction de plusieurs critères, dont la durée du mariage, "les efforts consentis par Mme Wang pour (effectuer) les tâches ménagères, les revenus de (son mari) et le coût de la vie locale", a expliqué l'un des juges, cité par plusieurs médias.

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