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L'Afghanistan va aux législatives malgré l'impréparation et les violences

Des hommes installent des affiches électorales à Kaboul, en Afghanistan, le 9 octobre 2018.

Des millions d'électeurs ont renoncé à s'inscrire, des milliers de bureaux de vote resteront fermés. Dix candidats ont été tués... Malgré l'impréparation et les violences, l'Afghanistan votera samedi pour élire ses députés. Coûte que coûte.

Organisée avec trois ans de retard, c'est la troisième élection parlementaire, après 2005 et 2010, depuis l'intervention militaire américaine qui a chassé les talibans du pouvoir en 2001.

Largement financée par la communauté internationale elle est surtout considérée comme un test avant le scrutin présidentiel prévu en avril prochain.

Avril, puis juillet et finalement octobre, la date du vote a été repoussée jusqu'à la dernière limite. L'organisation apparaît chaotique et précipitée. A quelques jours du scrutin, les organisateurs ont encore du mal à trouver des assesseurs et à distribuer le matériel électoral dans les plus de 5.000 bureaux de vote.

Qu'importe. Le scrutin doit absolument s'ouvrir samedi à 07H00. Le reporter une énième fois n'est pas une option, affirme la Commission électorale indépendante (CEI) qui organise le scrutin.

"Il neige déjà dans certaines provinces et le temps se refroidit. Si on le retarde encore d'une semaine, ça veut dire qu'il n'aura pas lieu", a déclaré Sayed Hafizullah Hashimi, porte-parole de la CEI.

Les observateurs s'attendent à une participation bien en-deçà des 8,9 millions d'inscrits sur les listes.

Les menaces et attentats commis par les talibans et le groupe Etat islamique pourraient achever de convaincre de nombreux électeurs de rester chez eux en dépit d'un énorme dispositif de sécurité: 54.000 membres des forces de sécurité déployés.

Dix candidats au scrutin ont été tués, la plupart sciemment assassinés.

- "Pseudo-démocratie" -

L'intégrité du vote est également sujette à caution: de nombreux cas d'inscriptions multiples ont été découverts, laissant craindre des tentatives de bourrage d'urnes.

Selon un récent rapport de l'ONG Afghan Analyst Network (AAN), le nombre d'électeurs inscrits dans la seule province de Paktia (est) représente 141% de la population éligible estimée...

"La plupart des gens à qui j'ai parlé m'ont dit qu'ils n'iraient pas voter, certains n'ont même pas pris la peine de s'inscrire, et beaucoup ont dit +nous aimerions voter si nous avions la certitude que le scrutin est impartial+", a déclaré à l'AFP Thomas Ruttig, co-directeur de l'AAN.

"Ce n'est pas que les Afghans en ont assez de la démocratie. Ils en ont assez de ce genre de pseudo-démocratie", dit-il.

Pour ajouter à la confusion, la mise en place à la dernière minute d'un système de contrôle biométrique des électeurs - inédit dans le pays - menace de démultiplier les possibilités de fraude, voire de faire dérailler le processus.

La CEI se démène pour distribuer à temps les 22.000 terminaux portables, pour lesquels les assesseurs n'ont reçu que peu ou pas de formation. Les centres de vote les plus reculés pourraient ne pas être servis.

Bien que la loi afghane n'exige pas l'utilisation de la vérification biométrique, les votes exprimés sans ne seront pas comptés, a décidé la CEI.

"L'utilisation de la technologie peut contribuer à la transparence mais elle peut aussi créer de la confusion si elle n'est pas utilisée correctement", a estimé auprès de l'AFP Naeem Ayubzada, directrice de la Fondation pour des élections transparentes en Afghanistan.

M. Ruttig acquiesce, notant que la base de données du système pourrait être manipulée avant la publication des résultats, attendue le 10 novembre.

Selon lui, les machines pourraient aussi "disparaître" lors de leur transfert vers Kaboul. "La dernière fois, ils ont jeté des urnes dans la rivière, cette fois ils peuvent jeter ces terminaux", dit-il.

- Crédibilité -

Plus de 2.500 candidats sont en lice pour les 249 sièges parlementaires. Il s'agit pour la plupart d'élus déjà établis, de descendants de seigneurs de la guerre, d'hommes d'affaires ou de membres de la société civile.

Ce scrutin est également vu comme une étape cruciale avant une réunion de l'ONU à Genève en novembre, où l'Afghanistan devra démontrer à ses bailleurs les progrès réalisés dans les "processus démocratiques".

La communauté internationale, dirigée par la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), a soutenu à bout de bras les organisateurs et les dirigeants politiques afghans. Mais ses attentes quant à un résultat crédible ont fortement diminué.

"Nous essayons de rendre une situation bancale un peu moins compliquée", déclare embarrassé un diplomate occidental à l'AFP.

Pour M. Ruttig, la responsabilité est partagée.

Les diplomates étrangers "ont participé à la manoeuvre les yeux grand ouverts. Ils ne pourront pas prétendre qu'ils n'étaient pas au courant".

Avec AFP

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Les députés argentins reprennent le débat sur la légalisation de l'IVG

Manifestation en faveur de la dépénalisation de l'avortement devant le Congrès où les législateurs débattent de la question à Buenos Aires, en Argentine, le 8 août 2018. (Photo AP/Natacha Pisarenko)

La Chambre des députés argentins a rouvert mardi le débat sur la légalisation de l'avortement, promesse du président Alberto Fernandez sur un sujet qui divise le pays.

C'est la seconde fois que les députés sont appelés à s'exprimer sur le droit à l'interruption volontaire de grossesse. En 2018 lors d'un vote historique, ils avaient approuvé la légalisation de l'IVG mais le Sénat l'avait rejetée quelques semaines plus tard.

"En 2018 nous n'avions pas le soutien de l'exécutif. A la Chambre des députés, il n'y aura pas de problèmes. Nous verrons au Sénat mais je suis très optimiste", a déclaré Nelly Minjersky, une fondatrice de la Campagne pour un avortement légal, sûr et gratuit, alliance de groupes féministes qui a présenté huit projets de loi en 15 ans.

C'est la neuvième fois qu'un projet de loi sur l'IVG est déposé devant la Parlement, mais c'est la première fois que l'initiative provient de l’exécutif.

Le projet de loi autoriserait l'avortement "jusqu'à la 14e semaine de grossesse". Il prévoit une "objection de conscience" pour des professionnels de santé refusant de le pratiquer, mais les oblige à "orienter la patiente vers des soins" appropriés.

Un "Plan des mille jours" entend également "renforcer l'accès aux soins pendant la grossesse et lors des premières années de vie d'un enfant" pour les familles financièrement vulnérables.

En Argentine, l'avortement n'est légal qu'en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère, selon une loi en vigueur depuis les années 1920.

Journée mondiale du Sida: Des objectifs encore insaisissables

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Washington sanctionne une société chinoise accusée de soutenir la censure au Venezuela

Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, montre lors d'une apparition télévisée des équipements saisis, Caracas, 4 mai 2020.

Les États-Unis ont annoncé lundi des sanctions contre une grande société publique chinoise spécialisée dans l'électronique, accusée d'aider le Venezuela à censurer les détracteurs du pouvoir sur internet.

Le Trésor américain va geler les éventuels avoirs aux États-Unis de la China National Electronics Import and Export Corporation (CEIEC) et de toute entreprise dont la compagnie d'État détiendrait au moins 50% du capital. Ces sanctions leur bloquent aussi l'accès au système financier américain.

Selon Washington, la CEIEC apporte son expertise à l'entreprise publique de télécommunications du Venezuela, qui a bloqué des médias indépendants ainsi que des retransmissions en streaming du chef de l'opposition Juan Guaido, reconnu comme président par intérim par le gouvernement américain et de nombreux autres pays européens et sud-américains.

La société chinoise offre, d'après le Trésor américain, une "version commerciale du +Great Firewall+ de Pékin" -- jeu de mots sur la Grande Muraille de Chine (Great Wall) et le pare-feu (firewall) pour décrire le filtre mis en place par le pouvoir communiste afin d'éviter tout accès des Chinois à des informations qu'il juge politiquement sensibles.

"Les États-Unis n'hésiteront pas à viser tous ceux qui étouffent la volonté démocratique des Vénézuéliens et d'autres à travers le monde", a prévenu le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin dans un communiqué.

La Chine est un des principaux soutiens et partenaires commerciaux du Venezuela du président Nicolas Maduro, qui résiste à la pression économique de Washington pour le chasser du pouvoir.

Caracas organise dimanche des élections législatives à l'occasion desquelles le dirigeant socialiste espère reprendre le contrôle de l'Assemblée nationale, seule institution contrôlée par l'opposition.

Juan Guaido appelle au boycott de ce qu'il considère, à l'instar de nombreux observateurs internationaux, comme un processus truqué.

Selon le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, la CEIEC "soutient les efforts vicieux du régime Maduro pour réprimer la contestation politique et saper les processus démocratiques depuis 2017".

"Les tentatives désespérées de Maduro pour manipuler les processus démocratiques montrent sans l'ombre d'un doute que toute élection organisée par un régime illégitime ne sera ni libre ni juste, à commencer par les élections parlementaires du 6 décembre", a-t-il affirmé dans un communiqué.

Le Premier ministre australien condamne un tweet "scandaleux" de la diplomatie chinoise

Le premier ministre australien, Scott Morrison, lors d'une conférence à Sydney, 28 février 2020.

Le Premier ministre australien Scott Morrison a dénoncé lundi avec colère un tweet "scandaleux" émanant d'un porte-parole du gouvernement chinois et a demandé à Pékin de présenter formellement ses excuses.

Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a suscité l'indignation en postant une mise en scène dans laquelle un homme, habillé en soldat australien, tient un couteau plein de sang contre la gorge d'un enfant afghan.

L'illustration controversée est le travail d'un artiste chinois du nom de Wuheqilin, qui s'était fait connaître par ses créations pro-Pékin lors des manifestations à Hong Kong l'an dernier.

L'affaire intervient quelques jours après la publication d'un rapport sur des crimes de guerre qui auraient été commis par des soldats australiens en Afghanistan entre 2005 et 2016.

M. Morrison a qualifié ce tweet, qui provient d'un compte officiel du gouvernement chinois, "d'insulte scandaleuse et dégoûtante" à l'encontre des forces armées australiennes, et a appelé Twitter à le supprimer.

"Il est scandaleux et ne peut être justifié sur quelque base que ce soit. Le gouvernement chinois devrait avoir honte de cette publication", a déclaré Scott Morrison à propos de ce tweet qui a suscité des milliers de réactions en quelques heures.

"Cela ne (le) grandit pas aux yeux du monde entier", a-t-il ajouté.

Dans son tweet, le porte-parole du gouvernement chinois se dit "choqué par les meurtres de civils et de prisonniers afghans (perpétrés) par des soldats australiens".

"Nous condamnons fermement de tels actes et nous demandons qu'ils en soient tenus responsables", ajoute Zhao Lijian.

Invitée à réagir à cette polémique, sa collègue et porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hua Chunying, a estimé devant la presse que "le gouvernement australien devrait avoir honte" des actes de ses soldats en Afghanistan.

L'Australie doit "présenter [...] des excuses officielles au peuple afghan", a-t-elle jugé.

Cette affaire est le dernier exemple d'un nouveau type de communication agressive de Pékin envers les pays étrangers.

Depuis l'an dernier, de nombreux diplomates ont investi Twitter (pourtant bloqué en Chine), où ils défendent parfois avec véhémence et controverse la position de leur gouvernement.

En mars déjà, Zhao Lijian avait provoqué une vive polémique en suggérant que des militaires américains avaient pu apporter le nouveau coronavirus en Chine, où il est apparu à la fin de l'an dernier.

Les relations entre Canberra et Pékin n'ont cessé de se détériorer au cours des derniers mois après que le gouvernement australien a réclamé une enquête sur l'origine du Covid-19.

La Chine, premier partenaire commercial de l'Australie, a annoncé vendredi l'imposition de lourdes surtaxes compensatoires sur le vin australien en raison d'un dumping supposé, dernière en date d'une série de sanctions économiques contre les intérêts de Canberra.

Le président de la Bourse de Tokyo démissionne après une panne

Un écran montre l'indice des cours boursiers après la cérémonie d'ouverture du Nouvel An à la Bourse de Tokyo (TSE) au Japon, le 6 janvier 2020.

L'opérateur de la Bourse de Tokyo a annoncé lundi que le président de celle-ci avait démissionné, endossant la responsabilité de la panne qui a paralysé les échanges de l'une des plus importantes places mondiales pendant une journée entière en octobre.

Toutes les transactions avaient été bloquées avant même l'ouverture, le 1er octobre dernier, par un incident matériel qui a causé une perturbation de la transmission des informations du marché, avec des conséquences également pour d'autres places japonaises.

Le président de la Bourse de Tokyo, Koichiro Miyahara, "a pris très au sérieux sa responsabilité" dans la panne du système d'échange, a écrit l'opérateur de la place, le Japan Exchange Group (JPX), dans un communiqué.

M. Miyahara "a demandé à démissionner de son poste de président et directeur général de la Bourse de Tokyo et de toutes ses autres responsabilités dans le groupe, à compter du 30 novembre", peut-on encore lire dans le document.

Le patron de JPX, Akira Kiyota, restera à son poste mais verra son salaire réduit de moitié pour une durée de quatre mois, ajoute le communiqué. Il assurera temporairement les responsabilités du patron démissionnaire.

L'agence japonaise des services financiers avait sommé la Bourse de Tokyo et son opérateur d'améliorer le fonctionnement de la place nippone après l'incident.

JPX est le troisième plus important opérateur au monde en termes de capitalisation totale des entreprises cotées, derrière le New York Stock Exchange et le Nasdaq, selon la Fédération mondiale des Bourses de valeurs (WFE).

La capitalisation boursière des titres de JPX représentait 5100 milliards de dollars (4600 milliards de francs suisses) en mars. Environ 3000 milliards de yens (26 milliards de francs suisses) de titres s'y échangent en moyenne chaque jour.

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