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Accord à l'ONU pour intensifier la lutte contre la tuberculose

Des patients indiens souffrant de problèmes respiratoires et de tuberculose sont admis pour traitement à l'hôpital Murari Lal Chest de Kanpur, le 1er juin 2018.

Les États membres de l'ONU se sont mis d'accord vendredi sur un plan mondial destiné à intensifier la lutte contre la tuberculose, première cause de décès parmi les maladies infectieuses, et à faciliter l'obtention de médicaments à moindre coût.

La déclaration approuvée doit être formellement endossée le 26 septembre lors d'un sommet de dirigeants, premier du genre pour cette maladie, qui se tiendra en marge de l'Assemblée générale annuelle des Nations unies.

La réunion sur la tuberculose vise à lever 13 milliards de dollars par an pour mettre un terme à la pandémie d'ici 2030.

Lors des négociations, l'Afrique du Sud s'était opposée en juillet aux Etats-Unis qui voulaient atténuer le langage de la déclaration visant à reconnaître un droit aux pays les plus pauvres de pouvoir accéder à des médicaments abordables.

L'ONG Médecins sans frontières avait soutenu la demande sud-africaine en parlant de "pression agressive" du lobby pharmaceutique américain pour restreindre l'accès aux médicaments à faible coût.

La déclaration prévoit de porter l'effort de recherche à deux milliards de dollars contre 700 millions actuellement.

Membre de MSF, Sharonann Lynch s'est félicitée de l'accord obtenu et a espéré une présence importante des dirigeants de la planète au sommet sur la tuberculose, afin de "protéger la santé publique" et garantir la création de "versions génériques abordables des médicaments antituberculeux".

En 2017, l'Organisation mondiale de la Santé avait tiré la sonnette d'alarme en affirmant que la tuberculose avait dépassé le sida parmi les maladies infectieuses.

Selon l'OMS, environ 1,7 million de personnes sont mortes de la tuberculose en 2016 sur 10,4 millions de personnes dans le monde ayant contracté une infection pulmonaire grave. Les cinq pays les plus touchés par la pandémie sont l'Inde, l'Indonésie, la Chine, les Philippines et le Pakistan.

Avec AFP

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Dans un township sud-africain, des jeunes et une radio contre la criminalité

Des écoliers dans les rues du township d'Alexandra, "un condensé des échecs du gouvernement de l'ANC", 25 ans après la fin de l'apartheid en Afrique du Sud.

"Toutes les nuits du vendredi au dimanche, même parfois en semaine, on entend des coups de feu". Dans le township sud-africain d'Alexandra, la violence règne en maître. Et tous les samedis, Jennifer et ses camarades en parlent sans tabou lors d'une émission diffusée sur une radio communautaire.

"Chaque enfant d'Alexandra peut en témoigner", assène Jennifer Ngobeni du haut de ses 16 ans, "et c'est comme ça depuis toujours" dans ce township situé au coeur de la mégapole de Johannesburg.

Cette semaine encore, le couloir qui mène au studio d'Alex FM est encombré des vestes d'uniforme et des cartables d'une vingtaine de jeunes du quartier venus témoigner dans l'émission "Plus grand que la vie".

"Même si avez la chance d'être tout seul un soir à la maison, vous ne pouvez jamais en profiter", déplore Jennifer Ngobeni. "Vous devez vous enfermer à double tour parce que n'importe qui peut entrer chez vous comme ça, simplement par peur des coups de feu ou de quelqu'un..."

Chaque semaine, l'émission est suivie par environ 150.000 auditeurs, un franc succès. Jennifer et les autres jeunes animateurs de l'émission sont persuadés que leurs paroles peuvent contribuer à faire évoluer les mentalités et, au bout du compte, faire reculer la criminalité.

Parfois surnommé "Gomorrhe", la cité pécheresse de la Bible, Alexandra est considéré comme un des quartiers les plus défavorisés de la plus grande ville d'Afrique du Sud. Quelque 300.000 personnes s'y entassent sur à peine 7 km2, au pied des tours rutilantes du quartier d'affaires de Sandton.

Ce township est un condensé des échecs du gouvernement du Congrès national africain (ANC) qui dirige le pays depuis la chute du régime de l'apartheid il y a un quart de siècle: chômage, pauvreté, absence de services publics et aussi criminalité...

- "Zone de guerre" -

Avec 57 meurtres par jour en 2018, selon les statistiques nationales annuelles, l'Afrique du Sud est l'un des pays les plus violents de la planète. Le ministre de la Police, Bheki Cele, n'avait pas hésité à comparer certains quartiers à une "zone de guerre", lors de la publication des chiffres l'an dernier.

Un tiers des meurtres sont liés aux armes à feu, selon l'ONG GunFree SA.

Et les statistiques officielles chiffrent à 3 millions le nombre d'armes à feu dûment enregistrées dans le pays et à au moins 2 millions celles qui échappent à tout contrôle.

A Alexandra, "tous les jeunes sont affectés d'une façon ou d'une autre par les violences par armes à feu", assure Mary-Ann Nobele de GunFree SA, qui parraine l'émission des jeunes du quartier.

"Elle permet à nos préoccupations d'être entendues de tous", poursuit-elle, "et aussi à tous les jeunes de réaliser qu'ils ne sont pas les seuls à subir" ces violences.

Leurs témoignages sont aussi crus que poignants. "Dès qu'on parle des violences avec armes, l'émotion envahit le studio", rapporte Sammy Ramodike, de la Children's Radio Foundation (CRF) qui assiste les jeunes animateurs.

"Le père d'une de nos jeunes journalistes, Monica, a été tué, malheureusement le jour de l'anniversaire" de la jeune femme.

- Culture des armes -

L'émission dénonce la violence qui gangrène les rues d'Alexandra en se nourrissant de la misère.

Les criminels "vivent au milieu de la population et ils lui viennent en aide (...) ils deviennent donc des héros à ses yeux", déplore Jennifer Ngobeni, "de nombreuses personnes le savent mais se gardent bien de les dénoncer".

Les jeunes animateurs évoquent aussi la redoutable culture des armes à feu, qui envenime la situation.

"Très souvent, les gens (qui détiennent une arme) disent +c'est pour ma propre protection+, sans savoir qu'ils ont quatre fois plus de risques d'être blessés par leur propre arme à feu que de l'utiliser pour se défendre", indique Mary-Ann Nobele.

Michelle Selemela, lycéenne de 17 ans, participe depuis deux ans à "Plus grand que la vie" avec d'autant plus de motivation qu'elle a vécu personnellement les conséquences de la criminalité.

"Mon père était gangster", confie-t-elle sans détour. "Je me souviens très bien, quand j'étais jeune, des policiers qui venaient constamment le chercher à la maison".

"Il est une meilleure personne maintenant. Il écoute notre émission et me donne des conseils", poursuit Michelle.

Et avec ce programme, "je lui montre que j'ai appris de son passé."

Avec AFP

Nigeria : de nouvelles tensions avec la minorité chiite font au moins sept morts

Affrontements entre des membres du groupe chiite, du Mouvement islamique nigérian (IMN) et la police, le 22 juillet 2019. (Photo: AFP)

Au moins six manifestants chiites et un policier ont été tués dans des heurts à Abuja lundi, les dernières violences meurtrières en date liées à l'emprisonnement d'un dignitaire religieux de leur communauté.

Quelques centaines de membres du Mouvement islamique du Nigeria (IMN), une organisation chiite radicale du nord du Nigeria majoritairement sunnite, ont défilé dans la capitale fédérale pour exiger la libération de leur chef Ibrahim Zakzaky, incarcéré depuis décembre 2015 avec son épouse pour "homicide et rassemblement illégal", a constaté un photographe de l'AFP.

"La manifestation a d'abord été pacifique", puis "les policiers ont commencé à sortir en nombre et ont tiré du gaz lacrymogène et les manifestants ont riposté en lançant des cocktails Molotov et ont mis le feu à des véhicules de pompiers", a-t-il ajouté.

"Nous marchions sans violences et lorsque nous sommes arrivés au niveau du ministère des Affaires étrangères, ils (les policiers) ont commencé à tirer en l'air et sur la foule", a de son côté dit Abdullahi Muhammed Bello, un membre de cette organisation chiite. "Il y a six corps devant moi, dont celui d'un mineur", a-t-il poursuivi.

Le photographe de l'AFP a compté le même nombre de morts, ajoutant avoir vu un policier à terre.

L'IMN a plus tard fait part de la mort de cinq autres manifestants.

Un porte-parole de la police a quant à lui annoncé qu'un officier de haut rang des forces de l'ordre avait aussi perdu la vie dans les violences, tandis que deux autres policiers avaient été grièvement blessés.

La chaîne de télévision nigériane Channels a par ailleurs affirmé que l'un de ses reporters avait reçu une balle, sans autres détails.

Le porte-parole de la police, Franck Mba, a diffusé un communiqué pour demander aux habitants d'Abuja de rester calmes.

"Il y a une manifestation violente actuellement en cours", a dit le porte-parole. "La police prend des mesures adéquates de maintien de l'ordre pour garder la situation sous contrôle".

Amnesty International a aussitôt rendu public un communiqué appelant "les autorités à ne plus réprimer les manifestations chiites dans le sang".

"Les forces de sécurité tirent à balles réelles sur des personnes qui exercent seulement leur liberté d'expression", regrette l'ONG internationale de défense des droits de l'Homme.

- Réprimées dans le sang -

Les partisans d'Ibrahim Zakzaky manifestent quasiment quotidiennement désormais dans les rues d'Abuja pour demander sa libération.

L'IMN, fort de plusieurs milliers de sympathisants, s'oppose depuis des années à l'autorité nigériane et ses manifestations sont souvent réprimées dans le sang.

Le 11 juillet, au moins deux personnes ont été tuées, quelques jours après une sortie du fils du chef de l'IMN, accusant le gouvernement d'organiser "l'assassinat" d'Ibrahim Zakzaky, dont l'état de santé s'est fortement dégradé.

Le week-end dernier, la présidence nigériane a appelé les membres de l'IMN à attendre la prochaine comparution de leur chef devant la justice, le 29 juillet.

"Nous demandons aux partisans de Zakzaky d'abandonner leurs violentes manifestations dans les rues et d'attendre la décision la cour de Kaduna (nord), ville dans laquelle leur leader doit comparaître", a déclaré Garba Shehu, le porte-parole de la présidence.

Fin 2016, un tribunal fédéral avait jugé sa détention illégale et ordonné sa libération. Mais cette décision n'a jamais été exécutée.

En janvier, un tribunal avait ordonné qu'il puisse rencontrer ses médecins personnels, en raison de la dégradation de son état de santé, mais ses proches ont récemment fait savoir qu'il souffrait d'un empoisonnement au plomb.

Fin octobre, des partisans de l'IMN avaient manifesté en masse à Abuja et la répression violente de la manifestation par les forces de sécurité avait fait 47 morts selon l'IMN et les observateurs, six selon les chiffres officiels.

En décembre 2015, l'armée a tiré sur des manifestants à Zaria, leur fief dans le nord du Nigeria, faisant plus de 350 morts.

L'IMN, apparu en tant que mouvement étudiant en 1978 avant de muer en groupe révolutionnaire inspiré par la révolution islamique en Iran, est aujourd'hui encore proche de Téhéran et suscite une grande hostilité au Nigeria où l'élite musulmane sunnite ne cache pas ses affinités avec l'Arabie saoudite.

Avec AFP

L'ex-président gambien accusé d'avoir fait assassiner le doyen des journalistes

Yahya Jammeh, ex-président de la Gambie.

Un militaire gambien a accusé lundi, devant la Commission vérité et réconciliation (TRRC), l'ancien président Yahya Jammeh d'avoir ordonné l'assassinat il y a 15 ans de Deyda Hydara, qui était le correspondant de l'AFP, et reconnu avoir directement participé à son assassinat.

Ce journaliste critique envers le régime de Yahya Jammeh a été tué par balle le 16 décembre 2004 à Banjul au moment où il raccompagnait en voiture deux collaboratrices de son journal, qui ont été blessées.

Agé de 58 ans, père de quatre enfants, cofondateur du journal privé The Point, il était aussi le correspondant de l'Agence France-Presse (AFP) depuis 30 ans et de Reporters sans frontières (RSF) en Gambie, où il était considéré comme le doyen de la profession.

"Nous avons tiré, moi, Alieu Jeng et Sanna Manjang", a affirmé devant la TRRC le lieutenant Malick Jatta, en détention depuis le 8 février 2017. Alieu Jeng, un autre militaire, est également en détention.

Sanna Manjang est un déserteur de l'armée. En mai 2017, il a été inculpé, ainsi que Kawsu Camara, un ancien colonel de l'armée, de "meurtre et complot en vue de commettre un meurtre" dans l'enquête sur l'assassinat de Deyda Hydara.

Ces deux hommes, en fuite, passent en Gambie pour avoir été membres des "Jungulars" (ou "Junglers"), considérés comme les escadrons de la mort du régime de Yahya Jammeh.

- Enveloppes de dollars -

Le lendemain de l'opération contre le journaliste, le commandant du groupe, le capitaine Tumbul Tamba, leur a remis une "enveloppe contenant des dollars", a témoigné Malick Jatta. "Il nous a dit qu'il s'agissait d'un +geste d'appréciation de la part du grand homme+".

Interrogé par la Commission sur le nom de ce "grand homme", le militaire a affirmé qu'il s'agissait du "président", arrivé au pouvoir par un putsch sans effusion de sang en juillet 1994 dans ce petit pays anglophone d'Afrique de l'Ouest.

Le capitaine Tumbul Tamba "a parlé au président pendant l'opération", il lui disait "Oui Monsieur, votre excellence", a affirmé le lieutenant. En outre, "Tumbul n'avait pas d'autres moyens de se procurer des dollars".

Selon son récit, leur chef leur a expliqué qu'ils étaient à poursuite du "stylo magique" et, une fois à hauteur de son véhicule, il leur a ordonné de tirer sur le chauffeur.

Instituée par une loi en décembre 2017 et composée de 11 membres, la TRRC, qui enquête sur les crimes présumés commis pendant les 22 ans du régime de M. Jammeh, en exil en Guinée Equatoriale, a entamé ses auditions en janvier 2019.

Un ministre de Yahya Jammeh, Yankuba Touray, soupçonné d'implication dans l'assassinat d'un ministre et de soldats au cours d'une tentative de coup d'Etat dans les années 1990, a été arrêté le 26 juin pendant son audition par la TRRC pour avoir refusé de répondre à ses questions.

- Tortures systématiques -

Les défenseurs des droits de l'Homme accusent le régime de Yahya Jammeh de tortures systématiques d'opposants et de journalistes, d'exécutions extra-judiciaires, de détentions arbitraires et de disparitions forcées.

L'ancien président a été accusé fin juin par trois Gambiennes, dont une ancienne reine de beauté, de les avoir contraintes à des relations sexuelles en usant de pressions morales, financières ou physiques lorsqu'il était au pouvoir.

Yahya Jammeh s'était fait élire une première fois en 1996 puis réélire sans interruption jusqu'à sa défaite en décembre 2016 face à l'opposant Adama Barrow.

Après six semaines d'une crise à rebondissements provoquée par son refus de céder le pouvoir, il a finalement dû quitter son pays le 21 janvier 2017 à la suite de l'intervention militaire d'une force régionale majoritairement composée de troupes du Sénégal voisin et d'une ultime médiation guinéo-mauritanienne.

En 2017, des ONG et des associations de victimes, dont la fille de Solo Sandeng, un opposant mort en détention en avril 2016, et le fils de Deyda Hydara, ont lancé la campagne internationale "Jammeh2Justice" pour traduire en justice l'ex-président.

Interrogé début 2018 sur une éventuelle demande d'extradition de Yahya Jammeh, Adama Barrow a répondu qu'il attendrait la fin des travaux de la TRRC pour se prononcer.

Avec AFP

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