Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Monde

A quoi ressemblera un sommet entre Trump et Kim ?

Chung Eui-yong, au centre, conseiller sud-coréen à la Sécurité nationale, annonçant le prochain sommet Trump-Kim à la Maison Blanche, Washington, le 8 mars 2018.

L'annonce surprise d'un sommet historique entre Donald Trump et Kim Jong Un est un rebondissement majeur dans un des dossiers diplomatiques les plus compliqués du globe. Mais de nombreuses questions se posent sur ce sera cette rencontre.

- Où se tiendra le sommet?

Seule chose confirmée à ce stade : le sommet se déroulera d'ici fin mai.

S'il a lieu à Pyongyang, il est sûr que M. Trump sera reçu en grande pompe. Mais pour le président américain, le risque serait de donner l'impression qu'il vient présenter ses respects.

La Zone démilitarisée (DMZ) qui divise la péninsule - où M. Kim et le président sud-coréen Moon Jae-in doivent se rencontrer fin avril à l'occasion du troisième sommet intercoréen de l'histoire - est le lieu le plus probable pour une réunion Trump-Kim.

Son accès est facile des deux côtés, la sécurité de la zone est assurée et les infrastructures pour ce genre de rencontre existent déjà.

Une ville étrangère avec moins de charge symbolique comme Pékin ou Genève - Kim Jong Un a fait ses études en Suisse- impliquerait un pays tiers dans l'organisation. En outre, cela signifierait que les protagonistes voyagent, or Kim Jong Un n'a plus quitté la Corée du Nord depuis son arrivée au pouvoir fin 2011.

Séoul serait probablement un lieu inenvisageable pour le Nord, au même titre que la ville de Washington. Mais d'un autre côté, personne n'imaginait il y a encore trois mois que la soeur du leader nord-coréen allait se rendre dans la capitale sud-coréenne quelques semaines plus tard.

Le siège de l'ONU à New York, ville du président américain, impliquerait que Kim Jong Un foule le sol américain.

Comment Trump va-t-il se préparer ?

L'annonce sur la pelouse de la Maison blanche de la tenue d'un sommet est intervenue moins de 24 heures après que le secrétaire d'Etat Rex Tillerson eut affirmé que les Etats-Unis étaient "encore loin de négociations" avec Pyongyang.

Les diplomates nord-coréens sont connus comme des négociateurs chevronnés. Mais depuis l'élection de Donald Trump, le département d'Etat a perdu nombre d'experts du dossier coréen, alors que le nouvel ambassadeur des Etats-Unis à Séoul n'a toujours pas été désigné.

Le représentant spécial des Etats-Unis pour la politique nord-coréenne Joseph Yun, qui était l'un des principaux "canaux de communication" avec Pyongyang, vient de quitter son poste pour raisons "personnelles".

"Les sommets interviennent généralement au terme d'un long processus de négociations à un niveau inférieur où beaucoup de détails sont réglés", a observé Robert Kelly, professeur associé à l'Université nationale de Busan.

"Trump, toujours en quête de publicité, plonge dedans directement", a-t-il tweeté, avançant le risque que le président américain "s'affranchisse de décennies de politique conjointe entre Séoul et Washington, au sujet de laquelle il n'a aucune idée, pour conclure un accord qui serait une +victoire+ qu'aucun autre responsable américain ne validerait."

Comment les deux vont-ils s'entendre ?

MM. Trump et Kim sont radicalement différents, tout en étant étrangement semblables. Le leader nord-coréen a hérité du pouvoir et été formé pendant des années à cette fin, quand le milliardaire américain est lui arrivé sans expérience gouvernementale à la présidence des Etats-Unis.

M. Kim a beaucoup plus d'expérience du pouvoir -six ans- et pourrait demeurer en poste pendant des décennies, ce qui fait que la "une" du lendemain des médias contrôlés par le régime est évidemment le cadet de ses soucis.

Mais les deux hommes, qui ont échangé des insultes, attachent de la valeur à la loyauté personnelle, comptent parmi leurs conseillers les plus proches des membres de leur famille et partagent un même intérêt pour les mises en scène.

Donald Trump a évoqué l'idée d'organiser un jour un défilé militaire. Les grandes parades ont toujours été un des spectacles préférés de la dynastie des Kim.

Quel est le rôle de Séoul ?

Toutes les dernières annonces ont été sud-coréennes.

Ce sont des émissaires du Sud qui ont révélé que Pyongyang était prêt à discuter de son arsenal nucléaire, ou encore que M. Trump acceptait l'invitation du Nord à un sommet.

Pendant les premiers mois de sa présidence, Donald Trump a joué la carte chinoise pour tenter de peser sur le Nord et s'est rapproché du Premier ministre japonais Shinzo Abe, donnant l'impression que le président sud-coréen de centre-gauche Moon Jae-in était mis sur la touche.

Mais l'ancien avocat élu en mai en prônant ouvertement un dialogue avec le Nord a néanmoins tout misé sur ses jeux Olympiques "de la Paix" pour amadouer Pyongyang, sans jamais non plus s'opposer frontalement à l'approche musclée de Donald Trump.

Comment réagira la Chine ?

Pendant des décennies, la Chine a été un inconditionnel soutien diplomatique et économique du Nord. Mais les relations entre Pékin et Pyongyang sont aujourd'hui grippées.

M. Kim n'est pas allé à Pékin présenter ses hommages au président chinois Xi Jinping.

Et la Chine s'est irritée de l'impétuosité du jeune dirigeant, de ses essais nucléaires et balistiques en cascade, montrant de plus en plus de bonne volonté dans la mise en oeuvre des sanctions internationales.

En même temps, Pékin redoute plus que tout un effondrement nord-coréen qui aurait pour corollaire l'avènement à sa frontière d'une Corée unifiée alignée sur Washington.

Des négociations peuvent donc être une bonne nouvelle pour la Chine.

Elle verrait d'ailleurs d'un très bon oeil toute réduction de la présence militaire américaine qui pourrait découler d'un éventuel accord.

Avec AFP

See all News Updates of the Day

Au marché de Rungis

Au marché de Rungis
Attendez s'il vous plaît
Embed

No media source currently available

0:00 0:01:27 0:00

Annexion du Golan: Trump rompt de nouveau avec le consensus international

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

En se disant favorable à la reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, Donald Trump rompt de nouveau avec le consensus international, au risque de justifier l'expansionnisme d'autres pays, selon les experts.

Israël a conquis une grande partie du Golan lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l'a annexée en 1981, mais la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion. Jeudi, le président américain a tweeté que "52 ans après", il était "temps" pour les Etats-Unis de la reconnaître.

Le droit international "interdit d'accroître son territoire par la guerre", a rappelé vendredi l'ancien diplomate Richard Haas, président du centre de réflexion Council on foreign relations (CFR).

"C'est un des principes les plus fondamentaux de l'ordre international et c'est ce qui a servi de base à l'opposition américaine à la conquête du Koweït par Saddam Hussein et de la Crimée par Poutine", a-t-il ajouté.

Il faisait référence à la guerre du Golfe qui a permis de bouter l'ex-dictateur irakien hors du Koweït en 1991 et le rattachement de la région ukrainienne de la Crimée par le président russe Vladimir Poutine en 2014.

Les Etats-Unis, qui ont imposé des sanctions à la Russie après son annexion de la Crimée, mènent-ils une politique internationale à deux vitesses? "Pas du tout", a répondu le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un entretien à Sky News.

"Ce que le président Trump a fait avec le plateau du Golan est de reconnaître la réalité du terrain et la situation sécuritaire nécessaire à la protection de l'Etat israélien. C'est aussi que simple que cela", a-t-il expliqué.

- "Loi de la jungle" -

Ce n'est pas la première fois que M. Trump balaie de la main les conventions internationales pour apporter son soutien au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, aujourd'hui confronté à une réélection incertaine: en décembre 2017, il avait reconnu unilatéralement Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Mais cette fois-ci, Washington va plus loin, a estimé l'ancien chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt. "C'est de nouveau la loi de la jungle", a-t-il tweeté. "Le Kremlin va applaudir et appliquer le même principe à la Crimée, Pékin va applaudir et appliquer le même principe à la mer de Chine méridionale".

Les Européens et les pays arabes se sont de fait inquiétés de l'intention affichée par M. Trump, qui n'a pas encore été formalisée.

La France a immédiatement estimé que la reconnaissance de cette annexion serait "contraire au droit international", rappelant que "cette situation a été reconnue comme nulle et non avenue par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité" des Nations unies.

La Syrie l'a rejetée vendredi comme "une violation flagrante du droit international", jurant que "le Golan est et restera arabe et syrien".

A New York, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, Bashar Ja'afari, a affirmé que le régime de Damas n'hésiterait pas à faire usage de la force pour récupérer le plateau du Golan. "C'est notre territoire, et nous le récupèrerons tôt ou tard", a-t-il dit.

Le président turc a jugé que la région était au bord d'une "nouvelle crise". "Nous n'autoriserons jamais la légitimation de l'occupation du plateau du Golan", a ajouté Recep Tayyip Erdogan qui, bien qu'hostile au président syrien Bachar al-Assad, ne cesse de dire son attachement à l'intégrité territoriale de la Syrie, craignant l'émergence d'une entité kurde dans les zones frontalières de la Turquie.

Pour Ilan Goldenberg, du Center for a new american security, la décision de M. Trump sur le Golan "aura un goût amer: elle affaiblit la sécurité d'Israël et affecte les intérêts des Etats-Unis au Moyen-Orient et au-delà, tout en donnant un coup de pied dans une fourmilière qui n'en avait vraiment pas besoin".

"Si Washington cesse de respecter les principes internationaux, il faut s'attendre à ce que d'autres Etats annexent des territoires de leurs voisins", a ajouté cet expert, évoquant la possibilité que l'Arabie saoudite envahisse le Qatar.

Pour Steven Cook, un expert du Proche-Orient au CFR, Donald Trump aurait mieux fait de s'abstenir: le statu quo satisfaisait tout le monde, y compris la Syrie, alors que reconnaître officiellement l'annexion du Golan "va créer de l'opposition, là où il y avait jusque là de l'acceptation".

"Israël est sur le Golan pour ses propres raisons, et rien de ce que l'administration Trump décidera n'y changera quoi que ce soit", conclut-il.

Une tortue sacrée embaumée pour l'éternité au Vietnam

Une tortue sacrée embaumée pour l'éternité au Vietnam
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:35 0:00

Réaction d'un législateur australien après une attaque à l'oeuf

Réaction d'un législateur australien après une attaque à l'oeuf
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:11 0:00

"Ne laisser personne de côté "

"Ne laisser personne de côté "
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:28 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG