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A la frontière turque, la peur de critiquer l'offensive en Syrie

Des membres de la défense civile syrienne, connus sous le nom de Casques blancs, retirent une victime des décombres d'un bâtiment détruit suite à une attaque aérienne à Idlib, Syrie, 15 mars 2017

En première ligne de l'offensive déclenchée par Ankara en Syrie cette semaine, des habitants des villes turques frontalières n'ont qu'un souhait : le retour au calme. Mais beaucoup, comme à Suruç, ont peur d'exprimer la moindre critique.

Cette ville, qui fait face à Kobané, sa "jumelle" syrienne, était plongée dans le deuil samedi, au lendemain de tirs d'obus à partir de la Syrie qui ont coûté la vie à trois de ses habitants.

Parmi eux, Halil Yagmur, un élu de quartier et père de 10 enfants. A ses funérailles, plusieurs dizaines de personnes sanglotent le visage entre les mains. "Papa !", s'exclame une femme quand le corps est enlevé.

Dans sa prière pour le défunt, l'imam s'efforce de rassurer et de réconforter : "Nous sommes unis, nous ne serons jamais divisés", exhorte-t-il.

Mais parmi les habitants assistant à la cérémonie, la tension est palpable, accentuée par la présence de militaires et de policiers en civil.

Yagmur a été tué vendredi avec deux autres personnes à Suruç par des projectiles tirés des zones contrôlées en Syrie par la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG).

La Turquie effectue depuis mercredi une opération militaire contre ce groupe soutenu par les pays occidentaux mais qu'elle qualifie de "terroriste" pour ses liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation qui livre une sanglante guérilla sur le sol turc depuis 1984.

L'opération est bruyamment acclamée par des célébrités et la majorité des responsables politiques, ainsi que par une large partie de la population, épuisée par des décennies de guérilla kurde.

- "Encore des guerres !" -

Mais pour la plupart de ceux qui s'y opposent, le silence est de rigueur : le gouvernement réprime en effet sans merci ceux qui émettent des critiques.

Depuis mercredi, 121 personnes accusées d'avoir fait de la "propagande terroriste" contre l'opération sur les réseaux sociaux ont été arrêtées en Turquie.

La situation est d'autant plus tendue dans les villes frontalières que certaines d'entre elles ont une forte population kurde.

"On a peur de critiquer l'opération", déclare à l'AFP un habitant de Suruç, demandant l'anonymat de peur de représailles.

"Si vous étiez à notre place, vous auriez peur, vous aussi", dit-il, ajoutant dans un murmure qu'il aurait préféré qu'il n'y ait pas eu d'opération militaire.

Un autre habitant d'une cinquantaine d'années, qui demande lui aussi à ne pas être nommé, se dit "contre tout type d'opérations militaires".

Interrogé à ce sujet, son ami refuse de répondre.

"Nous voulons la paix", déclare Sarya Dogan, une femme présente aux funérailles samedi, épuisée par des années de violences, sur fond de reprise du conflit kurde en 2015.

"Des guerres, encore des guerres ! Nous sommes tous frères et soeurs !", ajoute-t-elle.

- "Maudit PKK" -

Pour ceux qui soutiennent l'offensive déclenchée par le président Recep Tayyip Erdogan, nul besoin de se cacher.

A chaque convoi qui traverse une ville en direction de la frontière, des foules poussent des cris de joie en agitant des drapeaux turcs.

"Que Dieu aide notre pays !", lance Selami Arslan, agriculteur de son état. "Nous ne voulons pas que d'autres musulmans meurent", dit-il pour expliquer son soutien à l'opération.

Depuis mercredi, les tirs de mortier des forces kurdes contre les villes frontalières turques comme Suruç, Nusaybin, Akçakale et Ceylanpinar ont fait 18 morts parmi les civils et échauffé les esprits.

"Les martyrs sont immortels, notre patrie est indivisible !", "Maudit soit le PKK !", a ainsi scandé la foule qui a assisté vendredi aux funérailles d'un bébé de neuf mois tué par un obus à Akçakale.

Si plusieurs centaines de familles ont quitté les villes frontalières depuis mercredi, beaucoup sont restés ou sont même venus de villes voisines pour afficher leur soutien ou observer les colonnes de fumée qui s'élèvent après les bombardements turcs.

"Nous sommes ici pour soutenir nos soldats, notre gouvernement et notre peuple", dit Bub Aslanli, un agriculteur de Ceylanpinar. "Nous prions pour eux".

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Trois Palestiniens tués par les forces israéliennes en Cisjordanie

Des échanges de tirs entre Palestiniens et forces israéliennes ont eu lieu lors du raid alors qu'une dizaine de véhicules de l'armée ont bloqué la circulation dans la ville.

Trois Palestiniens, dont un haut commandant du mouvement Fatah, ont été tués et des dizaines blessés lors d'un raid mardi de l'armée israélienne à Naplouse en Cisjordanie occupée, deux jours après la fin d'une opération israélienne meurtrière dans la bande de Gaza.

Selon le ministère palestinien de la Santé, trois Palestiniens ont été tués lors de l'opération dans la vieille ville de Naplouse, au cours de laquelle des tirs ont été échangés entre activistes palestiniens et forces israéliennes.

L'armée israélienne a elle fait état de deux morts palestiniens: Ibrahim al-Nabulsi, un haut responsable des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, branche armée du mouvement Fatah du président Mahmoud Abbas, et un autre combattant.

Le chef de l'armée israélienne en visite au royaume chérifien
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Le corps d'Ibrahim al-Nabulsi a été transporté par une dizaine d'hommes armés à l'hôpital Rafidia de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967 par Israël, où des centaines de Palestiniens se sont rassemblés.

"Notre réponse sera à la hauteur du crime", a affirmé dans un communiqué la branche armée du Fatah, en confirmant le décès de Nabulsi.

Le ministère palestinien de la Santé a identifié les deux autres morts comme étant Islam Sabbouh, 25 ans, et Hussein Taha, 16 ans.

"L'armée était dans la vieille ville, mon fils s'est rendu au marché juste avant moi et mes proches (...) il y a une fusillade et quatre d'entre nous ont en outre été blessés", a déclaré à l'AFP Jamal Taha, le père de l'adolescent tué.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, 69 Palestiniens ont été blessés par balle, dont au moins quatre sont dans un état critique, lors de heurts liés à l'opération israélienne.

Tir de roquette

Les services de sécurité israéliens (police, armée et renseignement intérieur) ont indiqué avoir mené un raid, en utilisant une roquette, contre une résidence où logeait Ibrahim al-Nabulsi, soupçonné par Israël d'être impliqué dans une série d'attaques anti-israéliennes.

"Puis, des heurts violents ont éclaté avec des émeutiers qui ont lancé des pierres et des explosifs en direction des forces (israéliennes) qui ont répliqué en ouvrant le feu (...) Nos forces ont quitté la ville et il n'y a aucun blessé dans nos rangs", a précisé l'armée indiquant avoir mené quatre arrestations en Cisjordanie.

Un photographe de l'AFP sur place a fait état d'intenses combats dans la vieille ville de Naplouse.

Le raid à Naplouse est survenu deux jours après la fin d'une opération militaire meurtrière israélienne lancée contre le mouvement palestinien armé Jihad islamique, implanté dans la bande de Gaza.

Selon un bilan du Hamas au pouvoir à Gaza, 46 Palestiniens ont été tués dont de nombreux enfants et plusieurs centaines ont été blessés en trois jours de bombardements israéliens. Les raids ont provoqué en outre d'importantes destructions.

"Considérations politiques"

Deux principaux chefs militaires du Jihad islamique à Gaza, Khaled Mansour et Tayssir Al-Jabari, ont été tués dans les frappes israéliennes. La branche militaire du Jihad islamique a confirmé la mort de 12 de ses combattants dans l'opération.

En riposte aux bombardements lors de l'opération israélienne présentée comme préventive contre le Jihad islamique, celui-ci a tiré un millier de roquettes en direction d'Israël, la grande majorité ayant été interceptées selon l'armée. Les tirs de roquettes depuis Gaza ont fait trois blessés en Israël, selon les secours locaux.

Une trêve entre le Jihad Islamique et Israël, favorisée par l'Egypte, est entrée en vigueur dimanche soir, ce qui a permis lundi la réouverture des passages entre l'Etat hébreu et la bande de Gaza, une enclave sous blocus israélien depuis plus de 15 ans.

Lundi, le Premier ministre israélien Yaïr Lapid a affirmé que l'opération à Gaza avait "porté un coup dévastateur à l'ennemi" et fait part par téléphone au président égyptien Abdel Fattah al-Sissi de son "appréciation" pour la médiation de son pays. Israël considère le Hamas et le Jihad islamique comme des "groupes terroristes".

"Le gouvernement israélien n'est pas intéressé par le calme et la stabilité, il exploite et tue des Palestiniens pour des considérations de politique interne", à l'approche des élections législatives anticipées du 1er novembre en Israël, a accusé mardi Nabil Abou Roudeina, le porte-parole de M. Abbas.

Trêve entre Israéliens et Palestiniens après des jours des combats mortels

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La centrale électrique de Gaza pourrait fermer suite au blocus israélien

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Nucléaire iranien: reprise des pourparlers en Autriche

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Céréales ukrainiennes: le navire Razion a quitté Istanbul pour le Liban

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Le Razoni, le navire transportant la première cargaison de céréales exportée d'Ukraine depuis le début de la guerre a été inspecté ce mercredi par une équipe composée de représentants de la Russie, de l'Ukraine, de la Turquie et de l'ONU. Il poursuit son voyage vers le Liban, sa destination finale.

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