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A Cuba, la dissidence craint plus de répression après Fidel Castro

Une "Dame en Blanc" arrêtée par les forces de la sécurité d'Etat, La Havane, Cuba, le 10 décembre 2014.

Alors qu'à Miami, en Floride, les exilés cubains fêtent la mort de Fidel Castro, à La Havane les dissidents s'abstiennent de toute activité. Enfermés chez eux, ils s'attendent à un renforcement de la répression.

A Cuba, aucun dissident n'est descendu dans la rue, pour ne pas paraître perturber le deuil national de neuf jours décrété après la disparition du "père de la Révolution", décédé vendredi à l'âge de 90 ans. Mais ils se sont réjouis en privé de sa disparition.

Et "nous ne nous réjouissons pas de la mort d'un homme, d'un être humain, ce dont nous nous réjouissons, c'est la mort des dictateurs", précise Berta Soler, 53 ans, qui dirige l'organisation des Dames en Blanc.

Pendant 48 ans de pouvoir, Fidel Castro a traité la dissidence d'une main de fer. Rien qu'en 2003, il a ordonné l'arrestation de 75 d'entre eux, qui ont été condamnés à de lourdes peines de prison.

Leurs épouses et leurs mères ont alors formé le groupe des Dames en Blanc pour réclamer leur libération. Elles l'ont finalement obtenue grâce à une médiation de l'Eglise catholique auprès de Raul Castro, le frère de Fidel, auquel le "Comandante", affaibli par un grave problème de santé, a transmis le pouvoir en 2006.

L'organisation, qui compte quelque 150 activistes, poursuit ses marches dominicales pour protester contre le pouvoir communiste. La sécurité d'Etat les place alors en détention pour plusieurs heures, quand elle ne les empêche pas préventivement de sortir de leur domicile, racontent-elles.

Mais ce dimanche a fait exception. "Nous nous sommes mises d'accord pour ne pas descendre dans les rues aujourd'hui dimanche, pas parce que nous sommes en deuil, mais par respect pour tous ceux qui éprouvent de la peine pour la disparition de Fidel", déclare Berta Soler.

L'activiste se trouvait à Miami vendredi soir lorsque la mort de Fidel Castro a été annoncée. Elle a pris l'avion pour La Havane le lendemain.

"Oui, nous nous réjouissons de la mort d'une personne qui a causé tant de mal et de souffrance au peuple cubain", confie son époux Angel Moya, âgé de 52 ans, qui a passé près de huit années en prison.

'La répression va empirer'

Marta Beatriz Roque, 71 ans, était la seule femme du groupe des 75 personnes arrêtées en 2003. Elle aussi s'est abstenue de fêter l'événement.

"Je ne me réjouis de la mort de personne, pas même de la mort du diable", déclare-t-elle dans une interview à l'AFP à son domicile de La Havane. Mais, comme Berta Soler, elle comprend et justifie l'explosion de joie des exilés cubains de Floride. "Les gens qui sont à Miami sont des gens qui ont beaucoup souffert", souligne-t-elle.

José Daniel Ferrer, autre membre du groupe des 75, dirige à Santiago de Cuba, dans le sud-est de l'île, l'Union patriotique de Cuba (Unpacu), l'autre organisation visible de la dissidence. Lui aussi a décidé de suspendre les actions de protestation après la mort de Castro.

"Nous allons rester tranquilles, bien qu'il soit le principal responsable de la misère et de l'absence de droits politiques" dans le pays, a-t-il déclaré par téléphone.

Outre la volonté de ne pas être accusée de troubler le deuil national, l'opposition a une crainte commune: le déclenchement d'une vague d'intimidation maintenant que Fidel n'est plus là et que son frère Raul va avoir besoin de consolider sa position.

La répression "va continuer, elle va empirer, elle va s'accroître, étant donné que le soutien de Raul Castro, c'était Fidel", estime Berta Soler.

José Daniel Ferrer est du même avis. "Dans l'immédiat, je m'attends à davantage de répression".

Obama critiqué, Trump attendu

Une partie de la dissidence ne cache pas son ressentiment envers le président sortant américain Barack Obama, qui a rétabli les relations avec La Havane et opéré un rapprochement historique entre les Etats-Unis et Cuba.

Berta Soler lui reproche ainsi d'avoir ignoré la répression menée contre la dissidence et de "renforcer le régime cubain" et non la société civile comme il avait promis de le faire.

Mais l'opposition voit favorablement l'arrivée prochaine à la Maison Blanche du républicain Donald Trump.

"Nous avons de l'espoir dans cette nouvelle administration américaine, ne serait-ce que parce que le gouvernement cubain sera désormais condamné avec énergie pour ses violations répétées des droits de l'Homme", déclare Angel Moya.

Samedi, alors que M. Obama relevait que "l'Histoire jugera de l'impact énorme" de Fidel Castro, M. Trump dénonçait "un dictateur brutal qui a opprimé son peuple".

Avec AFP

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La Suisse invente le service militaire à domicile

Des réservistes de l'armée suisse déployés pour soutenir les hôpitaux publics dans la lutte contre le COVID-19 à Biere, en Suisse, le 27 mai 2020.

Pour diminuer le risque de propagation du Covid-19 dans ses casernes, l'armée suisse a décidé que plusieurs milliers de ses recrues commenceraient leur service militaire à la maison.

"C'est assez nouveau", concède Daniel Reist, le porte-parole de l'armée suisse, interrogé par l'AFP, mais en ces temps de pandémie, "c'est la solution idéale qui s'est imposée".

Considérée comme un pilier de la nation, l'armée suisse est organisée comme une milice: encadrés par quelques milliers de professionnels, les conscrits doivent effectuer un service militaire de quatre mois minimum avant d'être appelés tous les ans à participer à des sessions de trois semaines d'entraînement.

Cette année, quelque 15.000 jeunes Suisses et Suissesses devaient effectuer leur service militaire, appelé aussi "école de recrue".

Mais en cas d'arrivée massive parmi ces jeunes de contaminés du Covid, l'armée craignait de ne pas avoir la capacité de les prendre en charge.

L’entrée physique dans l'école de recrues est donc "échelonnée afin de s'assurer que toute recrue dont le test est positif au Covid-19 soit prise en charge de manière optimale et que des mesures d'isolement et de quarantaine appropriées puissent être mises en œuvre", explique le département fédéral de la Défense dans un communiqué.

Un premier groupe, comprenant notamment des "recrues sanitaires" dont la mobilisation est considérée comme plus urgente pour éventuellement épauler les troupes déjà mobilisées auprès des personnels civils dans les hôpitaux suisses, va bien entrer en caserne dès lundi.

"Téléservice militaire"

Mais pour quelque 5.000 des 15.000 recrues de cette année, le réveil au son du clairon ou les séances de garde-à-vous sur la place d'armes attendront.

Elles commenceront leur formation depuis chez elles pendant trois semaines avant de pouvoir à leur tour rejoindre la caserne. Une sorte de "téléservice militaire", comme l'a appelé le quotidien lausannois Le Temps dans un article ironiquement titré "L'avènement du militaire de canapé".

"Ils ont tous reçu cette semaine le programme d'enseignement, ce sont des modules (...) qu'ils doivent faire à la maison, c'est un travail théorique, à l'écran", explique M. Reist.

Fonctionnement de leur arme de service, enseignement sur les armes bactériologiques et chimiques, règlements militaires, protection sanitaire: les recrues devront potasser avant d'enfiler l'uniforme pour de vrai.

"Nous leur laissons le choix de quand ils veulent faire leurs leçons", souligne M. Reist. "Nous partons du principe que quelqu'un qui fait les leçons sérieusement a besoin de six heures de télétravail par jour".

Via une application spécifique, "quatre heures d'entraînement sportif par semaine" sont également prévues.

A noter que ces trois semaines seront considérées comme "entièrement imputées en tant que jours de service" et donc rémunérées dans le cadre de la solde que reçoit chaque recrue pendant son école.

"Jouer aux policiers"

L'innovation en amuse certains - "à quand la guerre depuis son canapé", plaisante un internaute réagissant à un article sur le sujet sur le site du Matin.fr.

D'autres trouvent l'idée un peu légère, comme Stefan Holenstein, président de la Société suisse des officiers, cité dans Le Temps: "Je conçois qu’il faille actuellement faire des concessions non conventionnelles mais je suis quand même sceptique. Le service militaire a un caractère pratique et social qui ne peut être remplacé par de l’e-learning".

Le militaire s'inquiète également du manque de contrôle exercé sur les activités de "téléservice militaire".

"Nous ne pouvons pas jouer aux policiers chez 5.000 jeunes personnes", admet M. Reist "mais c'est clair qu'il y a certaines règles" et le "système remarque si quelqu'un n'est jamais dessus".

Les futurs cadres de ces recrues, chefs de section et de compagnie vont prendre contact avec elles et une "hotline" est là pour les aider si nécessaire, assure encore le porte-parole de l'armée.

Enfin, à leur arrivée en caserne après trois semaines d'armée à la maison, elles seront soumises à des tests de connaissances.

"Ceux qui ne réussissent pas n'auront plus tellement de permissions de sorties", prévient M. Reist.

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Foot: Netflix annonce la sortie en février d'un nouveau documentaire sur Pelé

L'attaquant brésilien Pelé, vêtu de son maillot Santos, sourit avant de disputer un match de football amical avec son club contre le club français du "Racing", le 13 juin 1961 à Colombes en France.

Pelé et Netflix ont annoncé jeudi la diffusion en février d'un nouveau documentaire évoquant le parcours du joueur brésilien, de révélation du Mondial-1958 à "héros national pendant une période radicale et turbulente de l'histoire du Brésil".

Ce film sera disponible sur la célèbre plate-forme de contenus vidéo à partir du 23 février prochain. "Je vais bientôt avoir l'opportunité de revivre mes souvenirs. J'ai hâte de regarder ce film", a indiqué Pelé sur les réseaux sociaux, en portugais et en anglais.

Ce film est constitué notamment "de certaines images d'archives rares et de témoignages d'anciens coéquipiers de Pelé au FC Santos et au sein de la Seleçao, en plus de déclarations inédites de proches, de journalistes, d'artistes et d'autres personnalités de cette époque", selon un communiqué de Netflix.

Ses réalisateurs David Tryhorn et Ben Nicholas avaient produit récemment un autre documentaire intitulé "Tout ou rien: la sélection brésilienne" relatant la conquête de la Copa América par la Seleçao en 2019.

Pelé reste à ce jour le seul footballeur à avoir soulevé trois Coupes du monde (Suède-1958, Chili-1962, Mexique-1970). Cette dernière avait été conquise pendant la longue période de dictature militaire au Brésil (1964-1985).

En 2000, il a été nommé joueur du 20e siècle par des experts de la Fifa alors que le public, dans un autre vote, a choisi l'Argentin Diego Maradona.

"J'espère qu'un jour on pourra jouer ensemble au football au ciel", avait réagi le Roi Pelé après le décès du Pibe de Oro en novembre dernier.

Le "conseil d'administration" du gang notoire MS-13 inculpé pour "terrorisme" à New York

Des membres du gang Mara Salvatrucha 13 (MS-13) sont présentés aux médias après avoir été arrêtés par la police lors d'une fête privée à San Salvador, El Salvador, le 10 août 2017.

Les procureurs fédéraux américains ont inculpé pour terrorisme des personnes qui, selon eux, constituent le "conseil d'administration" du célèbre gang criminel connu sous le nom de MS-13, a-t-on appris de source officielle jeudi.

Le MS-13, également connu sous son nom espagnol de Mara Salvatrucha, a été créé par des réfugiés du Salvador à Los Angeles dans les années 1980, mais s'est depuis répandu à travers les États-Unis. Même si le centre de gravité du groupe reste en Amérique centrale, on estime à 10 000 le nombre de ses membres aux États-Unis, où ils opèrent dans des unités appelées "programmes" et "cliques".

Selon le bureau du procureur du district Est de New York, il s’agit en tout de 14 chefs de gang. Ils sont accusés, entre autres chefs d’inculpation, de "conspiration visant à fournir un soutien matériel aux terroristes", "conspiration pour commettre des actes de terrorisme au-delà des frontières nationales" et "conspiration de narcoterrorisme", indique un communiqué.

Des membres du gang MS-13 attendent de monter dans un bus pour être transférés du pénitencier de Chalatenango, à Chalatenango, au Salvador, le 27 décembre 2019.
Des membres du gang MS-13 attendent de monter dans un bus pour être transférés du pénitencier de Chalatenango, à Chalatenango, au Salvador, le 27 décembre 2019.

L'un des accusés est Borromeo Enrique Henriquez, également connu sous le nom de Diablito de Hollywood. Les procureurs l'ont dépeint comme l'un des membres les plus importants du gang. L’ensemble de ces suspects constituent la Ranfla Nacional, qui est l'organe directeur du MS-13.

Onze des accusés sont déjà en prison au Salvador, mais trois d'entre eux sont toujours en cavale. Le ministère américain de la justice a déclaré qu'il étude les moyens d'extrader les personnes emprisonnées vers les États-Unis.

"Le MS-13 est responsable d'une vague de mort et de violence qui a terrorisé les communautés, laissant des quartiers de Long Island et du district Est de New York inondés de sang", a déclaré le procureur américain par intérim, Seth D. DuCharme, dans un communiqué. "Même lorsque ses membres étaient incarcérés, la Ranfla Nacional a continué à diriger les opérations mondiales du MS-13, à recruter de nouveaux membres, y compris des enfants et à orchestrer des meurtres, faisant des ravages dans le monde entier".

En juillet, plus d’une vingtaine de chefs et de membres présumés du gang ont été arrêtés lors de ratissages en Virginie, à New York et à Las Vegas.

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