Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Les Cubains prêts pour une vague d'hommages au père de la Révolution Fidel Castro

Des étudiants ont allumé des bougies autour d'une photographie de Fidel Castro, à La Havane, Cuba, le 26 novembre 2016.
Des étudiants ont allumé des bougies autour d'une photographie de Fidel Castro, à La Havane, Cuba, le 26 novembre 2016.

Epais silence dans les rues, rassemblements et spectacles annulés, drapeaux fixés sur de nombreuses devantures, les Cubains, une fois passée la commotion suscitée par l'annonce du décès de Fidel Castro, vivaient au ralenti après qu'un deuil national a été décrété jusqu'au 4 décembre.

Si la journée de dimanche s'annonçait plutôt calme à Cuba, aucune manifestation officielle n'étant prévue, la semaine prochaine sera en revanche ponctuée de plusieurs cérémonies d'hommage et d'une procession de quatre jours pour honorer le père de la Révolution cubaine, mort vendredi soir.

Point culminant de ces célébrations, les funérailles du "Comandante", personnage unique qui a forgé l'identité de cette île caribéenne et l'a fait entrer dans les livres d'Histoire, se dérouleront le dimanche 4 décembre à Santiago de Cuba, dans l'est, berceau de la Révolution.

En images : les événements marquants de la vie de Fidel Castro

L'ancien président sud-africain Nelson Mandela serre dans ses bras le président cubain Fidel Castro à Johannesburg, le 2 septembre 2011.
1/19 L'ancien président sud-africain Nelson Mandela serre dans ses bras le président cubain Fidel Castro à Johannesburg, le 2 septembre 2011.
Le pape François avec l'ancien président Fidel Castro à La Havane, Cuba, le 20 septembre 2015.
2/19 Le pape François avec l'ancien président Fidel Castro à La Havane, Cuba, le 20 septembre 2015.
Le président cubain Fidel Castro reçoit le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, au palais de la Révolution à La Havane, le 16 juillet 2002.
3/19 Le président cubain Fidel Castro reçoit le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, au palais de la Révolution à La Havane, le 16 juillet 2002.
Une composition de trois photos de Fidel Castro le montrant, de gauche à droite, en train de fumer un cigare à La Havane (Cuba, le 29 avril 1961); s'adressant aux médias lors d'une mission pour recueillir Elian Gonzales à Washington, (D.C. le 6 avril 2000); et à sa résidence à La Havane le 13 février 2016.
4/19 Une composition de trois photos de Fidel Castro le montrant, de gauche à droite, en train de fumer un cigare à La Havane (Cuba, le 29 avril 1961); s'adressant aux médias lors d'une mission pour recueillir Elian Gonzales à Washington, (D.C. le 6 avril 2000); et à sa résidence à La Havane le 13 février 2016.
L'ancien président des États-Unis Jimmy Carter et le président cubain Fidel Castro, écoutent l'hymne nationale de Cuba au stade de baseball à La Havane, le 14 mai 2002.
5/19 L'ancien président des États-Unis Jimmy Carter et le président cubain Fidel Castro, écoutent l'hymne nationale de Cuba au stade de baseball à La Havane, le 14 mai 2002.
Le président cubain Raul Castro annonce la mort de son frère, le révolutionnaire Fidel Castro, sur la télévision gouvernementale à La Havane, Cuba, 26 novembre 2016.
6/19 Le président cubain Raul Castro annonce la mort de son frère, le révolutionnaire Fidel Castro, sur la télévision gouvernementale à La Havane, Cuba, 26 novembre 2016.
Fidel Castro exhale la fumée du cigare lors d'une entrevue à son palais présidentiel à La Havane, en mars 1985. Castro, un avocat de La Havane qui a combattu pour les pauvres, a renversé le gouvernement du dictateur Fulgencio Batista le 1er janvier 1959.
7/19 Fidel Castro exhale la fumée du cigare lors d'une entrevue à son palais présidentiel à La Havane, en mars 1985. Castro, un avocat de La Havane qui a combattu pour les pauvres, a renversé le gouvernement du dictateur Fulgencio Batista le 1er janvier 1959.
Le leader cubain Fidel Castro, à gauche, et son homologue et allié soviétique Nikita Khrouchtchev s’embrassent au siège des Nations Unies, 20 septembre 1960.
8/19 Le leader cubain Fidel Castro, à gauche, et son homologue et allié soviétique Nikita Khrouchtchev s’embrassent au siège des Nations Unies, 20 septembre 1960.
Fidel Castro, alors Premier ministre, signe un décret nationalisant toutes les banques américaines à Cuba, le 17 septembre 1960.<br />
&nbsp;
9/19 Fidel Castro, alors Premier ministre, signe un décret nationalisant toutes les banques américaines à Cuba, le 17 septembre 1960.
 
Fidel Castro, président cubain, pointe du doigt lors de son long discours devant l&#39;Assemblée générale des États-Unis, à New York, 12 octobre 1979.<br />
&nbsp;
10/19 Fidel Castro, président cubain, pointe du doigt lors de son long discours devant l'Assemblée générale des États-Unis, à New York, 12 octobre 1979.
 
A man tries to catch locusts on a rooftop as they swarm over the Huthi rebel-held Yemeni capital Sana&#39;a.
11/19 A man tries to catch locusts on a rooftop as they swarm over the Huthi rebel-held Yemeni capital Sana'a.
Fidel Castro, à gauche, soulève la main de son frère, le président cubain Raul Castro, au centre, en chantant l&#39;hymne du socialisme international lors du 6ème Congrès du Parti communiste à La Havane, Cuba, 19 avril 2011.<br />
&nbsp;
12/19 Fidel Castro, à gauche, soulève la main de son frère, le président cubain Raul Castro, au centre, en chantant l'hymne du socialisme international lors du 6ème Congrès du Parti communiste à La Havane, Cuba, 19 avril 2011.
 
<span lang="FR" style="font-size:11.0pt;line-height:
107%;font-family:&quot;Calibri&quot;,&quot;sans-serif&quot;;mso-ascii-theme-font:minor-latin;
mso-fareast-font-family:Calibri;mso-fareast-theme-font:minor-latin;mso-hansi-theme-font:
minor-latin;mso-bidi-font-family:&quot;Times New Roman&quot;;mso-bidi-theme-font:minor-bidi;
mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:EN-US;mso-bidi-language:AR-SA">Des enfants portent des images de Fidel Castro et de Che Guevara lors d&rsquo;une caravane marquant le 56ème anniversaire du triomphe de Castro et son armée, à Regla, Cuba, le 8 janvier 2015. </span>
13/19 Des enfants portent des images de Fidel Castro et de Che Guevara lors d’une caravane marquant le 56ème anniversaire du triomphe de Castro et son armée, à Regla, Cuba, le 8 janvier 2015.
Une photo de l&#39;ancien président cubain Fidel Castro dans un bureau de poste à La Havane, le 11 décembre 2015.<br />
&nbsp;
14/19 Une photo de l'ancien président cubain Fidel Castro dans un bureau de poste à La Havane, le 11 décembre 2015.
 
Le dirigeant cubain Fidel Castro, au centre, discute avec une jeune fille lors d&#39;un gala pour son 90e anniversaire au Théâtre Karl Marx à La Havane, Cuba, le samedi 13 août 2016.
15/19 Le dirigeant cubain Fidel Castro, au centre, discute avec une jeune fille lors d'un gala pour son 90e anniversaire au Théâtre Karl Marx à La Havane, Cuba, le samedi 13 août 2016.
<span lang="FR" style="font-size:11.0pt;line-height:
107%;font-family:&quot;Calibri&quot;,&quot;sans-serif&quot;;mso-ascii-theme-font:minor-latin;
mso-fareast-font-family:Calibri;mso-fareast-theme-font:minor-latin;mso-hansi-theme-font:
minor-latin;mso-bidi-font-family:&quot;Times New Roman&quot;;mso-bidi-theme-font:minor-bidi;
mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:EN-US;mso-bidi-language:AR-SA">Le dirigeant cubain Fidel Castro, au centre, assiste à un gala organisé pour son 90e anniversaire, accompagné du président cubain Raul Castro, à gauche, et du président vénézuélien Nicolas Maduro, à droite, au théâtre Karl Marx à La Havane, Cuba, le 13 août 2016</span>
16/19 Le dirigeant cubain Fidel Castro, au centre, assiste à un gala organisé pour son 90e anniversaire, accompagné du président cubain Raul Castro, à gauche, et du président vénézuélien Nicolas Maduro, à droite, au théâtre Karl Marx à La Havane, Cuba, le 13 août 2016
Fidel Castro assis tient la main de son frère, le président cubain Raúl Castro, à droite, et du deuxième secrétaire du Comité central, José Ramón Machado Ventura, quelques instants avant le chant de l&#39;hymne du Parti communiste lors des cérémonies de clôture du 7e Congrès de la Parti communiste cubain, à La Havane, Cuba, le mardi 19 avril 2016.
17/19 Fidel Castro assis tient la main de son frère, le président cubain Raúl Castro, à droite, et du deuxième secrétaire du Comité central, José Ramón Machado Ventura, quelques instants avant le chant de l'hymne du Parti communiste lors des cérémonies de clôture du 7e Congrès de la Parti communiste cubain, à La Havane, Cuba, le mardi 19 avril 2016.
L&#39;ancien dirigeant cubain Fidel Castro, à droite, salue le président iranien Hassan Rouhani à La Havane, Cuba, le lundi 19 septembre 2016.
18/19 L'ancien dirigeant cubain Fidel Castro, à droite, salue le président iranien Hassan Rouhani à La Havane, Cuba, le lundi 19 septembre 2016.
Le président Fidel Castro rencontre les officiels iraniens à l'aéroport de Téhéran pour son premier voyage dans le pays pour augmenter la coopération de ces deux pays qui souffrent de l'embargo imposé par les États-Unis, le 7 mai 2001.
19/19 Le président Fidel Castro rencontre les officiels iraniens à l'aéroport de Téhéran pour son premier voyage dans le pays pour augmenter la coopération de ces deux pays qui souffrent de l'embargo imposé par les États-Unis, le 7 mai 2001.
Previous slide
Next slide

Auparavant, le transfert des cendres de Fidel Castro de La Havane à Santiago, une procession qui parcourra quelque 900 kilomètres de mercredi à samedi, devrait constituer un autre moment fort avec la probable mobilisation de millions de Cubains.

"C'est un grand leader, on aurait dû décréter 30 jours de deuil, vraiment", s'emportait toutefois le boucher Andy Lores dans le quartier populaire du Cerro, dans le sud de la capitale.

Dimanche, aux premières heures de la matinée, les rues étaient quasi désertes, même dans les zones les plus touristiques. De nombreux magasins et restaurants d'Etat ont apposé des drapeaux cubains sur leurs devantures.

Jean Emmanuel Pondi joint par John Lyndon
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:03:51 0:00

La première cérémonie de recueillement a été programmée pour lundi sur l'emblématique Place de la Révolution à La Havane, dont les accès sont barrés par la police depuis samedi.

"Ca ne va pas être grand, ça va être énorme, cela va être historique", prédit Carlos Manuel Obregon Rodriguez, un chauffeur de taxi de 43 ans qui se dit "Fidéliste".

Partout à Cuba, l'annonce de la mort du "Lider Maximo" à l'âge de 90 ans est accompagnée depuis deux jours par un épais silence, notamment à La Havane, d'ordinaire secouée par le tumulte de la musique omniprésente et des moteurs pétaradants.

De petits groupes se formaient discrètement ça et là dans les rues, notamment aux abords des universités. Dans la capitale, quelques centaines d'étudiants se sont notamment recueillis samedi soir pendant une veillée nocturne devant la Faculté où le Comandante avait fait ses premières armes en politique à la fin des années 1940.

Deuil national oblige, rassemblements et spectacles ont été annulés. Les incontournables matches de baseball ont été suspendus, les discothèques sont fermées, la vente d'alcool a été interdite et la plupart les restaurants ont réduit leurs heures d'ouverture. Une présence policière était visible tout en demeurant discrète à La Havane.

Les médias nationaux programmaient reportages, documentaires et débats à la gloire du "camarade Fidel".

La crémation tenue secrète

Parmi les 11,2 millions d'habitants de l'île, beaucoup ne dissimulaient pas leur peine face à la perte de ce géant du XXe siècle, qui a su tenir tête pendant près d'un demi-siècle à la superpuissance américaine.

Car même s'il a d'une main de fer fait taire toute opposition, emprisonnée ou exilée, et si la ferveur révolutionnaire a eu tendance à s'estomper, l'ex-président retiré du pouvoir depuis 10 ans demeurait très respecté et admiré sur l'île.

"J'aurais souhaité qu'il vive 30 ans de plus, mais bon, personne ne peut vaincre le destin", a notamment confié à l'AFP Guillermo Suarez, un maçon de La Havane.

Mais des Cubains exprimaient aussi le sentiment d'incertitude dans lequel les a plongés la mort du "Lider Maximo".

"Fidel était le protecteur de l'île, il s'occupait de tout", dit Indiana Valdes, une employée de banque, "on ne sait pas s'il y aura des changements".

"Est-ce que le socialisme survivra à Fidel ?", s'interroge cette femme, évoquant "toutes ces années" passées sous le règne des Castro. "Je ne sais pas", dit-elle en haussant les épaules.

Le "Lider Maximo" avait cédé le pouvoir à son frère Raul en 2006 après une hémorragie intestinale. Entre février 2014 et avril 2015, il avait totalement disparu des écrans cubains, ce qui nourrissait de nombreuses rumeurs sur son état de santé. Mais depuis un an et demi, même si ses déplacements restaient limités, il avait recommencé à recevoir chez lui personnalités et les dignitaires étrangers.

A l'ombre de son frère, Raul Castro a engagé ces dix dernières années un lent processus de réformes économiques destinées à sauver Cuba de la faillite avec une ouverture accrue à l'initiative privée et à l'investissement étranger.

"Le socialisme a survécu à la longue maladie de Fidel Castro et il continuera certainement après sa mort", juge Jorge Duany, directeur de l'institut de recherche cubaine à l'université internationale de Floride.

Cependant, cet expert estime que son décès "accélérera probablement les réformes économiques". Mais "il faudra sûrement attendre le retrait de la présidence de Raul, annoncé pour 2018, pour évaluer plus clairement s'il y aura des changements substantiels à la tête" de l'Etat, ajoute-t-il.

'Dictateur' ou 'figure historique' ?

Pour la deuxième nuit consécutive, des Cubains de Miami ont célébré dans leur quartier de "Little Havana" la mort de Fidel Castro, jusqu'à l'aube dimanche.

"Je ne me fatigue pas de faire la fête (...) parce que je pensais que ce moment n'arriverait jamais", dit une femme, Delsy, devant le Café Versailles, point de ralliement depuis des décennies des exilés cubains.

"Fidel, toi le tyran, emmène aussi ton frère", scandaient certains exilés dans une cacophonie de klaxons, tambours et chansons.

L'annonce de la mort de cette figure centrale de la Guerre froide a déclenché une pluie de réactions dans le monde entier.

Le président-élu des Etats-Unis Donald Trump a dénoncé un "dictateur brutal qui a opprimé son propre peuple", promettant de "tout" faire pour contribuer à la liberté du peuple cubain, et confirmant à demi-mot ses réserves sur le rapprochement entamé depuis fin 2014 entre les Etats-Unis et Cuba.

"L'histoire jugera de l'impact énorme" de Fidel Castro, avait auparavant déclaré le président américain Barack Obama, ajoutant : "Nous avons travaillé dur" pour tourner la page de la "discorde".

Le président russe Vladimir Poutine a quant à lui salué un "homme d'Etat émérite" et "un ami sincère et fiable de la Russie", tandis que le roi d'Espagne rendait hommage à une "figure d'une indiscutable importance historique".

Pour le chauffeur de taxi Carlos Manuel, "le plus important reste que (Fidel) est mort quand Dieu l'a voulu, et non quand l'ont voulu les contre-révolutionnaires" et les Cubains de Miami, accusés d'avoir commandité des centaines de tentatives d'assassinats contre le "Comandante".

Avec AFP

XS
SM
MD
LG