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Tchad : huit ans de travaux forcés pour les six membres de l’Arche de Zoé


L’affaire dite de « l’Arche de Zoé » a connu son dénouement mercredi, en fin de journée. La cour criminelle tchadienne, siégeant à N’Djaména, a condamné à huit ans de travaux forcés les six Français accusés d’avoir tenté d’emmener clandestinement, en France, une centaine d’enfants africains.

En plus de leur peine de prison, ces membres de l’association « Arche de Zoé » devront verser 40 millions de Francs CFA de dommages-intérêts pour chacun des 103 enfants concernés par cette affaire. Un réfugié soudanais ayant servi d’intermédiaire a écopé de quatre ans de prison, tout comme le maire de la ville de Tiné, d’où provenait la majorité des enfants. Deux autres Tchadiens ont été acquittés.

Abdou Lamian, un des avocats des membres de l’Arche de Zoé, se dit déçu par la sentence. Les prévenus avaient expliqué, tout au long du procès, que les enfants leur avaient été présentés comme des orphelins du Darfour, a-t-il souligné. Au quatrième jour du procès, le chef du groupe, Eric Breteau, avait exprimé son regret d’avoir séparé les enfants tchadiens de leurs parents.

Qualifiant la décision de la justice tchadienne de « ridicule », Me Mario Stasio, ancien bâtonnier du barreau de Paris et membre du comité de défense des six Français, a demandé : « Comment imaginer une décision où six personnes, qui ont des rôles et des responsabilités totalement différentes et qui le reconnaissent, les unes comme les autres, soient condamnées dans le même sac, du même montant ? » Selon un accord franco-tchadien de coopération judiciaire datant de 1976, les six Français pourraient être rapatriés pour purger leur peine dans leur pays.

« C’est une affaire qui est venue, un peu, paradoxalement, animer et empoisonner à la fois l’ambiance judiciaire tchadienne » a expliqué, de son côté, le premier substitut du procureur, Djimrabaye Boundar. Tout s’est bien terminé compte tenu des vives réactions suscitées par cette affaire au Tchad, a-t-il indiqué. M. Boundar a fait part de son scepticisme quant à la possibilité que les six Français purgent leur peine en France. « Je crains bien qu’ils soient graciés », a-t-il déclaré, en rappelant les propos du président français Nicolas Sarkozy selon lesquels il retournerait au Tchad chercher ses six compatriotes quel que soit ce qu’ils ont fait.

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