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Les Tunisiens aux urnes pour un référendum sur une nouvelle Constitution

Une femme montre son doigt taché d'encre devant un bureau de vote lors d'un référendum sur une nouvelle constitution à Tunis, en Tunisie, le 25 juillet 2022.

La nouvelle loi fondamentale instaure un régime ultra-présidentiel accordant de vastes pouvoirs au chef de l'Etat.

Les Tunisiens ont commencé à voter lundi lors d'un référendum imposé par le chef de l'Etat, Kais Saied, sur une nouvelle Constitution controversée qui renforce ses pouvoirs et pourrait faire rebasculer le pays vers un régime dictatorial similaire à l'avant 2011.

Le pays, confronté à de grandes difficultés économiques, aggravées par l'épidémie de Covid puis la guerre en Ukraine, est aussi plongée dans une profonde crise politique depuis que le président s'est emparé de tous les pouvoirs il y a un an, arguant de l'ingouvernabilité du pays.

Malgré un soleil déjà brûlant, ils étaient plus nombreux qu'escompté à patienter dans plusieurs bureaux de vote du centre de Tunis, selon les journalistes de l'AFP.

Selon l'autorité électorale Isie, plus de 6% des 9,3 millions d'électeurs avaient déjà voté à 8H30 GMT, trois heures et demi après l'ouverture, un chiffre "important et encourageant", a estimé son président Farouk Bouasker, rappelant la très faible affluence à la même heure aux dernières élections de 2019 (1,6%).

L'opposition tunisienne insiste sur le boycott du référendum sur la Constitution
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Mongia Aouanallah, une retraitée de 62 ans, attend du référendum qu'il lui "apporte une vie meilleure, pour que les enfants de nos enfants vivent mieux" car "tout est catastrophique". Ridha Nefzi, un travailleur journalier de 43 ans est "venu voter pour changer la situation du pays. Le pays est rentré dans le mur. Nous avons au moins le moyen de réparer. Maintenant commence une nouvelle page".

La participation est le principal enjeu du référendum pour lequel aucun quorum n'est requis et où le oui est donné favori, les grands partis d'opposition ayant appelé à boycotter le scrutin.

Les premiers résultats ne sont pas attendus avant mardi au mieux.

Après avoir voté à Tunis, le président a appelé les électeurs à approuver sa Constitution pour "établir une nouvelle République fondée sur la vraie liberté, la vraie justice et la dignité nationale".

Le chef du parti Ennahdha interrogé à Tunis par le pôle antiterrorisme
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La nouvelle loi fondamentale instaure un régime ultra-présidentiel accordant de vastes pouvoirs au chef de l'Etat, en rupture avec le système parlementaire en place depuis 2014, source de conflits entre le Parlement et le gouvernement.

Dans le nouveau texte, le président désigne le chef du gouvernement et les ministres et peut les révoquer à sa guise, sans nécessité d'obtenir la confiance du Parlement. Il entérine les lois et peut soumettre au Parlement des textes législatifs qui ont "la priorité". Une deuxième chambre devant représenter les régions sera établie pour contrebalancer l'Assemblée des représentants (députés) actuelle.

Sadok Belaïd, le juriste chargé par M. Saied d'élaborer la nouvelle Constitution, a désavoué le texte final, estimant qu'il pourrait "ouvrir la voie à un régime dictatorial".

L'opposition et de nombreuses ONG ont dénoncé un texte "taillé sur mesure" pour M. Saïed, l'absence de contrepouvoirs et le risque de dérive autoritaire d'un président n'ayant de comptes à rendre à personne.

"Correction de cap"

L'opposition, aussi bien le mouvement d'inspiration islamiste Ennahdha, bête noire de M. Saied que le Parti destourien libre d'Abir Moussi, ont appelé au boycott du scrutin, invoquant un "processus illégal" et sans concertation.

La puissante centrale syndicale UGTT, moins présente dans la vie politique qu'autrefois, n'a pas donné de consigne de vote.

Personnage insondable et complexe, le président Saied exerce le pouvoir de manière de plus en plus solitaire depuis un an.

Le président tunisien Kais Saied vote lors d'un référendum sur une nouvelle constitution, à Tunis, en Tunisie, le 25 juillet 2022.
Le président tunisien Kais Saied vote lors d'un référendum sur une nouvelle constitution, à Tunis, en Tunisie, le 25 juillet 2022.

Agé de 64 ans, M. Saied considère sa refonte de la Constitution comme le prolongement de la "correction de cap" engagée le 25 juillet 2021 quand, arguant de blocages politico-économiques, il a limogé son Premier ministre et gelé le Parlement avant de le dissoudre en mars, mettant en péril la seule démocratie issue du Printemps arabe.

Pour le chercheur Youssef Cherif, "le fait que les gens puissent encore s'exprimer librement, qu'ils puissent aller voter non (au référendum) sans aller en prison montre que nous ne sommes pas dans le schéma traditionnel de la dictature".

Mais la question pourrait se poser, selon lui, dans l'après-Saied, avec une Constitution qui "pourrait construire un régime autoritaire ressemblant aux régimes que la Tunisie a connus avant 2011", la dictature de Zine el Abidine Ben Ali et le régime autocratique du héros de l'indépendance Habib Bourguiba.

Au lendemain du vote, le principal défi du président restera la mauvaise situation économique avec une croissance poussive (autour de 3%), un chômage élevé (près de 40% chez les jeunes), une inflation galopante et l'augmentation du nombre de pauvres à 4 millions de personnes.

La Tunisie, au bord du défaut de paiement avec une dette supérieure à 100% du PIB, négocie un nouveau prêt avec le FMI qui a fait état de "progrès satisfaisants" vers un accord, mais exigera en retour des sacrifices, susceptibles de provoquer la colère de la rue.

Les Tunisiens aux urnes pour se prononcer sur une nouvelle Constitution
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La liberté de la presse en question en Tunisie

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La révolution tunisienne de 2011 a donné lieu à la presse la plus libre qu’ait connue le monde arabe. Mais aujourd'hui, nombreux sont ceux qui craignent que la liberté d’expression et les droits des médias ne s'érodent face à un régime de plus en plus autoritaire.

La nouvelle Constitution tunisienne adoptée à 94,6% des voix

Le président tunisien Kais Saied vote lors d'un référendum sur une nouvelle constitution, à Tunis, en Tunisie, le 25 juillet 2022.

La Constitution controversée proposée par le président tunisien Kais Saïed, auteur d'un coup de force il y a un an, a été adoptée à une large majorité de 94,6%, a confirmé mardi l'autorité électorale Isie sur la base de résultats définititfs.

La nouvelle loi fondamentale, qui renforcera nettement les prérogatives du chef de l'Etat, a été approuvée par un peu plus de 2,6 millions de personnes, a annoncé Farouk Bouasker, président de l'Isie devant la presse. Le taux de participation a été considéré comme très faible à 30,5%.

L'opposition qui dénonce depuis un an le coup de force du 25 juillet 2021 de M. Saied par lequel il s'est arrogé tous les pouvoirs, et les défenseurs des droits humains ont mis en garde contre un danger de retour de la dictature avec la nouvelle Constitution.

"La Constitution entre en vigueur à partir de l'annonce des résultats définitifs, de sa promulgation par le président et sa publication au journal officiel", a dit M. Bouasker.

La nouvelle constitution tunisienne entre en vigueur fin août
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Le rejet par le tribunal administratif de tous les recours contre le processus référendaire a "confirmé l'intégrité et la transparence de l'Isie", a ajouté M. Bouasker, estimant que son institution a "subi une vague sans précédent d'accusations de certains partis politiques et d'organisations de la société civile".

La nouvelle Constitution instaure un régime hyper-présidentiel en rupture avec celle en vigueur depuis 2014 qui limitait volontairement le rôle du chef de l'Etat pour éviter des régimes comme la dictature de Zine El Abidine Ben Ali et la dérive autocratique du héros de l'indépendance Habib Bourguiba.

Le nouveau texte ne prévoit pas de procédure de destitution du président, qui nomme le chef de gouvernement et les ministres et peut les révoquer à sa guise. Une deuxième chambre est créée au sein du Parlement pour représenter les régions et contrebalancer l'Assemblée du peuple.

Selon les politologues, ceux qui ont voté "oui" étaient motivés surtout par l'espoir d'une amélioration de leur situation économique.

Rached Ghannouchi, chef du parti tunisien Ennahda, a été relaxé
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Le pays est plongé dans une grave crise, caractérisée par une croissance faible (moins de 3%), un chômage élevé (près de 40% des jeunes) et une pauvreté accrue (4 millions de personnes).

Très endettée, la Tunisie négocie depuis des semaines un nouveau prêt avec le Fonds monétaire international (FMI), espérant obtenir 4 milliards de dollars et surtout un sésame pour d'autres aides étrangères, notamment européennes.

Des artisans tunisiens fabriquent des baskets éco-responsables

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En Tunisie, des jeunes prônent le dressing écoresponsable en rénovant des paires de baskets. Avec de la créativité, des coups de peintures et de la dextérité, ces jeunes donnent une seconde vie à des chaussures ou à des sacs à main.

La justice tunisienne réhabilite des magistrats limogés par le président Saied

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La nouvelle constitution tunisienne entre en vigueur fin août

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En Tunisie, la nouvelle constitution va entrer en vigueur à la fin du mois, renforçant les pouvoirs du président Kais Saied, même si moins de trois électeurs sur dix se sont prononcés lors du référendum de juillet.

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