Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Exploration spatiale

Cinquième vol de tourisme spatial réussi pour Blue Origin

De gauche à droite: Oliver Daemen, Mark Bezos, Jeff Bezos, fondateur d'Amazon et de la société de tourisme spatial Blue Origin, et Wally Funk, décrivent l'expérience après leur lancement depuis le port spatial près de Van Horn, au Texas, mardi 20 juillet 2021.

La fusée de Blue Origin, New Shepard, a emmené avec succès samedi six nouveaux touristes spatiaux dans l'espace, lors d'un vol de dix minutes marquant la cinquième mission habitée réussie pour l'entreprise de Jeff Bezos.

Le décollage a eu lieu à 8h26 heure locale (13h26 GMT), depuis l'ouest du Texas.

Après un vol de dix minutes, la capsule transportant les six passagers s'est doucement posée dans une vaste plaine aride et baignée de soleil.

Le vol comportait à bord la première femme née au Mexique à se rendre dans l'espace. Katya Echazarreta, née à Guadalajara, est arrivée aux Etats-Unis à l'âge de sept ans. Aujourd'hui âgée de 26 ans, elle est du même coup devenue la plus jeune Américaine à se rendre dans l'espace.

Cette ingénieure a été sponsorisée par le programme "Space for Humanity", qui vise à démocratiser l'accès à l'espace et l'a sélectionnée parmi 7.000 candidats.

L'équipage comprenait également le second Brésilien à se rendre dans l'espace, Victor Correa Hespanha, ainsi que les hommes d'affaires Hamish Harding, Jaison Robinson, Victor Vescovo et Evan Dick. Ce dernier avait déjà fait le voyage lors du troisième vol habité de New Shepard, en décembre dernier.

Le prix payé par les touristes spatiaux pour monter à bord n'est pas connu.

La capsule et ses passagers ont été propulsés par un lanceur, qui s'est détaché une fois sa mission remplie et est venu ré-atterrir sur une piste, pour pouvoir être réutilisé.

La capsule a elle continué sa trajectoire jusqu'à dépasser la ligne de Karman, à 100 km d'altitude, qui marque la frontière de l'espace selon la convention internationale.

Là-haut, les passagers ont pu expérimenter l'apesanteur quelques instants, et voir la courbure de la Terre à travers de grands hublots.

La capsule a ensuite entamé une chute libre pour retomber sur Terre, freinée notamment par trois immenses parachutes avant de toucher le sol en douceur.

Le vol devait à l'origine avoir lieu le 20 mai, mais avait été reporté "par pure précaution" après une anomalie détectée sur la fusée. La compagnie n'a pas fourni davantage de détails sur ce problème.

Jeff Bezos avait lui-même participé au premier vol habité de New Shepard en juillet 2021. Depuis, l'engin a également transporté l'acteur incarnant l'emblématique capitaine Kirk de la série Star Trek, William Shatner, ou encore Laura Shepard Churchley, la fille du premier Américain à être allé dans l'espace.

Le grand concurrent de Blue Origin pour ce type de vols suborbitaux est Virgin Galactic. Mais depuis juillet dernier et le vol de son fondateur, le Britannique Richard Branson, ce vaisseau est lui resté à terre pour subir des modifications.

Toutes les actualités

La première image du télescope James Webb dévoile le tout jeune Univers

La photo publiée par la Nasa.

Elle est enfin là: après des années d'attente, la première image du télescope James Webb a été dévoilée lundi aux yeux du monde, un somptueux cliché montrant des galaxies formées peu après le Big Bang, il y a plus de 13 milliards d'années.

Cette première image scientifique et en couleur de James Webb marque un jour "historique", a salué le président Joe Biden lors de cet événement tenu à la Maison Blanche, six mois après le lancement en orbite de ce télescope spatial, le plus puissant jamais conçu.

Cette photographie est "l'image infrarouge la plus profonde et la plus claire jamais prise de l'Univers lointain jusqu'ici", a déclaré la Nasa.

La lumière, après avoir parcouru un tel chemin, s'est étirée, passant du spectre visible à l'infrarouge -- une longueur d'onde invisible pour des yeux humains, mais pas pour ceux de James Webb.

Ce dernier a visé, pour ce cliché illustrant les temps lointains du cosmos, l'amas de galaxies SMACS 0723 qui, agissant comme une loupe, a également permis de faire apparaître des objets cosmiques très lointains situés derrière lui - un effet appelé lentille gravitationnelle.

L'image, qui fourmille de détails, a été prise en un temps d'observation de 12,5 heures. Elle montre ainsi des milliers de galaxies, au coeur desquelles certaines structures "n'ont jamais été vues auparavant", selon la Nasa. Le travail de recherche débute donc tout juste. "Les chercheurs vont bientôt commencer à en apprendre plus sur les masses, âges, histoires et compositions" de ces galaxies, a ajouté l'agence spatiale.

Bijou d'ingénierie d'une valeur de 10 milliards de dollars, l'une des missions principales de James Webb est l'exploration des premiers âges de l'Univers. En astronomie, voir loin équivaut à remonter le temps, la lumière observée ayant voyagé durant des milliards d'années avant de nous parvenir.

"Une nouvelle ère a commencé pour l'astronomie", a commenté auprès de l'AFP Jonathan Lunine, astronome à l'université Cornell, qualifiant l'image de "fantastique".

"Même si ce n'est en aucun cas le plus loin que Webb puisse voir, (...) cela montre la puissance de ce remarquable télescope: une sensibilité énorme, une vaste gamme de longueurs d'ondes, et une vive clarté d'image", a-t-il ajouté.

Suite des images mardi

Bien que les noms des cinq premières cibles cosmiques de James Webb aient été annoncés dès la semaine dernière, les images avaient elles été jusqu'ici jalousement gardées secrètes, afin de créer le suspense.

Les images suivantes de cette véritable pochette-surprise seront révélées lors d'un événement en ligne de la Nasa mardi matin. Elles doivent à la fois impressionner le grand public par leur beauté, mais aussi démontrer aux astronomes du monde entier toute la puissance des quatre instruments scientifiques embarqués.

Les experts vont pouvoir commencer à interpréter des données collectées à l'aide de logiciels dédiés, donnant le top départ d'une grande aventure scientifique.

Deux photos de nébuleuses -de très photogéniques et gigantesques nuages de gaz et de poussières où se forment les étoiles- sont au programme pour mardi: la nébuleuse de la Carène, et celle de l'anneau austral.

Autre cible, le Quintette de Stephan, groupement de galaxies en interaction entre elles.

Autres mondes

La première spectroscopie du télescope James Webb doit également être rendue publique mardi. Il ne s'agit pas là d'une image à proprement parler, mais d'une technique utilisée pour déterminer la composition chimique d'un objet lointain. En l'occurrence, WASP-96 b, une planète géante composée essentiellement de gaz et située en dehors de notre système solaire.

Les exoplanètes (des planètes en orbite autour d'une autre étoile que notre Soleil) sont l'un des axes de recherches principaux de James Webb. Environ 5.000 ont été découvertes depuis 1995, mais elles restent très mystérieuses.

Le but est d'étudier leur atmosphère afin de déterminer si certaines pourraient se révéler être des mondes propices au développement de la vie.

Grâce à ses observations dans l'infrarouge proche et moyen, James Webb pourra voir à travers des nuages de poussière impénétrables pour son prédécesseur, le mythique télescope spatial Hubble. Lancé en 1990 et toujours en fonctionnement, celui-ci a bien une petite capacité infrarouge mais opère surtout dans la lumière visible et les ultraviolets.

Autres grandes différences entre les deux télescopes: le miroir principal de James Webb est près de trois fois plus grand que celui de Hubble et il évolue bien plus loin: à 1,5 million de kilomètres de la Terre, contre 600 km pour Hubble.

La publication de ces premières images marque le début officiel du tout premier cycle d'observation scientifique du télescope.

Plusieurs centaines de projets d'observation, proposés par des chercheurs du monde entier, ont déjà été retenus par un comité de spécialistes pour cette première année de fonctionnement.

Le Congrès américain se penche sur les ovnis

Le Congrès américain se penche sur les ovnis
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:58 0:00

"Are we alone?" Sommes-nous seuls dans l’univers? Le Congrès américain s'intéresse à la question en tenant sa première audience en 50 ans sur le mystère des ovnis, ces fameux objets volants non identifiés.

Le Pentagone et les élus américains sur la piste des ovnis

Scott Bray, directeur adjoint du renseignement naval américain, lors d'une audition du Congrès sur les "phénomènes aériens non identifiés", au Capitole, mardi 17 mai 2022.

Le Congrès a tenu mardi sa première audition en un demi-siècle sur les objets volants non identifiés.

Deux hauts responsables du renseignement militaire américain ont comparu devant une sous-commission de la Chambre des représentants à Washington pour tenter de faire la lumière sur ce que le gouvernement appelle les "phénomènes aériens non identifiés".

C'est la première audition publique du Congrès sur les ovnis depuis plus de 50 ans. Elle intervient 11 mois après la publication d'un rapport faisant état de plus de 140 cas d’objets volant non identifiés que des pilotes militaires américains ont dit avoir observés depuis 2004.

"Nous savons que nos militaires ont rencontré des phénomènes aériens non identifiés, et... nous déployons des efforts pour déterminer leurs origines", a déclaré Ronald Moultrie, chef du renseignement militaire au Pentagone, accompagné de Scott Bray, directeur adjoint du renseignement naval.

Les elus voulaient s'imprégner des implications de ce qu'on appelle communément les ovnis sur la sécurité nationale des Etats-Unis.

Selon une "évaluation préliminaire" de neuf pages compilée par le bureau du directeur du renseignement national et un groupe de travail que le Pentagone a formé en 2020, ces objets aériens énigmatiques évoluaient à une vitesse et avec une manœuvrabilité qui dépassent la technologie aéronautique connue jusqu'ici.

Les analystes qui ont rédigé l'évaluation ne sont pas parvenus à une conclusion quelconque sur l'origine des 144 observations notées dans le document.

La piste d'une origine extraterrestre n'a pas été exclue non plus lors des échanges avec la presse, même si le document lui-même évite toute référence explicite à ces possibilités.

Tournant

Le rapport a néanmoins marqué un tournant pour le gouvernement américain, après des décennies passées à discréditer les observations d'objets volants non identifiés et de "soucoupes volantes" remontant aux années 1940.

La séance de mardi constitue la première audition publique du Congrès sur le sujet depuis que l'armée de l'air américaine a mis fin, en 1969, à un programme peu concluant, connu sous le nom de code "Project Blue Book".

Au cours de ses 17 années d'existence, Project Blue Book a compilé une liste de 12 618 observations d'ovnis au total, dont 701 concernaient des objets qui sont officiellement restés "non identifiés".

Des astronomes révèlent une image du trou noir au centre de notre galaxie, Sagittarius A*

Première image de Sagittarius A*, trou noir supermassif au centre de la Voie lactée, prise par le réseau de télescopes Event Horizon (EHT). La vue capture la lumière courbée par la puissante gravité du trou noir, qui est quatre millions de fois plus massif que notre Soleil.

Une équipe d'astronomes internationale a dévoilé la première image du trou noir supermassif au coeur de la Voie lactée, Sagittarius A*, trois ans après la première photo d'un trou noir dans la lointaine et gigantesque galaxie M87.

L'existence de Sagittarius A* a été détectée en 1974 grâce à une source radio inhabituelle au coeur de notre galaxie. Ce trou noir a une masse d'environ quatre millions de soleils et se trouve à 27.000 années lumière de la Terre.

Des chiffres pouvant paraître impressionnants mais qui sont toutefois bien en deçà des caractéristiques de M87*, observé en 2019, de six milliards de masses solaire dans la galaxie Messier 87, à 55 millions d'années lumière de la Terre.

En comparaison, notre trou noir supermassif paraît tout petit.

"Ce résultat fournit des preuves que l'objet est en effet un trou noir et donne des indices précieux sur le fonctionnement de ces géants, dont on pense qu'ils résident au centre de la plupart des galaxies", a annoncé le Event Horizon Telescope (EHT), réseau scientifique mondial qui combine les observations de huit radiotélescopes.

Une tâche qui n'est cependant pas des plus aisées, car il faut un ciel limpide et des conditions atmosphériques quasiment identiques en tout lieu du réseau au même moment, à la nanoseconde près, pour parvenir à un résultat optimal.

Une fois ces conditions réunies, ces observatoires radio-astronomiques reliés entre eux peuvent ensemble produire le résultat d'un télescope virtuel qui ferait 10.000 kilomètres de diamètre... autrement dit, de la taille de la Terre!

Illustration conceptuelle d'un artiste de la NASA montrant un trou noir supermassif.
Illustration conceptuelle d'un artiste de la NASA montrant un trou noir supermassif.

L'étape de la comparaison

L'image du trou noir Sagittarius A* a été présentée ce jeudi 12 mai lors d'une conférence de presse à Garching en Allemagne, par le directeur du projet EHT, Huib Jan Van Langevelde.

Il est impossible de voir un trou noir, mais le gaz incandescent qui l'entoure révèle une région centrale sombre entourée d'une structure brillante en forme d'anneau, une zone que les astronomes appellent l'horizon des événements. La prise de vue "capture la lumière courbée par la puissante gravité du trou noir", explique le EHT.

Geoffrey Bower de l'Institut d'astronomie et d'astrophysique Academia Sinica à Taipei, avoue avoir été stupéfait "de voir à quel point la taille de l'anneau correspond aux prédictions de la théorie de la relativité générale d'Einstein".

Les résultats de l'équipe EHT, publiés par The Astrophysical Journal Letters, montrent clairement que les seuls deux trous noirs photographiés jusqu'ici, Sagittarius A* et M87*, se ressemblent remarquablement, malgré leur grande différence de masse.

Vue d'artiste du système Cygnus X-1, avec un trou noir de masse stellaire en orbite autour d'une étoile à 7 200 années-lumière de la Terre.
Vue d'artiste du système Cygnus X-1, avec un trou noir de masse stellaire en orbite autour d'une étoile à 7 200 années-lumière de la Terre.

L'art de figer le mouvement

Chose étonnante mais compréhensible, la prise de vue a été nettement plus difficile pour Sagittarius A* que pour M87*, qui est pourtant beaucoup plus éloigné de la Terre.

Chi-kwan Chan du Data Science Institute de l'Université d'Arizona explique que "le gaz à proximité des trous noirs se déplace à la même vitesse -presque aussi rapidement que la lumière- autour de Sagittarius A* et M87*.

S'il peut mettre des semaines à orbiter autour du plus gros trou noir, M87*, il complète une orbite en quelques minutes seulement autour du plus petit, Sagittarius A*. En somme, le déplacement rapide du gaz explique la difficulté d'observation.

Les chercheurs ont dû ainsi développer de nouveaux outils sophistiqués qui rendent compte du mouvement du gaz, précise l'EHT, soulignant que M87* était une cible plus facile car plus stable.

Par ailleurs, Sagittarius A*, de par son ancienneté, engloutit très peu de matière contrairement à M87*, qui est très actif, a expliqué lors de la conférence en Allemagne Sara Issaoun du Centre d'astrophysique de Harvard.

Rendu d'artiste d'un événement de perturbation des marées à 1,7 milliard d'années-lumière de la Terre. La libération d'énergie gravitationnelle, lorsque les débris de l'étoile sont accrétés par le trou noir, conduit à une éruption dans la lumière optique de la galaxie.
Rendu d'artiste d'un événement de perturbation des marées à 1,7 milliard d'années-lumière de la Terre. La libération d'énergie gravitationnelle, lorsque les débris de l'étoile sont accrétés par le trou noir, conduit à une éruption dans la lumière optique de la galaxie.

Les miracles de la collaboration

Un tel résultat a été possible grâce à cinq années de collaboration de plus de 300 chercheurs de 80 instituts du monde entier.

Les scientifiques de EHT ont commencé à utiliser les nouvelles données pour tester des théories sur le comportement du gaz autour des trous noirs supermassifs. Un processus qui joue probablement un rôle clé dans la formation et l'évolution des galaxies, selon les chercheurs.

Ce travail devrait surtout leur permettre d'avancer dans les tests de comportement de la gravité dans ces environnements extrêmes de l'Univers et d'observer les déformations de l'espace-temps.

L'expansion du réseau EHT continue, se réjouissent les astrophysiciens, soulignant que d'importantes mises à niveau technologiques sur le téléscope virtuel géant permettront "de partager des images encore plus impressionnantes ainsi que des films de trous noirs dans un avenir proche".

Voir plus

XS
SM
MD
LG