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Marché du gaz: l'Algérie tente de se positionner comme alternative à la Russie


Une vue de l'usine de traitement du gaz de Krechba, à environ 1200 km au sud d'Alger, le 14 décembre 2008.
Une vue de l'usine de traitement du gaz de Krechba, à environ 1200 km au sud d'Alger, le 14 décembre 2008.

L'Algérie se rêve en Europe en alternative à l’indispensable gaz russe, menacé d’embargo international. Mais la réalisation de cet objectif se heurte à bien des défis.

Réunions avec des officiels de l’Italie – dont elle est l’une des principales fournisseuses –, sorties de Tewfik Hakkar, patron de la Sonatrach (société nationale des hydrocarbures) dans la presse… Les autorités algériennes font montre, depuis quelques semaines, d’un activisme remarqué sur le marché international du gaz. Il faut dire que le contexte s’y prête.

La perspective d’un embargo international sur le gaz russe en raison de la guerre en Ukraine, corrélée à la flambée du prix de ladite ressource énergétique ouvre une brèche pour d’autres places fortes de ce combustible fossile.

L’Europe en particulier et les États-Unis, dans une moindre mesure, étant actuellement à une recherche pressante d’alternative à la Russie, deuxième productrice mondiale.

Nécessité d’un positionnement

C’est donc une occasion à saisir pour l’Algérie dont les revenus à l’exportation dépendent à 90% de la rente pétrogazière. D’autant que bien des producteurs sont aujourd’hui disposés à combler, plus ou moins, le déficit d’offre du fait des sanctions contre la Russie qui voit ses opportunités de ventes fortement endommagées.

Rien qu’en Afrique, le Nigeria, l’Égypte voire la Libye se posent ainsi en concurrents d’Alger, dixième producteur mondial, dans cette reconfiguration internationale annoncée du marché du gaz.

La bataille vient à point nommé, au regard des efforts récemment consentis par le pays d’Afrique du Nord en vue d’une meilleure exploitation de son potentiel gazier.

La Sonatrach a en effet projeté, début janvier 2022, 40 milliards de dollars d’investissements dans le secteur d’ici 2026, dont 8 milliards de dollars prévus cette année. Une initiative encouragée par l’embellie de la filière hydrocarbure du pays en 2021, avec une hausse de 75% des recettes à l’exportation.

Moyens limités

Il en faudra pourtant davantage pour que l’Algérie puisse véritablement se poser en fournisseur privilégié de l’Europe tel que l’a laissé entendre le PDG de la Sonatrach dans la presse locale, le 27 février dernier.

Les 11% de la production de gaz du pays destinée au vieux continent auront du mal à croître significativement en l’état actuel des choses, selon de nombreux observateurs du secteur des hydrocarbures. La récente exploration menée sur place par les États-Unis dans le cadre de ses recherches en approvisionnements s’est d’ailleurs révélée infructueuse.

Alger dispose de plus de 4 504 milliards de m3 de réserve de gaz naturel prouvées, deuxième au classement en Afrique derrière le Nigeria, mais ce potentiel reste encore pour l’essentiel inexploité. La consommation locale est par ailleurs en augmentation de 7% par an, au point de compter pour près de la moitié de la production totale.

Le gaz de schiste pourrait aider à relancer la filière, mais les autorités y sont réticentes depuis la colère sociale relative à ce projet en 2015.

Les ambitions de l’Algérie concernant le gaz sont légitimes du fait de son fort potentiel, mais pour les réaliser elle aura besoin de procéder à d’importants investissements en infrastructures, mais aussi en recherches pour l’expansion de sa capacité de production et de ses moyens de distribution.

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