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Burundi

Le Burundi ferme le bureau des droits humains de l'ONU

Les forces de sécurité burundais déployées après une attaque à la grenade au cours de laquelle un général Tutsi et conseiller à la sécurité du vice-président, Athanase Kararuza, a été tué, à Bujumbura, le 25 avril 2016.

Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme a annoncé mardi avoir été obligé de fermer son bureau au Burundi, après 23 années de présence dans ce pays, à demande du gouvernement.

"C'est avec un profond regret que nous avons dû fermer notre bureau au Burundi", a déclaré la Haut-Commissaire de l'ONU, Michelle Bachelet, dans un communiqué précisant que le bureau a été fermé le 28 février.

En octobre 2016, le gouvernement burundais - en réaction à un rapport de l'équipe d'experts indépendants de l'ONU - avait déjà suspendu toute coopération avec le bureau des droits humains de l'ONU.

Le gouvernement a demandé la fermeture du bureau de l'ONU le 5 décembre, expliquant, selon le Haut-Commissariat, que "le pays avait fait suffisamment de progrès pour mettre en place des mécanismes nationaux de protection des droits de l'Homme, de sorte que l'existence du bureau n'était plus justifiée".

Mme Bachelet a relevé que "pendant de nombreuses années, nous avons travaillé avec le gouvernement sur la consolidation de la paix, la réforme du secteur de sécurité, la réforme du secteur de la justice et contribué à renforcer les capacités institutionnelles et de la société civile sur toute une série de questions des droits de l'Homme".

"Malheureusement, un bon nombre de ces avancées en matière de droits de l'Homme ont été mises en péril depuis 2015", a-t-elle affirmé.

Elle a également expliqué que l'absence de coopération du gouvernement depuis fin 2016 "signifiait que le personnel des droits de l'Homme des Nations unies était gravement entravé dans leur capacité à examiner les allégations de violations" que l'ONU continue de recevoir.

Elle s'est dite "déçue par le manque de coopération du Burundi ces dernières années avec les mécanismes des Nations Unies en matière de droits de l'Homme qui sont même allés jusqu'à inclure des menaces pour poursuivre les membres de la Commission d'enquête internationale indépendante" de l'ONU sur le Burundi.

Début janvier, l'organisation Handicap International, présente au Burundi depuis 1992, avait annoncé quitter ce pays en raison notamment de l'obligation faite par le gouvernement burundais du "fichage ethnique" de ses employés.

Le Burundi est en crise depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat controversé. Il avait été réélu en juillet de la même année.

Les violences qui ont accompagné la crise ont fait au moins 1.200 morts et déplacé plus de 400.000 personnes entre avril 2015 et mai 2017, d'après les estimations de la Cour pénale internationale, qui a ouvert une enquête.

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Flambée de paludisme au Burundi

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Le Burundi confronté à une flambée de paludisme

Une femme avec son enfant dans un dispensaire à Bujumbura, au Burundi, le 18 avril 2006.

Une agence onusienne évoque "des proportions épidémiques" de la maladie depuis début mai, mais le gouvernement burundais a refusé jusqu'ici de déclarer une épidémie de paludisme.

Le Burundi est confronté à une flambée de paludisme atteignant des "proportions épidémiques" qui a fait plus 1.800 victimes depuis le début de l'année, selon l'ONU, soit autant que le nombre de victimes d'Ebola en un an dans la République démocratique du Congo voisine.

Du 1er janvier au 21 juillet 2019, "un total cumulé de 5.738.661 cas et de 1.801 décès a été signalé", selon un rapport du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA). Le Burundi compte 11,5 millions d'habitants.

Les auteurs du rapport évoquent "des proportions épidémiques" de la maladie depuis début mai, mais le gouvernement burundais a refusé jusqu'ici de déclarer une épidémie de paludisme, malgré des demandes des organisations internationales en ce sens depuis la mi-avril.

"Au cours de la semaine 29 (du 15 au 21 juillet 2019), 152.243 cas, dont 65 décès, ont été signalés dans 39 districts (sanitaires) sur (les) 46" que comptent le Burundi, a annoncé OCHA, parlant d'"une augmentation de 164% du nombre de cas signalés" par rapport à la semaine 29 de 2018.

Un faible recours aux mesures préventives comme les moustiquaires ou "le manque de ressources humaines, de ressources logistiques et financières pour une réponse efficace" sont les principaux facteurs expliquant cette flambée de cas de paludisme.

Une source au sein de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), sollicitée par l'AFP, a expliqué ne pas être en mesure de commenter ces chiffres, précisant que "la décision de déclarer une épidémie relève de la souveraineté de l'Etat burundais".

Mi-mars 2017, le gouvernement avait déclaré une épidémie de paludisme alors que le pays venait de recenser quelque 1,8 million de cas et 700 décès en à peine trois mois. Il semble plus réticent à le faire cette année.

"Nous sommes à moins d'une année de la présidentielle, le pouvoir de (Pierre) Nkurunziza qui fait face à de nombreuses crises ne veut pas reconnaître ce qui pourrait être considéré comme un échec de sa politique en matière de santé", a justifié un haute cadre du régime sous couvert d'anonymat.

Le Burundi, qui traverse une grave crise socio-économique depuis 2015, a déclaré une épidémie de choléra dans le pays depuis avril et fait face à de nombreuses pénuries sur les carburants ou les médicaments et plus généralement la plupart des biens importés, faute de devises.

Selon l'OMS, quelque 219 millions de cas de paludisme ont été recensés dans le monde en 2017, entraînant 435.000 décès dont 93% sont survenus en Afrique.

Six militaires de l'AMISOM tués dans une attaque

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