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Le couple américain aux 13 enfants inculpé de maltraitance


Molitva pored razorene džamije u Beit Lahiji, u severnom delu pojasa Gaze. 27. maj, 2021.
( Foto: Tomas Koeks / AFP )
Molitva pored razorene džamije u Beit Lahiji, u severnom delu pojasa Gaze. 27. maj, 2021. ( Foto: Tomas Koeks / AFP )

Un couple américain accusé d'avoir maintenu captifs ses 13 enfants dans une sordide maison familiale a été inculpé jeudi d'une vingtaine de chefs d'accusation, dont torture, maltraitance sur enfants et séquestration.

Les enfants, âgés de deux à 29 ans, étaient battus, affamés et vivaient attachés, a expliqué le procureur du comté de Riverside, ville située à environ 90 km de Los Angeles.

David Turpin, 57 ans, et sa femme Louise, 49 ans, encourent une peine d'emprisonnement allant de 94 ans à la perpétuité, a précisé Mike Hestrin lors d'une conférence de presse.

Le père a aussi été inculpé d'agression sexuelle sur l'une de ses filles, a ajouté le procureur.

"Une affaire comme celle-là vous hante", a-t-il dit. "Parfois dans notre métier, on fait face à la dépravation humaine, et c'est le cas ici", a-t-il ajouté.

Les deux parents ont été arrêtés dimanche à leur domicile de Perris, à une centaine de kilomètres de Los Angeles, après que l'un de leurs enfants a prévenu la police.

Leur fille de 17 ans a réussi à s'échapper de la maison familiale et à appeler avec un téléphone portable le 911, le numéro d'urgence américain.

Avec ses frères et soeurs, elle "réfléchissait depuis plus de deux ans à un plan pour s'évader. Elle s'est échappée par la fenêtre, avec un autre des enfants, qui a finalement eu peur et a fait demi-tour", a raconté Mike Hestrin.

"HORRIBLE"

Lors de la perquisition de la maison, les policiers ont découvert une odeur nauséabonde et la situation "horrible" dans laquelle vivaient les enfants, a expliqué le capitaine Greg Fellows, du bureau du shériff du comté de Riverside.

Les agents de police pensaient que l'adolescente qui a donné l'alerte n'était âgée que de 10 ans, tant elle était petite et décharnée.

>> Lire aussi : Soigner les enfants de la "maison de l'horreur" en Californie sera long

Le couple faisait vivre leurs enfants dans des conditions immondes. Ils les attachaient à leurs lits pendant plusieurs semaines consécutives parfois, sans leur permettre d'aller aux toilettes, ne les laissant se laver qu'une ou deux fois par an.

David et Louise Turpin achetaient de la nourriture pour eux-mêmes, sans en donner à leurs enfants. Le couple ramenait des gâteaux que les enfants pouvaient regarder mais pas manger.

Les enfants sont si décharnés qu'ils font beaucoup plus jeune que leur âge. Les policiers pensaient que les sept enfants âgés de plus de 18 ans étaient encore mineurs, a dit Mike Vasquez, adjoint du shériff du comté de Riverside.

Selon le procureur, Mike Hestrin, la famille avait déménagé à Perris en 2014, après avoir vécu au Texas et dans une autre ville de Californie.

VISITES INTERDITES

Cette affaire hors du commun a soulevé des questions sur la manière dont David et Louise Turpin ont pu maintenir leurs enfants dans de telles conditions sans éveiller les soupçons de leurs voisins ou des autorités.

De l'extérieur, rien ne distinguait particulièrement la maison des Turpin, située dans des lotissements assez récents.

Les voisins et les membres de la famille n'ont pas pu apporter de réel éclairage sur les motivations et les agissements du couple.

Les deux parents auraient pu agir ainsi parce qu'ils avaient scolarisé leurs enfants à domicile, évitant ainsi qu'ils ne soient en contact avec d'autres personnes.

Rétrospectivement, la soeur de Louise Turpin a estimé qu'il y avait des signaux d'alerte.

Les visites étaient interdites, de même que des discussions avec les enfants via Skype, a expliqué mercredi Elizabeth Jane Flores sur la chaîne de télévision NBC News.

Kimberly Milligan, une femme de 50 ans voisine des Turpin, a déclaré qu'elle s'étonnait de ne pas voir ni d'entendre ces enfants. Une fois, elle en a croisé trois d'entre eux, qui ne "voulaient pas avoir de conversation".

Pour elle, "des jeunes de 20 ans n'agissent pas comme ça".

Avec Reuters

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