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Tchad

59ème anniversaire de l’accession du Tchad à la souveraineté internationale

Dr Succès Masra président du parti les Transformateurs, N’Djamena, Tchad, le 11 août 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Le Tchad célèbrait le 11 août 2019, le 59ème anniversaire de son accession à la souveraineté internationale. Le défilé militaire a été reporté pour le lundi 12 août à N’Djamena. Mais à quoi ont servi les 59 ans d’indépendance aux Tchadiens. Les avis des acteurs de la vie publique sont partagés.

"Tchadiens, crions notre joie, il est minuit. Je proclame solennellement que le Tchad est indépendant et souverain". C'était la déclaration de François Ngarta Tombalbaye, premier président tchadien, le 11 août 1960.

Une indépendance qui, pour les uns, est un état d’esprit et pour d’autres, une conquête permanente au regard des défis d’aujourd’hui et de l’avenir.

59ème anniversaire de l’indépendance du Tchad
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Avec un regard critique, docteur Succès Masra, président du parti les "Transformateurs" fustige le comportement des régimes qui se sont succédés au pouvoir face à leur responsabilité vis-à-vis de leurs concitoyens.

"Si les pères fondateurs de notre pays n’ont pas pu modeler une république, terre d’opportunité pour tous, reconnaissons ensemble, qu’ils ont fait ce qu’ils pouvaient avec leurs forces et leurs faiblesses", a déclaré Succès Masra​.

"Malheureusement, 59 ans après l’indépendance, environ 4 millions de Tchadiens sont encore victimes de la famine. Ces millions de Tchadiens ne se nourriront pas du nombre de forums ici et là avec les conditions de climat d’affaires au Tchad", a-t-il poursuivi.

"L’indépendance célébrée avec lampes torches c’est pour aboutir à moins d’un Tchadien sur 10 ayant accès à l’électricité, seulement 5% de la population qui ait accès à Internet et 4,5 millions d’enfants sortant du système scolaire avant 15 ans. Et nous les politiques, nous offrons à nos compatriotes le spectacle d’un film, d’une sorte de théâtre mais en fait nous ne sommes responsables de rien quand il s’agit de la vie des Tchadiens", a-t-il conclu.

En 59 ans d’indépendance, le président Déby seul totalise environ 30 ans de pouvoir. Pour Bourkou Louise Ngaradoumri, présidente du parti rassemblement pour le progrès et la justice sociale, membre de la majorité présidentielle, si aujourd’hui le peulpe ne mange pas à sa faim, c’est parce que le président a consacré plus de la moitié de son règne à gérer des conflits sanglants.

"Si ce n’est pas la rébellion qui attire l’attention du gouvernement pour chercher les moyens et aller les combattre, c’est le problème entre éleveurs et agriculteurs", explique Bourkou Louise Ngaradoumri​.

"Donc le Tchad était perturbé par cette violence politique et de conflit de pouvoir. C’est ça qui a affaibli le régime MPS. Aujourd’hui, c’est complété avec la guerre que nous impose la secte Boko Haram. Donc il a fallu investir beaucoup d’argent pour pouvoir stabiliser la situation".

Dobian Assingar, président d'honneur de la ligue tchadienne des droits de l'homme, N’Djamena, Tchad, le 11 août 2019. (VOA/André Kodmadjingar)
Dobian Assingar, président d'honneur de la ligue tchadienne des droits de l'homme, N’Djamena, Tchad, le 11 août 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Pour Dobian Assingar, président d’honneur de la ligue tchadienne des droits de l’Homme, l’indépendance a été octroyée aux Tchadiens par la France qui continue de tirer les ficelles à travers ses ingérences politiques et militaires. Il se rappelle encore de la modification de la constitution en 2005.

"Un constitutionaliste français dont je ne me rappelle pas le nom m’a obligé à changer de constitution", confie-t-il à VOA Afrique. "Où est la souveraineté et où est l’indépendance du Tchad ? On peut dire même que c’est une haute trahison. C’est de l’ingérence tout simplement. Comment le Tchad peut-il maintenant sortir de cette ingérence ?"

Jean-Bernard Padaré, secrétaire national aux affaires juridiques et politiques du parti au pouvoir, N’Djamena, Tchad, le 11 août 2019. (VOA/André Kodmadjingar)
Jean-Bernard Padaré, secrétaire national aux affaires juridiques et politiques du parti au pouvoir, N’Djamena, Tchad, le 11 août 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Pour le secrétaire national aux affaires juridiques et politiques du parti au pouvoir, Jean-Bernard Padaré, la France a demandé à Déby de modifier la constitution simplement pour l’aider à lutter contre Boko Haram dans la sous-région.

La France et certains Tchadiens qui aspirent au changement estiment que le président Déby est un homme de situation qu’il faut maintenir au pouvoir a-t-il dit.

"A l’époque, il a dit cette phrase quand des journalistes français l’accusaient de s’éterniser au pouvoir et il a simplement dit 'Mais écoutez ! Quand j’ai modifié la constitution en 2005, c’est parce que j’ai vu qu’effectivement la nation était en danger. C’est pourquoi j’ai accepté. Quand un ami constate que quelque chose de dangereux peut vous arriver et qu’il suggère d’améliorer cela, vous pensez que c’est une ingérence?'", rappelle Jean-Bernard Padaré​.

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Trois assaillants tués dans l'attaque d'une gendarmerie dans le Nord

Arrestation de militaire au Tchad (VOA/André Kodmadjingar)

Trois personnes ont été tuées lundi en essayant d'attaquer une gendarmerie à Bardaï, dans le nord du Tchad, où l'état d'urgence venait d'être déclaré, ont affirmé mercredi à l'AFP deux sources militaires, dont un haut responsable de l'état-major des armées.

"Un soldat a tué son chef avant de fuir pour se réfugier à la brigade de gendarmerie", a expliqué ce dernier. La famille du militaire tué a tenté d'attaquer la brigade pour se venger, provoquant une riposte des gendarmes qui a fait trois morts et quatre blessés graves, a-t-il détaillé, une information confirmée par une autre source militaire.

L'état d'urgence avait été déclaré dimanche par le président Idriss Déby Itno dans deux régions de l'Est, le Sila et l'Ouaddaï, où des combats intercommunautaires ont fait plus de 50 morts mi-août, mais également dans le Tibesti, à l'extrême nord du pays, à la frontière avec la Libye, et dont Bardaï est le chef-lieu.

Idriss Déby annonce la réouverture des portes de la fonction publique

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Division sur la nomination d’un nouveau chef traditionnel du Ouaddaï

Vue de la devanture du palais royal de Dar-Ouaddaï N’Djamena, le 19 août 2019. (VOA Afrique/André Kodmadjingar).

La nomination d’un nouveau chef traditionnel de Dar-Ouaddaï, une communauté vivant dans l’Est du Tchad, divise la population. Pour la famille du sultan déchu et la société civile, cette nomination est politique et ne respecte pas les normes des chefferies traditionnelles.

Le limogeage de l’ancien sultan Ourada du Dar Ouaddaï est une conséquence de mauvaise gestion des violences meurtrières enregistrées ces derniers temps dans cette province, estiment les autorités de N’Djamena.

Mais le nouveau sultan nommé par décret du chef de l’Etat est contesté par la population.

Division autour de la nomination d’un nouveau chef traditionnel de Dar-Ouaddaï
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Pour la famille royale, l’arbre généalogique conservé au palais et remontant à l'année 1635 ne contient pas le nom de Chérif Abdelhadi Mahd, qui vient d’être nommé. C’est la preuve qu’il n’est pas de la lignée royale, précise la source proche de la famille royale déchue.

"On ne sait pas comment il a monté ses scénarios pour être nommé sultan du Dar-Ouaddaï",a déclaré un notable qui requiert l’anonymat. La famille royale demande au chef de l’Etat d’annuler son décret.

Pour les organisations de la société civile, la dynastie du Oauddaï est une propriété culturelle du Tchad, un bien national qu’il faut protéger.

Maitre Midaye Guerimbaye, président de la Ligue tchadienne des droits de l’homme, estime que "s’il y a des conflits entre les gens qui appartiennent à cette dynastie, que cela soit réglé de façon démocratique".

Pour lui, si le gouvernement ne change pas sa manière de gérer ces genres de conflits, il arrivera un jour où l’Etat fera face à un certain nombre de révoltes, et il n’aurait pas les moyens pour les régler de manière pacifique.

Maitre Midaye Guerimbaye invite les pouvoirs publics et toutes les sociétés tchadiennes à revoir ce problème autrement, en privilégiant l’intérêt national.

Le secrétaire général de la Convention tchadienne (CTDH) pour la défense des droits humains, Mahamat Nour Ibédou, estime, pour sa part, que la chefferie traditionnelle est devenue un outil de gouvernance pour le pouvoir actuel.

Or, c’est une "arme très dangereuse" parce qu’elle "incarne le plus souvent le principe de replis identitaire", explique-t-il..

Toujours selon le secrétaire général de la CTDH, l’ordonnance 4 et la loi 13 sont claires: "en cas de démission, de révocation et de décès, c’est la famille royale qui se réunit pour désigner quelqu’un sur procès-verbal et l’administration est obligée d’entériner par un acte administratif".

Pour lui, il y a donc une volonté de l’administration de vouloir diviser la communauté.

Le président Déby, en déplacement le week-end dernier dans les provinces du Sila et du Ouaddaï, deux provinces en proie à la violence intercommunautaire, a instauré verbalement l’état d’urgence pour une durée de 3 mois renouvelable.

Il a ordonné aussi la saisie systématique de toutes les motos dans la zone durant cette période. Les propriétaires vont récupérer leurs engins après 3 mois, si la situation redevient normale, a-t-il assuré.

Selon Maître Midaye Guerimbaye, le président semble avoir outrepassé ses prérogatives et verse dans une gestion empirique de la République.

Tout en rappelant la rétroactivité de la loi qui ne devrait pas frapper ceux qui ont acquis légalement leurs engins, le président de la LTDH qualifie la décision de confisquer toutes les motos dans la zone "d’escroquerie d’Etat".

Idriss Déby Itno, président du Tchad, a également instruit son ministre de la Défense et celui de l’administration du territoire de mettre de l’ordre en renforçant l’effectif des militaires dans les deux provinces et de fermer la frontière entre le Dar-Sila et le Soudan. "Les belligérants me trouveraient sur leur chemin", a averti le président Déby.

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Etat d'urgence dans l'est du Tchad

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