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Un mort à Bujumbura en marge des manifestations continues contre Nkurunziza


Des manifestants dans Bujumbura, 5 mai 2015

Des manifestants dans Bujumbura, 5 mai 2015

Les opposants à un 3e mandat du président burundais continuent de manifester, à la veille d'un sommet régional dont ils espèrent qu'il convaincra le chef de l'Etat de renoncer à sa candidature.

Au 17e jour de contestation, émaillée de violences qui ont déjà fait une vingtaine de morts, un manifestant a été tué par balle lors d'affrontements avec la police dans le quartier de Buterere, où se trouve l'aéroport international de Bujumbura, à une dizaine de km au nord du centre-ville.

La route menant à l'aéroport n'était pas bloquée et celui-ci restait à accessible depuis le centre-ville, selon le correspondant de l'AFP.

Le corps de la victime, recouvert d'un drap, a été porté devant la maison du maire du quartier par une centaine de manifestants réclamant que l'édile organise les funérailles, mais ils ont été dispersés par des policiers.

Des témoins ont indiqué à l'AFP que la victime avait reçu une balle dans la tête, tirée par la police. Le correspondant de l'AFP a vu du sang par terre, à l'endroit où le jeune homme est tombé. Il a également vu deux manifestants blessés par balles, dont un garçon d'une dizaine d'années, blessé au bras.

"Ils sont en train de tuer nos enfants. Qu'est-ce que c'est que ce président qui veut diriger le pays sur le sang de nos fils?", hurlait une femme âgée, se roulant par terre en pleine crise de nerfs.

Des centaines de manifestants, dont de nombreuses jeunes filles, sont rassemblés depuis mardi matin à Butarere. Les manifestations, interdites par le pouvoir, ont débuté le 26 avril, déclenchées par la désignation la veille du président Nkurunziza - élu en 2005 et réélu en 2010 - comme le candidat à la présidentielle du 26 juin du parti au pouvoir Cndd-FDD.

Les adversaires d'un troisième mandat le jugent inconstitutionnel. Mais la Cour constitutionnelle, acquise au pouvoir selon eux, a récemment estimé qu'un nouveau mandat de Pierre Nkurunziza serait conforme à la Constitution, donnant raison au camp présidentiel.

Mardi, la police avait déjà ouvert le feu plus tôt dans la matinée - apparemment sans faire de blessé - à Buturere pour disperser des manifestants qui voulaient s'en prendre à la maison d'un policier.

Les forces de l'ordre ont également procédé à des tirs de sommation et utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser quelque 200 manifestants dans le quartier de Nyakabiga, un haut-lieu de la contestation, selon le journaliste de l'AFP. Des manifestants ont également défilé - pour l'heure sans incident - dans le quartier de Musaga, autre foyer de protestation, selon ce journaliste.

Deux personnes ont été tuées dans la nuit par l'explosion, apparemment accidentelle, d'une grenade dans une maison d'un quartier de Bujumbura.

Lundi soir "vers minuit, deux jeunes gens ont été tués par l'explosion d'une grenade alors qu'ils se trouvaient dans une maison de Kanyosha", a déclaré à l'AFP Abraham Bampoye, l'administrateur de ce quartier périphérique de la capitale, situé à environ 10 km au sud du centre-ville.

"Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes de cet accident", a-t-il poursuivi, précisant qu'une des deux victimes avait eu le bras arraché par l'explosion. Cela semble indiquer qu'elle manipulait la grenade quand celle-ci a explosé.

M. Bampoye a refusé de commenter les allégations de voisins ayant affirmé à l'AFP que les deux victimes étaient des Imbonerakure, des membres de la Ligue de jeunesse du Cndd-FDD, le parti du président burundais Pierre Nkurunziza,

Les chefs d'Etat de la Communauté Est-africaine (EAC) se réunissent mercredi à Dar es Salaam pour tenter de trouver une issue à cette crise qui a déjà poussé des dizaines de milliers de Burundais à se réfugier dans les pays voisins.

"Les présidents de l'EAC doivent être clairs avec Nkurunziza (...) ils doivent lui dire de partir pour le bien de tous", au Burundi et dans la région, a expliqué Arémus, 24 ans, manifestant de Nyakabika.

Donatien, homme d'affaire de Musaga, a estimé que ce sommet était "un test pour l'EAC. Les chefs d'Etat doivent montrer leur maturité dans la gestion des crises en disant à Nkurunziza de partir", à l'issue de son actuel mandat.

A Nyakabiga, Musaga, et les autres quartiers contestataires de Kanyosha, Kibenga, Kinindo, les barricades de ces derniers jours avaient disparu des axes principaux, mais les allées annexes non bitumées restaient barrées. La police était déployée aux entrées et sorties de ces quartiers, sans y pénétrer, à la différence de l'armée, déployée à l'intérieur.

Selon des manifestants de Musaga, les militaires ont autorisé les jeunes à défiler dans le quartier, à condition qu'ils ne barricadent pas les voies principales et laissent les véhicules y passer librement.

Environ 300 femmes ont défilé dans la matinée dans ce quartier, aux sons de chansons hostile à un troisième mandat présidentiel. Une centaine de jeunes, dans un cortège différent, ont également arpenté les rues du quartier aux cris de "Non au troisième mandat de Nkurunziza", ce "pour réveiller tout le monde", a déclaré un des manifestants à l'AFP.

Avec AFP

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