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La médiation accuse l’armée sud-soudanaise d’avoir commis des violences "injustifiables et effroyables"


Des enfants, lors d'une cérémonie de démobilisation, conduite par l'Unicef à Pior, dans l'Etat de Jonglei, Soudan du Sud, le 10 février 2015.

Des enfants, lors d'une cérémonie de démobilisation, conduite par l'Unicef à Pior, dans l'Etat de Jonglei, Soudan du Sud, le 10 février 2015.

Ces violences ont été commises au cours de la dernière offensive contre les forces rebelles, a dénoncé vendredi la médiation régionale.

L'IGAD, organisation intergouvernementale regroupant huit pays d'Afrique de l'Est, évoque dans un communiqué des "violences contre les civils, de graves violations des droits de l'Homme et de villages détruits".

Les forces gouvernementales mènent depuis fin avril, dans l'État pétrolier d'Unité (nord), l'une des plus importantes offensives depuis le début de la guerre civile dans le plus jeune Etat du monde depuis 2011.

L'ONU et des organisations humanitaires ont dénoncé des viols de femmes et de fillettes, des enlèvements d'enfants -parfois âgés de 10 ans- pour en faire des soldats, des destructions de localités et des pillages de l'aide humanitaire perpétrés lors de cette opération de l’armée.

L'offensive pourrait s'étendre aux Etats de Jonglei et du Haut-Nil, préveitn l’Igad.

Quelque 500.000 civils sont privés d'une "aide vitale" dans l'État d'Unité, après le retrait de la zone des combats des agences de l'ONU et organisations humanitaires, a déclaré cette semaine le coordinateur humanitaire des Nations unies pour le Soudan du Sud, Toby Lanzer.

Aujourd'hui, plus de la moitié des 12 millions de Sud-Soudanais ont besoin d'assistance humanitaire et 2,5 millions de personnes souffrent de graves problèmes alimentaires, selon l'ONU.

L'agence américaine pour le Développement international (USAID) se dit, pour sa part, "extrêmement préoccupée au sujet de la santé des Sud-Soudanais qui ont besoin d'assistance humanitaire mais sont hors d'atteinte".

Le porte-parole de l'armée sud-soudanaise, Philip Aguer, assure pourtant que les forces loyalistes ont agi en état de "légitime défense" et rejette les accusations de violences.

Les deux camps s'affrontent depuis décembre 2013 dans une guerre qui a déjà fait plusieurs dizaines de milliers de morts et deux millions de déplacés.

La guerre met aux prises l'armée loyale au président Salva Kiir et les forces rebelles de son ancien vice-président Riek Machar.

Après plus d'un an d'efforts, des discussions de paix, sous la médiation de l'Igad, se sont achevées sur un échec en mars, après une succession de cessez-le-feu systématiquement violés.

Cette semaine, la présidente de la Commission de l'Union Africaine (UA), Nkosazana Dlamini-Zuma a averti que le Soudan du Sud était confrontée à "une situation de catastrophe humanitaire" avec "la perte d'innombrables vies humaines et des souffrances intolérables".

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