Liens d'accessibilité

RDC : l'Église annule des marches mémorielles par crainte de "récupération" politique


Des policiers en faction devant le Palais du Peuple, siège du Parlement de la RDC, à Kinshasa, lundi le 5 décembre 2011. (AP Photo/Jerome Delay)

Des policiers en faction devant le Palais du Peuple, siège du Parlement de la RDC, à Kinshasa, lundi le 5 décembre 2011. (AP Photo/Jerome Delay)

Ces marches étaient prévues en mémoire de la "marche des chrétiens" réprimée dans le sang par le régime du dictateur Mobutu en février 1992 à Kinshasa.

L'Église catholique a décidé d'annuler les marches qu'elle comptait organiser en février en République démocratique du Congo (RDC) en mémoire de chrétiens tués en 1992 à Kinshasa. Cette décision a été prise par crainte de "récupération" politique dans un climat préélectoral tendu, selon un document reçu mercredi 13 janvier par l'AFP.

La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) avait annoncé fin novembre une "marche pacifique (...) dans tous les diocèses pour consolider la démocratie, le 16 février 2016", en mémoire de la "marche des chrétiens" réprimée dans le sang par le régime du dictateur Mobutu Sese Seko le 16 février 1992 à Kinshasa.

"Cette initiative a suscité des attentes contrastées et démesurées chez nos compatriotes", écrit le président de la Cenco, Mgr Nicolas Djomo dans une lettre adressée à tous les évêques du pays.

"Les uns y ont vu une action citoyenne aux fins politiques, d'autres ont envisagé une contremarche à la même date" et "le Saint-Siège nous a fermement recommandé de suspendre les initiatives qui peuvent être manipulées pour des fins politiques", lit-on dans cette lettre datée du 5 janvier.

"Conscient du risque de récupération de notre initiative et d'affrontements éventuels entre les manifestants, il nous a semblé judicieux de surseoir à cette marche", ajoute Mgr Djomo, qui appelle ses pairs à transmettre cette information dans leur diocèse.

La tenue de la présidentielle incertaine

Au pouvoir depuis 2001, le président Joseph Kabila voit son deuxième mandat arriver à échéance en décembre 2016 sans possibilité de se représenter, aux termes de la Constitution.

Faute de fichier électoral à jour, la tenue d'une élection présidentielle viable avant la fin de l'année apparaît chaque jour plus improbable.

M. Kabila propose la tenue d'un "dialogue national" en vue d'"élections apaisées" (mais retardées), dénoncé comme un "piège" par la majeure partie de l'opposition, qui l'accuse de manoeuvrer pour se maintenir en fonctions.

Samedi, le Front citoyen 2016, rassemblement antikabiliste nouvellement créé de partis politiques et d'associations, a annoncé qu'il comptait participer "activement" à l'appel de la Cenco à marcher le 16 février.

Mardi, la majorité a appelé à une "marche pour la paix" le même jour dans tout le pays.

L'épiscopat multiplie depuis des mois les interpellations à l'égard du pouvoir en insistant pour que la présidentielle ait lieu dans les délais prévus par la Constitution.

L'audience dont jouit l'Église sur les questions politiques s'étend bien au-delà des quelque 40 % de catholiques que compterait le pays, du fait du rôle majeur qu'elle a joué dans l'ouverture démocratique du début de la décennie 1990.

Avec AFP

XS
SM
MD
LG