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Nucléaire iranien : un accord d’étape trouvé à Lausane


Le Secrétaire d'Etat américain John Kerry, centre droit, épulche des documents dans une cour, au Beau Rivage Palace Hôtel, au cours d'une ronde d'extension des pourparlers sur le programme nucléaire de l'Iran, le jeudi 2 Avril 2015 à Lausanne, Suisse.

Le Secrétaire d'Etat américain John Kerry, centre droit, épulche des documents dans une cour, au Beau Rivage Palace Hôtel, au cours d'une ronde d'extension des pourparlers sur le programme nucléaire de l'Iran, le jeudi 2 Avril 2015 à Lausanne, Suisse.

Les négociateurs européens et iranien ont annoncé jeudi sur les réseaux sociaux qu'un accord d'étape sur le programme nucléaire iranien avait été trouvé jeudi à Lausanne.

Les grandes puissances et l'Iran sont parvenus à s'entendre à Lausanne sur les "paramètres clés" pour résoudre le dossier du nucléaire iranien, étape fondamentale sur la voie d'un accord final d'ici au 30 juin, ont annoncé jeudi les dirigeants occidentaux et iranien.

C'est sur twitter que les Occidentaux et Iraniens, dont le président Hassan Rohani en personne, ont tous annoncé qu'un accord cadre avait été conclu à l'issue de plusieurs journées de négociations marathon.

"Des solutions sur les paramètres clés du dossier nucléaire de l'Iran ont été trouvées. L'écriture (d'un accord final) doit commencer immédiatement, pour être terminée d'ici le 30 juin", a écrit M. Rohani.

On a "maintenant les paramètres" pour résoudre les principales questions, a confirmé le secrétaire d'Etat américain John Kerry.

Selon les premiers éléments divulgués de ce pre-accord, la capacité d'enrichissement d'uranium de l'Iran devra être réduite et l'Iran maintiendrait 6.000 centrifugeuses en activité (contre 19.000 actuellement).

Les sanctions américaines et européennes seront levées en fonction du respect des engagements de l'Iran, a immédiatement prévenu l'Union européenne.

"Bonnes nouvelles", a été la première à twitter la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif lui a emboîté le pas, en affirmant que des "solutions ont été trouvées".

Cette annonce couronne huit jours d'un incroyable marathon diplomatique, où les négociateurs ont discuté jour et nuit pour parvenir à arracher un compromis historique avant un accord final.

Toute la nuit de mercredi à jeudi, et toute la journée de jeudi après une courte pause à l'aube, les représentants des P5+1 et de l'Iran ont négocié "ligne par ligne" les contours d'un accord d'étape, selon des sources proches des négociations.

Comme tous les jours depuis dimanche, Israël, l'un des plus virulents opposant à tout compromis avec l'Iran, est monté au créneau jeudi. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a exigé que tout accord "réduise considérablement" les capacités nucléaires de Téhéran.

Le ministre israélien des Renseignements Youval Steinitz a aussi affirmé que l'option militaire restait sur la table pour son pays face à la menace d'un Iran doté de l'arme nucléaire.

La communauté internationale veut brider le programme nucléaire iranien et le contrôler étroitement pour s'assurer que Téhéran ne se dotera jamais de la bombe atomique, en échange d'une levée des sanctions internationales qui étranglent l'économie iranienne.

Mais la négociation, relancée en 2013 après des années de crise, butait depuis des mois sur des points clés: la durée d'un accord, que les grandes puissances voulaient initialement voir en vigueur pendant 15 ans, le nombre de centrifugeuses, machines qui permettent d'enrichir l'uranium, et les modalités de levée des sanctions.

Le compromis de jeudi ne marquera pas la fin de l'histoire. En effet, même si les négociateurs réussissent à s'entendre sur tous les grands "paramètres" et à fixer des orientations assez précises (qui ne seront d'ailleurs peut-être pas toutes publiées), tous les détails techniques de ce dossier extraordinairement complexe devront être éclaircis et finalisés pour cet accord final le 30 juin.
"Arriver à un accord d'ici fin juin sera un travail difficile et immense", a d'ailleurs prévenu M. Zarif jeudi matin.

MM. Kerry et Zarif, impliqués depuis un an et demi dans ces tractations laborieuses, ont besoin d'un accord d'étape substantiel qui puisse leur permettre de tenir le cap et d'acheter du temps face à leurs faucons respectifs et face aux puissances régionales hostiles à tout compromis.

Avec AFP

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