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Mali : enquête ouverte sur un vol d'armes du stock de l'armée, des militaires sanctionnés


Des militaires maliens à la base de Kidal, Mali, 27 juillet 2013.

Des militaires maliens à la base de Kidal, Mali, 27 juillet 2013.

Au moins six militaires - des hommes du rang - ont été arrêtés et deux officiers supérieurs ont été brièvement suspendus après la découverte d'un vol d'armes organisé dans au moins un magasin de l'armée.

Une enquête a été ouverte au Mali sur un vol d'armes des forces armées, qui s'est traduite par la mise aux arrêts d'au moins six militaires et la brève suspension de deux officiers supérieurs, a appris l'AFP jeudi de sources militaires.

Aucune des sources, toutes s'exprimant sous couvert d'anonymat, n'était cependant en mesure de préciser les dates et lieux précis de ce vol, ni le nombre et le type d'armes dérobées.

"Au moins six militaires - des hommes du rang - ont été arrêtés et deux officiers supérieurs ont été brièvement suspendus après la découverte d'un vol d'armes organisé dans au moins un magasin de l'armée", a affirmé une de ces sources.

D'après elle, une enquête a été ouverte et se poursuit "pour savoir si d'autres armes n'ont pas disparu".

Le vol d'armes, l'enquête - confiée à la police militaire - ainsi que la suspension de deux officiers supérieurs ont été confirmés par une autre source militaire proche des investigations. Selon elle, le vol a été constaté à Bamako - dans une zone non précisée - et l'enquête cherche à déterminer si d'autres casernes sont impliquées.

De même source, les deux officiers supérieurs suspendus sont le chef d'état-major de la Garde nationale (composante de l'armée), le colonel-major Zoumana Diawara, et un autre commandant du même corps.

Jointe par l'AFP, l'armée a simplement indiqué que le colonel Diawara était "à son poste depuis ce (jeudi) matin".

S'agissant des motivations de ce vol, une autre source proche de l'enquête a évoqué à l'AFP la piste d'un possible trafic d'armes en lien avec le processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) des groupes armés - loyalistes ou de l'ex-rébellion -, prévu par l'accord de paix signé en mai-juin 2015.

"Pour être considéré comme ex-rebelle" ou membre d'un groupe armé pro-gouvernemental du DDR, "il faut avoir une arme. Donc, certains se procurent des armes dans le stock national pour réintégrer le processus de paix", a expliqué cette source.

Dans son édition de jeudi, le quotidien pro-gouvernemental malien L'Essor fait également état de "vols d'armes de guerre" au sein de l'armée, citant des sources de sécurité non identifiées selon lesquelles "un nombre important de fusils semi-automatiques et de pistolets mitrailleurs, autrement dit des Kalachnikov, ont été dérobés des magasins d'armes de la Garde nationale".

L'Essor mentionne aussi parmi les hypothèses un trafic d'armes alimenté par le "cantonnement des combattants des groupes armés" et motivé par "l'appât du gain" de certains militaires.

Selon ce journal, "un pistolet mitrailleur de type Kalachnikov coûterait sur le marché noir entre 300.000 et 350.000 FCFA (entre 457 et 533 euros)" actuellement.

Avec AFP

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