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Le Nobel de littérature couronne Svetlana Alexievitch, voix dissidente du Bélarus


Svetlana Alexievitch, prix nobel 2015

Svetlana Alexievitch, prix nobel 2015

Le prix Nobel de littérature a été décerné jeudi à la Bélarusse Svetlana Alexievitch.

Le récipiendaire du prix est auteur d'une importante oeuvre de témoignage sur les horreurs de la guerre d'Afghanistan ou la catastrophe de Tchernobyl, et voix dissidente dans l'un des derniers régimes autoritaires d'Europe.

Succédant au Français Patrick Modiano, cette journaliste et écrivain de 67 ans a été récompensée pour son "oeuvre polyphonique, mémorial de la souffrance et du courage à notre époque", a motivé l'Académie suédoise, dont les délibérations sont secrètes.

Née Soviétique sous Staline, Svetlana Alexievitch est la quatorzième femme à remporter le prestigieux Nobel depuis sa création en 1901.

Critique virulente du régime autoritaire du président bélarusse Alexandre Loukachenko, elle vit aujourd'hui dans son pays, à Minsk, où elle a reçu jeudi matin l'appel des sages suédois, mais aussi en France, en Suède et en Allemagne au gré de ses bourses d'écriture.

Depuis la capitale bélarusse, elle a affirmé lors d'une conférence de presse que le prix était une récompense non seulement pour elle, mais aussi pour ce "petit pays qui a toujours vécu comme entre des pressoirs".

"Il ne faut pas faire de concession devant un pouvoir totalitaire", a-t-elle souligné, disant aimer "le monde russe, mais pas celui de Staline et Poutine".

Elle a dénoncé "cette Russie qui en arrive à 86% à se réjouir quand des gens meurent dans le Donbass (région de conflit dans l'est de Ukraine), à rire des Ukrainiens et à croire qu'on peut tout régler par la force".

Avec le prix, le régime de Loukachenko "va être obligé de m'écouter. Il y a tellement de personnes fatiguées qui n'ont plus la force de croire". Le prix "peut signifier quelque chose pour eux", avait-elle affirmé un peu plus tôt au quotidien suédois Svenska Dagbladet.

En 2011, elle dénonçait dans un entretien au PEN Club de Suède la "machinerie staliniste" dans son pays, dont l'homme fort depuis plus de vingt ans devrait sans surprise être réélu pour un cinquième mandat présidentiel dimanche.

Avec AFP

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