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L'Erythrée craint une reprise de "grande envergure" de la guerre avec l'Ethiopie


Le président érythréen Isaias Afewerki interviewé par VOA à New York.

Le président érythréen Isaias Afewerki interviewé par VOA à New York.

L'Erythrée, un des régimes les plus fermés au monde, affirme craindre une reprise "à grande envergure" de la guerre avec l'Ethiopie, soutenue par la communauté internationale "sous prétexte" de la défense des droits de l'Homme, a déclaré mardi son ambassadrice à Paris.

"L'Ethiopie a déjà commencé à attaquer (...) et nous pensons que la guerre peut être relancée n'importe quand à grande envergure", a déclaré Hanna Simon lors d'une conférence de presse organisée à trois jours d'un vote, à Genève, du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU sur la situation en Erythrée suite à un rapport accablant pour le régime.

Le 13 juin, les frères ennemis de la Corne de l'Afrique se sont mutuellement accusés d'avoir déclenché des combats meurtriers à leur frontière très disputée. Le régime éthiopien a mis en garde contre le risque de "guerre totale".

L'Erythrée a obtenu son indépendance de l'Ethiopie en 1991 après trois décennies de guerre. Une nouvelle guerre les a opposés de 1998 à 2000. Depuis, les voisins continuent de s'accuser d'attaques et de soutiens aux rebelles de chaque pays.

Pour Hanna Simon, un rapport d'une commission d'enquête de l'ONU, publié le 8 juin et qui accuse le régime érythréen de crimes contre l'humanité, pourrait servir les intérêts éthiopiens. "On diabolise un pays et après on l'attaque, c'est ce qu'on a vu en Irak et en Libye", a-t-elle jugé.

La commission d'enquête, qui recommande une saisie de la Cour pénale internationale (CPI), écrit "avoir des motifs raisonnables de croire que (...) l'esclavage, l'emprisonnement, la disparition forcée, la torture, d'autres actes inhumains, la persécution, le viol et le meurtre sont commis en Erythrée depuis 1991".

Pour Mme Simon, le rapport est "vide" et "à charge". La date de 1991, quand l'Érythrée a obtenu son indépendance, "est une indication que le crime recherché ici est en fait l'Etat de l'Érythrée en tant que tel", a-t-elle affirmé.

Pour elle, il s'inscrit donc "dans une campagne globale de l'Ethiopie et ses alliés, dont les Etats-Unis" contre l'Erythrée. L'Erythrée, qui compte 6,5 millions d'habitants, est dirigé d'une main de fer depuis 1993 par le président Issaias Afeworki. Aucune élection n'a été organisée depuis l'indépendance.

Avec AFP

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