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L'Erythrée célèbre 25 ans d'indépendance en dépit des critiques internationales


Palais de l'empereur Hailé Selassié à Massawa en Erythrée.

Palais de l'empereur Hailé Selassié à Massawa en Erythrée.

Feux d'artifices, fêtes dans les rues, parades militaires : l'Erythrée célébrait mardi ses 25 ans d'indépendance, en dépit des critiques internationales dénonçant des violations répétées des libertés fondamentales à l'origine d'un exode massif de sa population.

Selon la télévision d'Etat EriTV, les célébrations ont débuté il y a plusieurs semaines, incluant par ailleurs des courses de chameaux, des événements culturels, des représentations artistiques et le passage d'une "torche de l'indépendance" transportée à travers le pays, à l'instar de la flamme olympique.

Dans un pays moins bien positionné que la Corée du Nord dans le classement de la liberté de la presse de Reporters sans frontières (RSF), les médias locaux ont souligné que les célébrations étaient "une démonstration éclatante de la paix et de la stabilité du pays".

Mais à la veille de la fête d'indépendance, le rapporteur spécial de l'ONU sur la situation des droits de l'homme en Erythrée, Sheila Keetharuth, a mis en garde contre le "vide constitutionnel" existant dans le pays depuis 1997 et appelé Asmara "à embrasser pleinement la démocratie et l'Etat de droit afin de concrétiser la vision dessinée" à l'indépendance, en 1991.

Le pays avait adopté une constitution en 1997 mais, a souligné Mme Keetharuth, celle-ci n'a jamais été vraiment mise en place.

Le régime est de fait accusé de retenir dans ses geôles des milliers de prisonniers politiques et les Erythréens représentent un des plus importants groupes de migrants risquant le périlleux voyage jusqu'en Europe, en quête d'une vie meilleure.

"Les libertés individuelles devraient être à la hauteur de l'indépendance nationale: la liberté de conscience, de penser, d'esprit et d'expression, la liberté de trouver de l'emploi et de s'éduquer comme bon vous semble", a soutenu Mme Keetharuth.

L'Erythrée s'est séparée de l'Éthiopie en 1991 après 30 ans de guerre d'indépendance.

Les deux pays restent sur le pied de guerre depuis le conflit armé qui les a opposés entre 1998 et 2000, notamment à propos de la délimitation de leur frontière commune, longue de 1.000 km.

Selon les analystes, Asmara utilise ce conflit comme excuse pour justifier son régime totalitaire. Il tente en outre de gonfler le patriotisme de ses citoyens en les berçant d'histoires héroïques de sacrifice pendant la guerre censées faire oublier la situation économique et sociale.

Le journal Eritrea Profile titrait cette semaine: "un quart de siècle de résistance et de développement".

Avec AFP

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