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Des combats entre l'Ethiopie et l'Erythrée, un nombre "important" de victimes


L'Erythrée a accusé lundi l'Ethiopie, à laquelle l'a opposé un conflit meurtrier entre 1998 et 2000, d'une attaque à sa frontière, mais Addis Abeba a affirmé ne pas avoir eu connaissance de ces combats.

L'Erythrée a accusé lundi l'Ethiopie, à laquelle l'a opposé un conflit meurtrier entre 1998 et 2000, d'une attaque à sa frontière, mais Addis Abeba a affirmé ne pas avoir eu connaissance de ces combats.

L'Ethiopie et l'Erythrée, deux pays rivaux de longue date, se sont mutuellement accusées lundi d'avoir déclenché des combats à leur frontière très disputée, qui ont fait un nombre "important" de victimes selon Addis Abeba.

Ces affrontements sont présentés par le gouvernement éthiopien comme les plus graves constatés ces dernières années entre ces deux pays, qui ont déjà connu un conflit frontalier meurtrier de 1998 à 2000.

"Il y a eu un nombre important de victimes des deux côtés, mais plus dans le camp érythréen", a affirmé à l'AFP le porte-parole du gouvernement éthiopien, Getachew Reda.

Depuis 2000, l'Ethiopie et l'Erythrée demeurent ennemies et leurs forces se surveillent de près le long de la frontière lourdement fortifiée, où des affrontements de faible intensité sont régulièrement observés.

Mais les combats, qui ont commencé dimanche et semblaient s'être calmés lundi en fin d'après-midi, ont été d'une ampleur bien supérieure à ceux observés ces dernières années, selon M. Reda.

"Nous avions l'habitude de prendre des mesures de précaution face à ce régime, mais cette fois-ci, ça a été d'une ampleur beaucoup plus importante que les mesures que nous prenions jusque-là", a-t-il assuré.

L'Erythrée a été la première à accuser son voisin du sud d'avoir ouvert les hostilités. L'Ethiopie "a déclenché (dimanche) une attaque contre l'Érythrée sur le front de Tsorona", une zone contestée par les deux pays, avait indiqué lundi matin dans un communiqué le ministère érythréen de l'Information.

"Le but et les motivations de cette attaque ne sont pas connus", avait ajouté le ministère.

D'abord resté muet, le gouvernement éthiopien a réagi lundi en fin d'après-midi, pour à son tour imputer la responsabilité des combats à Asmara.

"Les forces érythréennes ont commencé à tirer des obus sur nos positions, et notamment sur des ambulances civiles, et nous avons riposté", a affirmé M. Reda.

Une guerre est 'inconcevable

L'Erythrée a obtenu son indépendance de l'Ethiopie en 1991 après trois décennies de guerre. Depuis le conflit de 1998-2000, les deux voisins s'accusent mutuellement d'attaques et de soutien à des rebelles dans l'autre pays.

En mars 2012, l'Ethiopie avait attaqué une base militaire érythréenne, accusant son ennemi de soutenir des "activités terroristes" sur son sol.

Et en février dernier, l'Ethiopie avait accusé l'Erythrée d'être derrière des manifestations antigouvernementales qui avaient été violemment réprimées par Addis Abeba.

Un des sujets de contentieux entre les deux pays concerne la ville de Badme, attribuée à l'Erythrée par une commission de délimitation des frontières soutenue par les Nations unies, mais que l'Ethiopie continue d'occuper.

Il n'était pas immédiatement possible de vérifier de manière indépendante l'ampleur des combats, ni de déterminer ce qui les a déclenchés.

Des sites internet de l'opposition érythréenne en exil ont mentionné ces affrontements. "L'attaque a eu lieu peu après minuit dimanche matin et les deux parties semblent avoir fait appel à des renforts", a affirmé le site Awate.com.

De son côté, le site Asmarino a publié un communiqué de militants d'opposition appelant à la retenue et jugeant que "la perspective d'une nouvelle guerre est inconcevable".

Chaque mois, des milliers d'Erythréens tentent de fuir leur pays, notamment en raison d'une conscription qui les soumet à un service militaire à durée indéterminée, selon les Nations unies.

Le régime érythréen a été accusé mercredi à Genève de crimes contre l'humanité à grande échelle par une commission d'enquête de l'ONU, qui a recommandé que le dossier soit porté devant la Cour pénale internationale (CPI). Asmara a réagi en dénonçant des accusations "extrêmes et infondées".

Avec AFP

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