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Ida Sawyer, chercheuse à Human Rights Watch, est sommée de quitter la RDC


Ida Sawyer, chercheuse à Human Rights Watch, sur Twitter.

Ida Sawyer, chercheuse à Human Rights Watch, sur Twitter.

La chercheuse Ida Sawyer, employée par l'ONG Human Rights Watch, n'a pas obtenu le renouvellement de son visa. Elle a 48 heures pour quitter le pays.

Selon la presse congolaise, Ida Sawyer a vu son visa se faire annuler alors qu'il était valable jusqu'en 2019.

"La DGM (Direction générale des migrations) n'a pas souhaité renouveler le visa" de Ida Sawyer, "c'est tout", a déclaré le porte-parole du gouvernement Lambert Mende.

M. Mende n'a pas voulu donner la raison de cette décision: "Certains gouvernements ne se justifient jamais" lorsqu'ils refusent d'accorder un visa à un Congolais, "nous ne nous justifierons pas. C'est le principe de réciprocité entre Etats".

"C'est clair que c'est une façon pour le gouvernement congolais de réduire au silence les activistes des droits de l'homme et cette fois, c'est Ida Sawyer," déclare à VOA Afrique Anneke Van Woundenberg, directrice de plaidoyer de la division Afrique de Human Rights Watch, basée à Londres. "C'est une tentative effrontée d'étouffer les rapports sur la répression politique", poursuit-elle.

Anneke Van Woundenberg explique que sa collègue Sawyer avait renouvelé son visa d'établissement en RDC en mai dernier mais que le gouvernement a décidé en juillet d'annuler de manière irrégulière ce permis de travail.

Les groupes de défenseurs des droits dénoncent, eux, un mensonge de la part du gouvernement.

"C’est une mensonge de la part du gouvernement. Il s’agit une expulsion non fondée. Le gouvernement a voulu seulement sanctionner l’engagement de Ida Sawyer contre plusieurs cas de violation des droits de l’homme dans ce pays", indique Georges Kampiamba, président de l’Association congolaise pour l'accès à la justice dans une interview à VOA Afrique.

"Il a ajouté que la RDC a violé ses obligations en matière de protection des défenseurs des droits de l'homme et du travail", souligne M. Kampiamba.

Selon M. Kapiamba, le gouvernement congolais n’a pas apprécié les dénonciations de Mme Sawyer contre les violations massives des droits de l’homme lors d’une opération antibandiste baptisée "Likofi" (coup de poing, en français).

"Cette expulsion est un message envoyé à nous tous, défenseurs des droits de l’homme de la RDC qui réclamons la libération de 7 membres des droits détenus et aussi punis arbitraire pour leur travail … c’est une menace sérieuse contre nous tous", dénonce M. Kapiamba.

Ida Sawyer est basée en RDC depuis janvier 2008, à Goma, puis à partir de 2011 à Kinshasa.

Très actif en RDC, HRW dénonce régulièrement des cas de violation des droits de l'Homme en RDC. Le bureau local de l'organisation n'a pas souhaité commenter cette décision immédiatement.

Le climat politique se tend de plus en plus dans le pays à mesure qu'approche la fin du mandat du président congolais Joseph Kabila, fixé au 20 décembre et à qui la Constitution interdit de se représenter.

M. Kabila est au pouvoir depuis 2001. L'opposition le soupçonne de manœuvrer pour s'accrocher à son poste quitte à reporter la présidentielle. Programmée pour la fin de cette année, celle-ci est aujourd'hui devenue hautement improbable à cette date.

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