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Des heurts à Kinshasa après la mort d’un opposant tué par un militaire


Des policiers congolais et des partisans de l'opposant Etienne Tshisekedi s'affrontant à Kinshasa, RDC, le 27 juillet 2016.

Des policiers congolais et des partisans de l'opposant Etienne Tshisekedi s'affrontant à Kinshasa, RDC, le 27 juillet 2016.

La police a confirmé que des heurts ont bien eu lieu après qu’un militaire a tiré sur un motard.

L’Union pour la démocratie et le progrès social (Udps), indique sur sa page Facebook qu’un de ses partisans a été tué alors que l’opposant historique, Etienne Tshisekedi, leader du parti, recevait l’envoyé spécial américain, Thomas Perriello à Limete, à Kinshasa.

"Mon collègue Guy Mpiana a été tué par un militaire de l'armée parce qu'il portait un t-shirt à l'effigie du président Tshisekedi", a déclaré à l'AFP Justin Kabongo, militant de l'UDPS.

"Un combattant a été tué par balle par un militaire", a confirmé à l'AFP Bruno Tshibala, porte-parole de l'UDPS.

Le chef de la police de Kinshasa, le général Célestin Kanyama, a indiqué de son côté qu'"un militaire" avait "tiré sur un motard".

Mais selon le colonel Ézéchiel Mwanamputu, porte-parole de la police, "ils ont habillé ce motard d'une trentaine d'années d'habits portant l'effigie de l'UDPS et de M. Tshisekedi pour politiser l'incident".

Des incidents ont suivis entre partisans de l'UDPS et forces de l'ordre.

"Les militants de l'UDPS ont récupéré le corps du motard tué", l'ont exposé à leur siège, ont jeté "des pierres sur des passants, brulant des pneus (et) ils ont brulé aussi un bus", a ajouté le chef de la police de Kinshasa.

Les militants de l'UDPS ont résisté lorsque la police est intervenue pour rétablir l'ordre, mais "le calme a été imposé depuis 18h00 (17h00 GMT)" a assuré le colonel.

Étienne Tshisekedi est rentré en RDC la semaine dernière après plus de deux ans en Belgique pour des soins medicaux.

Un climat politique tendu règne en RDC depuis plusieurs mois. L'opposition congolaise craint que le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001 et à qui la Constitution interdit de briguer un nouveau mandat, ne reporte le scrutin présidentiel prévu en fin d'année pour s'accrocher au pouvoir.

La majorité accuse l'opposition d'user de "faux-fuyant" en retardant le démarrage du "dialogue national" en vue d'"emprunter un raccourci" pour accéder "rapidement" au pouvoir "comme au Burkina-Faso".

Dimanche, la Commission électorale de la RDC a lancé les opérations d'enregistrement des électeurs devantse dérouler sur "onze mois", selon son président Corneille Nanga, un délai qui rend quasi impossible la tenue d'une élection présidentielle à la fin de l'année.

Une récente décision de la Cour constitutionnelle autorise M. Kabila à rester au pouvoir au-delà de décembre 2016 si la présidentielle n'est pas organisée, une mesure "nulle et de nul effet", selon l'opposition.

Avec AFP

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