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Côte d'Ivoire : en attendant une solution...


Escalade de la violence en Côte d'Ivoire.

Escalade de la violence en Côte d'Ivoire.

Le panel des cinq chefs d'Etat africains chargé de trouver une solution à la crise ivoirienne était vendredi à Nouakchott. Pendant ce temps une escalade de la violence dans le pays fait craindre une reprise de la guerre civile.

« Cette rencontre traduit notre détermination à explorer toutes les possibilités permettant de régler de manière pacifique et consensuelle la crise qui menace la survie, voire l'existence même de la Côte d'Ivoire », a déclaré le Mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, président du panel.

Les quatre autres membres du panel, le Sud-africain Jacob Zuma, le Tchadien Idriss Déby Itno, Blaise Compaoré, du Burkina, et le Tanzanien Jakaya Kikwété, étaient venus à Nouakchott une première fois le 20 février pour étudier des propositions de sortie de crise.

Le président sud-africain Jacob Zuma, un des membres du panel

Le président sud-africain Jacob Zuma, un des membres du panel

Mis en place par l’Union africaine fin janvier, le panel avait initialement jusqu'à fin février pour élaborer des solutions « contraignantes ». Mais l’instance panafricaine a décidé de jouer les prolongations en accordant à ses émissaires un mois supplémentaire, soit jusqu’au 31 mars.

Aussi : Un porte-parole du groupe des leaders de la CEDEAO a déclaré qu’ils espèrent résoudre la crise en Côte d’Ivoire au plus tard la semaine prochaine.

M. Sony UGOH a déclaré à la Voix de l’Amérique que son groupe a rencontré le panel de l’Union Africaine aujourd’hui en Mauritanie pour discuter de l’impasse en Côte d’Ivoire.

Pendant ce temps, la situation se dégrade dans le pays. Cinquante personnes ont été tuées dans des violences entre le 24 février et le 3 mars, portant à au moins 365 le nombre de tués depuis fin 2010, selon la force de l’ONU dans le pays, l’ONUCI.

Des affontements entre les FDS loyales à Gbagbo et des pro-Ouattara

Des affontements entre les FDS loyales à Gbagbo et des pro-Ouattara

Hier, des témoins ont affirmé que des soldats loyaux au président Laurent Gbagbo ont tué au moins sept femmes qui manifestaient à Abobo, dans le Nord d’Abidjan pour réclamer le départ de Laurent Gbagbo.

L’attaque a été aussitôt condamnée par les Etats-Unis et l’ONU. Des affrontements entre les Forces de défense et de sécurité (FDS) loyales à Laurent Gbagbo et des groupes armés pro-Ouattara ont également éclaté dans d'autres quartiers d’Abidjan et à Yamoussoukro.

Des combats aussi ont opposé les forces pro-Gbagbo et les Forces Nouvelles pro-Ouattara dans l’Ouest du pays, où la situation humanitaire est alarmante. L'insécurité a poussé plus de 200.000 personnes hors d'Abobo et, dans l'ouest, plus de 70.000 habitants ont fui le pays, principalement vers le Liberia voisin, selon le Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés qui a dû suspendre certaines de ses opérations dans cette partie de la Côte d'Ivoire.

Autre inquiétude: l’économie en difficulté. Suite à la stratégie d’étouffement financier entamée par le camp Ouattara, le système bancaire est paralysé. « La plupart des entreprises ont vu leur chiffre d’affaire diminuer de 50% voire 80%. Aujourd’hui les commerces et les entreprises ne font plus suffisamment d’argent pour payer leurs frais de personnel ou leurs loyers ou l’électricité », a expliqué à la VOA Daniel Bréchat, président honoraire de la fédération des petites et moyennes entreprises ivoiriennes.

Les filiales locales des grandes banques internationales ont fermé leurs portes, ce qui a affecté les transferts internationaux d’argent via des sociétés privées comme Western Union. « On a de moins en moins de liquidités. On est en train de sombrer et si on n’a pas de solution le mois prochain on ne pourra plus acheter de quoi manger ou de l’essence pour les voitures », a dit Daniel Bréchat.



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