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Ahmad à VOA : "Le foot africain a soif de changement"


Le président de la Confédération africaine de football, Ahmad, lors de son élection à Addis-Abeba, le 16 mars 2017

Le nouveau président malgache de la Confédération africaine de football revient en exclusivité pour VOA Afrique sur les chantiers et les réformes qu'il entend mener pour faire entrer le football africain dans une nouvelle ère. Entretien.

Près d'un mois après votre élection à la tête de la Confédération africaine de football, dans quel état avez-vous trouvé la CAF ?

Ahmad : "Il y a beaucoup de réformes à faire au niveau administratif. Il y a eu des efforts entrepris pendant 29 ans, c'est vrai. Mais il reste beaucoup à faire face aux changements dans le management international. Je fais procéder aussi à un audit, pas par suspicion, mais c'est la règle dans ces grandes organisations."

Qu'est ce qui a fait la différence lors de cette élection ?

Ahmad : "Les médias occidentaux ont toujours dit que j'étais un petit poucet et que je n'aurais rien. Je suis un politicien, je savais dans quoi je me lançais. Certains ne voulaient pas y aller. J’étais le seul candidat face au candidat sortant. J'avais vu juste, j'avais la bonne analyse. Le football africain a soif de changement. Ceux qui ont cru en moi ont donc eu raison. "

Vous avez fait campagne, notamment, pour une meilleure redistribution des revenus du football envers les "petits pays" du continent. Qu'est-ce que cela signifie concrètement ?

Ahmad : "Pour la redistribution, petit ou grand pays, c'est la même chose. Pour respecter l'une de mes promesses de campagne, on va déjà procéder à une modification du budget de la CAF de cette année, lors du congrès de Bahreïn. On va redistribuer 100.000 dollars par fédération sur les ressources allouées par la FIFA. "​

Chaque camp avait son candidat lors de la campagne électorale, comment comptez-vous réconcilier anglophones et francophones au sein de la CAF ?

Ahmad : "J’ai déjà eu des contacts avec certains qui n’ont pas eu honte d’afficher qu’ils étaient pour l’autre candidat. Certains sont des amis. Après l’élection, tout ça, c’est fini. On va réunir tout le monde. C’est une grande famille le football africain. On commence aussi à prendre contact avec les stars africaines. Si on est président d’une fédération, c’est qu’on veut développer le football dans son pays et on doit être proche des institutions comme la CAF ou la FIFA."​

Je me concentre sur ce mandat et j’essaierai de le faire en respectant mes engagements pour changer les choses dans la gestion du football africain. Mais je serai intransigeant pour réintroduire une limite d’âge.

Depuis votre élection, vous avez eu des propos plutôt bienveillants vis-à-vis d’Issa Hayatou, pourquoi ?

Ahmad : "C’est ma façon de voir les choses. J’ai toujours dit que je considérais Issa Hayatou comme un parent. Il a l’âge de mes oncles donc je le respecte. Mais je n’ai eu aucun contact avec lui depuis mon élection."

Vous limiterez-vous à deux mandats à la tête de la CAF ?

Ahmad : "Je ne sais même si je ferai un deuxième mandat mais trois mandats c’est impossible, je ne le ferai pas. J’aime ma vie. Je me concentre sur ce mandat et j’essaierai de le faire en respectant mes engagements pour changer les choses dans la gestion du football africain. Mais je serai intransigeant pour réintroduire une limite d’âge. Je voulais revenir à 65 ans, car je vois déjà la fatigue des voyages en Afrique, mais certains sont favorables à 70 ans. Il faut bien faire les choses."

Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a-t-il fait campagne pour votre élection ?

Ahmad : "Non je n’ai pas vu Gianni faire ça. Cependant, j’ai toujours dit que, si on veut aller de l’avant et réunir tout le monde, il faut compter avec la FIFA qui est le premier sponsor du football, notamment dans les pays en développement comme en Afrique. Je l’ai vécu, j’ai été président de fédération et on a participé à de nombreuses compétitions grâce à la FIFA."​

Confirmez-vous que l’Afrique aura au moins 9 places lors de la coupe du monde 2026 ?

Ahmad : "Oui, 9 places sont acquises. Mais on peut dire 9,5 places puisqu'un pays africain passera par un barrage face à une autre équipe d'une autre confédération pour obtenir son ticket pour la coupe du monde. C’est une grande évolution."​

Après votre visite au Maroc, pensez-vous que le continent organisera rapidement une coupe du monde, après celle de 2010 en Afrique du Sud ?

Ahmad : "Le Maroc est très disposé à l’organiser en 2026. Nous nous mobilisons pour cela. En visitant le Maroc, on voit la transformation économique du pays et les infrastructures. Rien qu’à Marrakech, il y a 80.000 chambres d’hôtel."

Etes-vous favorable à une co-organisation avec l’Espagne et le Portugal ?

Ahmad : "Pourquoi pas. Mais nous n’avons pas évoqué la chose."

Le calendrier de la Coupe d'Afrique des nations doit-il évoluer ? La compétition est actuellement organisée en janvier mais certains militent pour qu'elle ait lieu en juin-juillet.

Ahmad : "Il faut évoluer mais, lorsqu’on est responsable, il faut agir selon l’intérêt du groupe. Si la majorité est favorable au déplacement du calendrier, au changement de formule ou à l’augmentation du nombre d’équipes, je suis ouvert. Sur le calendrier, il est vrai que dans certaines parties du continent, notamment dans le Sud comme à Madagascar, vous ne pouvez pas jouer en janvier ou février en raison des pluies torrentielles. Mais dans d’autres parties du continent, ils n’ont pas ce problème. Il faut réfléchir."

Propos recueillis par Nicolas Pinault

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