Togo : prolongation de l’état d’urgence sécuritaire

Le siège du parlement togolais, à Lomé, le 8 janvier 2019. (VOA/Kayi Lawson)

Le Parlement togolais a prolongé de 12 mois l'état d'urgence sécuritaire dans la région des Savanes, située dans l'extrême nord du Togo, en proie à des incursions de groupes jihadistes depuis novembre 2021.

Décrété en juin 2022 par le président togolais Faure Gnassingbé, l’état d’urgence a pris fin il y a quelques semaines, après une première prolongation de six mois en septembre. Selon le ministre de la Sécurité, le général Damehame Yark, jeudi, "la situation demeure préoccupante" dans l’extrême nord, "au regard de la persistance de nouvelles tentatives pour la plupart vaillamment repoussées par nos forces de défense et de sécurité".
La loi

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votée à l'unanimité par les députés "permettra au gouvernement de prendre les mesures indispensables visant à mettre hors d’état de nuire ces groupes armés terroristes qui mènent aujourd’hui, une guerre asymétrique et de protéger les populations concernées ainsi que leurs biens", a-t-il souligné.

Petit pays d'Afrique de l'Ouest, le Togo subit depuis novembre 2021 des attaques terroristes dans l'extrême nord de son territoire en proie à des incursions des groupes jihadistes présents de l'autre côté de sa frontière, au Burkina Faso. Les attaques se sont multipliées ces derniers mois dans cette zone, selon les informations fréquemment relayées par la presse locale.

Mais depuis août 2022, ni le gouvernement, ni l’armée ne communiquent plus sur la situation sécuritaire dans l’extrême nord du Togo. "C’est un choix car nous devons protéger nos forces de défenses et de sécurité", a confié à l’AFP un officiel togolais sous le couvert de l’anonymat. L’opposition togolaise et des organisations de la société civile ont plusieurs fois dénoncé le "silence" des autorités.

"Le gouvernement doit communiquer sur les réalités du terrain, ce qui permettra aux Togolais de prendre la mesure de la situation sécuritaire dans le nord du pays. Ne pas le faire à temps et continuer à pratiquer la gouvernance du mensonge constitue un risque élevé pour nous tous", avait déclaré le 6 mars à l’AFP Gérard Adja, l’un des responsables de la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK), un regroupement de partis politiques de l'opposition et d’organisations de la société civile.

En février, le Programme alimentaire mondial (PAM) et la Chine ont réalisé une opération d’"assistance alimentaire d’urgence" aux personnes déplacées par ces attaques terroristes.