Mémorial Day : les Américains se souviennent

Les anciens du Vietnam ou leurs descendants faisant le tour de la ville sur leurs motos

Des dizaines de milliers de motards ont défilé dans les rues de Washington, comme chaque année, dans le cadre du « Rolling Thunder », le défilé de la liberté. Le président Obama est allé se recueillir au cimetière Abraham Lincoln de Chicago.

A l’occasion du « Memorial Day » commémoré ce lundi, des dizaines de milliers de motards ont défilé dans les rues de Washington, comme chaque année, dans le cadre du « Rolling Thunder », le défilé de la liberté.
Le président Barack Obama est allé prononcer à Chicago une allocution au cimetière national Abraham Lincoln. D’autres cérémonies se sont déroulées au cimetière national d’Arlington dans la banlieue de Washington.

Les habitants et visiteurs de la capitale ont afflué nombreux à proximité des différents monuments dédiés aux militaires tombés au combat durant les conflits modernes : Seconde guerre mondiale, Vietnam ou Corée, notamment.
Mais le weekend du Memorial Day est surtout marqué dans la capitale américaine par l’impressionnant défilé de dizaines de milliers de motards de l’organisation « Rolling Thunder », qui a vu le jour après la guerre du Vietnam dans les années 1960 et 1970. Cette association attire l’attention sur les disparus et prisonniers de guerre américains, pour que le gouvernement et le public américain ne les oublient pas. Pour vous donner une idée de l’ampleur de la manifestation, les autorités chiffrent à environ 900 000 le nombre d’anciens combattants et de leurs proches qui ont participé à « Rolling Thunder » ce weekend.
Ces motards venus de tout le pays sont partis du Pentagone en Virginie, puis ont traversé fleuve Potomac près du cimetière national d’Arlington pour arriver jusqu’au monument aux morts de la Guerre du Vietnam près de la Maison-Blanche. La plupart des motards ont la soixantaine bien sonnée. Parmi eux, Rico Nuss, qui a servi dans la marine de 1968 à 1972, et passé un an au Vietnam.
« Nous le faisons parce que c’est important. Ce n’est pas un défilé. Ce n’est pas une réunion. C’est une manifestation. Nous voulons savoir ce qui est arrivé à tous nos prisonniers de guerre » explique M. Nuss.
« Rolling Thunder » a vu le jour en 1987, lors d’un dîner d’anciens combattants dans le New Jersey. Art Muller, l’un des co-fondateurs du groupe, explique qu’il travaillait à l’époque sur la question des prisonniers de guerre, et que lui-même et ses associés avaient eu du mal à croire que le gouvernement Américain avait été capable d’abandonner des prisonniers de guerre vivants lors des conflits passés. Quelques 1,719 soldats américains sont toujours portés disparus en Asie du Sud et au Vietnam.
Mais une vieille blessure motive également les motards. Le Vietnam, c’était la « sale guerre », et nombre de soldats, une fois rentrés aux États-Unis, avaient été accueillis comme des pestiférés plutôt qu’en héros, explique Don Schaible, qui avait servi dans la marine au Vietnam en 1968. Pour Schaible et d’autres participants au « Défilé de la liberté », cet hommage est celui que les militaires n’ont jamais reçu.
« Vous savez, vous êtes au bord des larmes. C’est juste que, vous savez que les gens sont là pour vous témoigner leur soutien. Si ce n’était pas le cas, ils ne seraient pas là. Ils ne viennent pas assister au défilé pour voir une moto passer. Ils sont venus pour dire merci et c’est ça le Memorial Day », souligne Don Schaible.