Le médiateur de l’Onu en Syrie inquiet de l’escalade du conflit

Staffan de Mistura, le médiateur de l'ONU pour la Syrie, à Genève le 14 mars 2016. (REUTERS/Ruben Sprich)

Le médiateur de l'ONU en Syrie Staffan de Mistura a fait part mardi au Conseil de sécurité de son inquiétude devant l'escalade des combats en Syrie qui menace la reprise des négociations prévue mercredi, selon des diplomates.

S'adressant au Conseil par vidéo-conférence depuis Téhéran, il a déploré "une augmentation du niveau de violence", tout en estimant que cette escalade, surtout marquée à Hama, Damas et Alep (nord), "restait contenue".

Dans la région d'Alep, des groupes armés liés au Front Al-Nosra --branche syrienne d'Al-Qaïda-- ont lancé "des opérations militaires de grande envergure" contre les forces gouvernementales, a noté le médiateur, toujours cité par des diplomates.

M. de Mistura a exhorté les participants aux négociations qui doivent reprendre mercredi à Genève à faire preuve de responsabilité et de vision à long terme.

L'ambassadrice américaine Samantha Power a déploré devant des journalistes "une réduction de l'accès humanitaire" en Syrie et s'est dite "très inquiète" de l'annonce par Damas d'une prochaine offensive gouvernementale dans la région d'Alep.

"Il est clair que si le régime syrien ne respecte pas ses engagements sur l'accès humanitaire, les détenus, la fin des bombardements aveugles et la cessation des hostilités, le processus politique a peu de chances de réussir", a-t-elle déclaré.

Elle a appelé "les pays qui ont de l'influence, comme la Russie, à en user pour convaincre le régime" syrien.

Selon l'ambassadeur russe Vitali Tchourkine, M. de Mistura a "confirmé que c'était Al-Nosra qui avait lancé une offensive dans la région d'Alep et que le gouvernement syrien avait riposté".

Au cours des consultations au Conseil, la Russie a réaffirmé que les Kurdes devraient être inclus dans les négociations.

"M. de Mistura a confirmé que c'était un élément important mais sa réponse ne m'a pas conduit à croire qu'il allait les inviter aujourd'hui ou demain", a-t-il ajouté, en expliquant que la Turquie s'y opposait.

Evoquant cette reprise des négociations, M. Tchourkine a espéré que les deux camps "s'occuperont vraiment de tous les sujets qu'ils doivent évoquer", dont le gouvernement de transition, la nouvelle Constitution et l'organisation d'élections.

La trêve en Syrie semblait de plus en plus fragile mardi.

Qualifiés de "cruciaux" par Staffan de Mistura, les nouveaux pourparlers de paix inter-syriens doivent démarrer mercredi, trois semaines après un premier round n'ayant pas permis d'avancée majeure.

Avec afp