Le FMI morose sur l'économie mondiale, en dépit de la chute du pétrole

(AP)

Fin décembre, Olivier Blanchard et Rabah Arezki du FMI évoquaient l'impact bénéfique de la chute des prix du pétrole sur l'économie mondiale. Aujourd'hui, le FMI n'est plus aussi optimiste.

WASHINGTON (Reuters) - L'effondrement des cours du pétrole et la vigueur de l'économie américaine ne suffiront probablement pas à améliorer les perspectives de croissance de l'économie mondiale cette année, a déclaré jeudi Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI).

La baisse du prix du pétrole va certes profiter aux consommateurs dans la plupart des régions du monde mais les Etats-Unis seront probablement la seule grande puissance économique à résister à la faiblesse de l'investissement et de la consommation.

"Des cours du pétrole plus bas et une reprise plus forte aux Etats-Unis devraient-ils nous rendre plus optimistes quant à l'évolution de l'économie mondiale?", a déclaré Christine Lagarde. "La réponse est le plus probablement non."

Le FMI présentera mardi ses prévisions actualisées sur la croissance mondiale.

Christine Lagarde a déclaré que la zone euro et le Japon risquaient une période prolongée de croissance faible et d'inflation dangereusement basse. Le spectre de la déflation reste une menace pour l'Europe, a-t-elle dit.

Dans le même temps, le FMI s'attend à un ralentissement de la croissance des économies émergentes, à commencer par la Chine.

Au-delà de son effet stimulateur sur la consommation, la chute des cours du pétrole représente surtout pour les gouvernements une "occasion en or" de réduire les subventions sur l'énergie et de consacrer les dépenses publiques à la lutte contre la pauvreté, a souligné la directrice générale du FMI.