La Turquie ne renoncera pas à l'achat du système antimissiles russe S-400.

Donald Trump, à gauche, en conversation avec le Président turc Recep Tayyip Erdogan, à droite, lors de leur visite des nouveaux quartiers généraux de l'OTAN à Bruxelles, en Belgique, le 11 Juillet 2018.

"C'est une affaire conclue et nous ne reviendrons pas en arrière", a annoncer Mevlut Cavusoglu lors d'une conférence en marge d'une réunion pour fêter les 70 ans de l'Otan.

Le gouvernement turc a signé un accord avec la Russie pour acheter les S-400, dont la livraison devrait commencer cet été. Mais cette commande empoisonne depuis des mois les relations entre Ankara et Washington, alliés au sein de l'Otan, d'autant que les Etats-Unis redoutent que le système russe ne perce les secrets technologiques des avions militaires américains ultrasophistiqués que la Turquie a également entrepris d'acheter.

L'administration de Donald Trump a donc de nouveau sommé lundi la Turquie de choisir entre le système antimissiles russe et les F-35, et a suspendu la livraison d'équipements liés aux avions de chasse à Ankara "en attendant" que le gouvernement turc renonce "sans équivoque" aux S-400.

Le ministre turc a estimé que les Américains ne pouvaient pas faire marche arrière sur les chasseurs -- "nous avons déjà payé 1,2 milliard de dollars et 2,3 milliards supplémentaires sont en cours de paiement".

Mais il a opposé une fin de non-recevoir aux exigences de Washington. "Nous proposons aux Etats-Unis de mettre en place un groupe de travail technique pour s'assurer que ce système ne soit une menace ni pour les F-35, ni pour les systèmes de l'Otan", a expliqué Mevlut Cavusoglu.

Selon lui, les S-400 "ne doivent pas être intégrés au système de l'Otan".

Pour justifier la volonté turque d'aller au bout du contrat d'armement avec Moscou, il a assuré que son pays avait "urgemment besoin" d'un tel système de défense "en raison des menaces dans le voisinage" où "tout le monde a des missiles". "L'Otan n'est pas suffisamment capable de couvrir notre espace aérien à ce stade", a-t-il plaidé.

Quant à la proposition de Washington, qui a approuvé récemment la vente à Ankara de missiles Patriots américains dans l'espoir de lui faire renoncer aux S-400, le ministre turc des Affaires étrangères s'est montré sceptique.

"Cela ne garantit pas que les Etats-Unis pourront vraiment vendre des Patriots à la Turquie, car nous n'avons pas réussi à en obtenir depuis dix ans", a-t-il lancé, accusant les précédentes administrations américaines de ne pas avoir conclu un tel contrat.