La mort d'Adama Traoré due aux conditions de son arrestation, selon son avocat

La police française appréhende un jeune homme lors d'une manifestation contre la proposition de loi du gouvernement à Nantes, France, le 26 mai 2016

Ce jeune Noir dont la mort après son interpellation le 19 juillet a provoqué de nombreuses violences en France, estime que les moyens utilisés par les gendarmes pour le maîtriser peuvent avoir provoqué son asphyxie et son décès, citant les déclarations de l'un d'eux.

Cette hypothèse n'a jamais été soulevée par le procureur, qui a eu connaissance de ce témoignage et auquel ont été remis les rapports d'autopsie, ce qui a provoqué la colère de la famille et des proches du jeune homme.

L'un des trois gendarmes ayant arrêté cet homme de 24 ans à Beaumont-sur-Oise, une commune populaire du nord de Paris, a dit aux enquêteurs n'avoir "porté aucun coup", selon une source proche de l'enquête. "Nous avons employé la force strictement nécessaire pour le maîtriser, mais il a pris le poids de notre corps à tous lors de son interpellation", a-t-elle précisé.

"L'hypothèse que je privilégie, c'est que ce qui a provoqué l'asphyxie constatée par les deux autopsies serait la compression thoracique telle qu'expliquée par les gendarmes", a réagi auprès de l'AFP l'avocat de proches d'Adama Traoré, Yassine Bouzrou.

Adama Traoré, dont la mort qualifiée de "bavure" par ses proches a entraîné plusieurs nuits de violences à Beaumont-sur-Oise et dans les communes voisines, a été interpellé au cours d'une opération qui visait son frère Bangui, soupçonné d'extorsion de fonds.

Le 19 juillet, les gendarmes expliquent avoir opéré un contrôle d'identité sur le jeune homme qui se trouvait dans son quartier avec son frère et la petite amie de ce dernier. "Quand il a vu qu'on voulait l'interpeller, il a posé son vélo et est parti en courant", a raconté l'un des gendarmes, selon la source proche de l'enquête.

Adama Traoré, qui a ensuite été rattrapé, a dit après son interpellation avoir eu des "difficultés à respirer", a déclaré la même source. Il a perdu connaissance dans le véhicule de gendarmerie, avant de mourir un peu plus tard.

Les deux rapports d'autopsie font état d'un "syndrome asphyxique". Le procureur de Pontoise, Yves Jannier, chargé du dossier, avait déclaré que le jeune homme souffrait d'une pathologie cardiaque, mais n'avait pas évoqué ce "syndrome asphyxique".

Avec AFP