Guinée : les autorités interdisent l’accès du stade de Conakry au premier anniversaire des massacres du 28 septembre 2010

Les forces de sécurité à l'oeuvre le 28 septembre 2009

Il y a un an, les forces de sécurité guinéennes ouvraient le feu sur une manifestation pacifique des militants de l’opposition, tuant plus de 150 personnes et violant une centaine de femmes.

Le gouvernement guinéen a interdit aux familles des victimes du massacre du 28 septembre 2009 au Stade du 28 septembre de Conakry d’organiser une cérémonie commémorative sur les lieux. Les portes du stade ont été fermées sur ordre des autorités. Des cérémonies plus modestes ont eu lieu dans les églises et les mosquées.

Il y a un an, les forces de sécurité guinéennes ouvraient le feu sur une manifestation pacifique des militants de l’opposition, tuant plus de 150 personnes et violant une centaine de femmes.

Les organisations internationales de défense des droits humains ont appelé les autorités guinéennes à sévir contre les responsables de ce massacre. Selon l’ONG Human Rights Watch, des membres de la junte au pouvoir avaient planifié l’intervention des forces de sécurité, mais personne n’a été, à ce jour, inquiété et il n’y a pas eu un seul procès.

Le gouvernement intérimaire guinéen a promis une enquête complète sur les graves incidents de septembre 2009 à Conakry.

Guinée : les autorités interdisent l’accès du stade de Conakry au premier anniversaire des massacres du 28 septembre 2010

Le président de l’Association des victimes du 28 septembre, Ibrahim Barry, fait état, dans un bilan non exhaustif, de 115 morts, 82 disparus, 109 femmes violées, 2200 blessés dont 326 femmes violentées 426 cas de dommages matériels. Il est plutôt pessimiste quand à la suite judiciaire qui sera donnée à cette affaire.

« Le 8 octobre 2009, nous avons rédigé une plainte que nous avons déposée près le Tribunal de grande instance de Conakry, et cette plainte est restée sans suite », a-t-il expliqué.

Pour sa part, Cellou Dalein Diallo, candidat au second de la présidentielle, appelle à la création d’une Commission vérité et réconciliation, à l’exemple de l’Afrique du Sud et d’autres pays, a-t-il souligné. « Il y a eu beaucoup de violence politique dans ce pays depuis l’indépendance ; ce n’est pas peut-être bon de prendre un cas isolé, de le traiter, il faut prendre tout », a déclaré M. Diallo qui a rappelé qu’il a eu « le Camp Boiro, les diètes noires, il y a eu les assassinats, les arrestations arbitraires », entre autres.

La Cour pénale internationale (CPI) a fait savoir, en février dernier, que des crimes contre l’humanité ont probablement été commis lors du massacre de Conakry. Une enquête onusienne a imputé au leader de la junte guinéenne, le capitaine Moussa Dadis Camara, la responsabilité de ces incidents.

La Guinée doit s’attaquer au problème de l’impunité qui perdure en Guinée, notamment en traduisant en justice les auteurs du massacre de septembre 2009, a déclaré Corinne Dufka, chercheuse pour l’Afrique de l’Ouest à Human Rights Watch.