Jürgen Klopp et ses hommes espéraient sans doute d'autres retrouvailles avec le stade Metropolitano où ils avaient remporté la finale de l'édition précédente en juin 2019 contre Tottenham (2-0). Mais les difficultés rencontrées lors de ce match étaient largement prévisibles contre un "Atleti" souvent pénible à affronter.
S'il existait un petit doute sur la capacité des "Colchoneros" à élever leur niveau de jeu dans une saison en demi-teinte pour eux, leur entraîneur Diego Simeone a su rallumer la flamme dans son équipe.
Certains feindront peut-être de découvrir que Liverpool, tellement dominateur sur son île, n'est pas invulnérable. Mais il n'a jamais été très à l'aise à l'extérieur en Coupe d'Europe puisque 7 de ses 11 derniers matches loin d'Anfield s'y sont soldés par une défaite.
Lire aussi : Le "best of" de la ligue des champions 2018-2019Et mardi, ils sont tombés dans un véritable traquenard tendu par une équipe le couteau entre les dents, dans un Metropolitano surchauffé.
- Mané + Firmino + Salah = 0 -
"On parle parfois du pouvoir d'Anfield et du pouvoir d'un stade et tout ce qu'un stade peut apporter. Ce soir on l'a vu", a jugé Klopp après le match.
"Tout le stade ne voulait voir qu'un résultat, le stade n'était pas venu pour voir du football sensationnel. (...) Ils ont eu un résultat, donc ils sont heureux maintenant et pas nous", a-t-il ajouté.
Les équipes capables d'en remontrer aux Reds sur le terrain de l'intensité, du combat et de la volonté permanente de faire mal à l'adversaire ne sont pas nombreuses, mais l'Atlético fait partie de celles-là quand il hausse son niveau.
Lire aussi : Moment de sport de l'année: ligue des championsTout comme Naples, qui a battu Liverpool deux fois en deux ans dans son stade, avec des caractéristiques similaires, surtout dans sa version Ancelotti.
L'un des enjeux majeurs du match était de voir comment les latéraux des Reds, tellement essentiels dans l'animation offensive, allaient pouvoir peser face à un bloc en 4-4-2 fait pour les contenir et contrer dans leur dos.
Le terme de "faillite" n'est sans doute pas trop fort, alors que l'Atlético a pu placer beaucoup trop de centres dangereux et qu'à l'autre extrémité du terrain, la précision de l'attaque de Liverpool, habituellement quasi chirurgicale, n'était pas au rendez-vous.
La statistique de 0 tir cadré en dit long aussi sur la sale soirée passée par le trio Sadio Mané-Roberto Firmino-Mohamed Salah.
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Le Sénégalais n'a d'ailleurs joué que 45 minutes, Klopp ayant eu peur que Mané récolte un deuxième carton jaune.
"Il était ciblé, manifestement, oui, c'est évident. Sadio a fait une très bonne première période mais la seule chose qu'ils voulaient, c'était de s'assurer qu'ils prennent un deuxième jaune. Il faut être très solide comme arbitre dans ce genre d'atmosphère et manifestement ce n'était pas facile", a critiqué le coach allemand.
Malgré cette soirée manquée, Liverpool a encore son destin bien en main.
Si Madrid a gagné la première manche, il l'a fait sur un but de raccroc et - avec au total 7 tirs dont 2 cadrés pour l'"Atleti" -, Alisson n'a pas eu beaucoup de travail, à part un bel arrêt devant Alvaro Morata en première période.
Lire aussi : Alisson Becker sacré meilleur gardien de l'annéeLes probabilités statistiques de voir le trio Mané-Firmino-Salah refaire un match à zéro tir cadré sont également infimes et l'ambiance à Anfield le 11 mars n'aura rien à envier à celle de Madrid mardi soir.
Il faudra tout de même aller les chercher, ces deux buts minimum, face à un adversaire qui ne lâchera rien et dont la surface de réparation ne finira pas ouverte aux quatre vents comme celle de Barcelone lors de la folle demi-finale de l'an dernier (0-3, 4-0). Liverpool réussira-t-il un nouveau come-back ?