Des dizaines de morts attribuées à la canicule dans le sud du Pakistan

Un volontaire au Pakistan asperge d'eau sur les passants alors qu'il fait 43 degrés à Karachi, Pakistan, 21 mai 2018.

Des dizaines de personnes sont mortes ces derniers jours à Karachi, la plus grande ville du Pakistan, où sévit une canicule avec des températures atteignant 42°C mardi.

."Nous avons reçu 180 cadavres ces quatre derniers jours, ce qui est plus du double de la normale", a déclaré Faisal Edhi, qui dirige Edhi, la plus grande association caritative pakistanaise, active dans les services de santé, et gérant des morgues et des flottes d'ambulances.

"La plupart de ces morts subites sont liées par les proches à la canicule, ce que nous ne pouvons vérifier indépendamment", a-t-il poursuivi.

Le gouvernement de la province de Sindh, dont Karachi est la capitale, a cependant vivement contesté ces chiffres, son directeur de l'Autorité de gestion des catastrophes Muhammad Ali Shaikh affirmant à l'AFP que "seule une victime d'insolation avait jusqu'ici été signalée".

Aamir Habib, un habitant du quartier de Korangi, dont le frère a été amené d'urgence à l'hôpital après s'être effondré à son travail, a de son côté expliqué à l'AFP que "les médecins ont attribué sa mort à un coup de chaleur".

L'épisode de canicule frappant Karachi, mégalopole portuaire de plus de 15 millions d'habitants, coïncide avec le ramadan, démarré jeudi au Pakistan, mois pendant lequel des millions de musulmans dévots s'abstiennent de boire et de manger du lever au coucher du soleil.

Le département météorologique du Pakistan a averti que du temps "chaud à très chaud devrait prévaloir les deux ou trois prochains jours à Karachi", ville où les espaces verts sont rares et les délestages fréquents, ce qui limite le recours à l'air conditionné.

En juin 2015, un précédent épisode de canicule, lui aussi survenu pendant le ramadan, avait fait environ 1.200 morts dans le sud du Pakistan, dont deux tiers de sans-abri. A l'époque, des dignitaires religieux avaient conseillé aux plus vulnérables de mettre un terme à leur jeûne quotidien si leur santé était en danger.

Avec AFP