Etats-Unis: un nombre croissant de femmes aux commandes des fermes

L’agriculture américaine est en train de connaître une véritable révolution : de plus en plus de femmes choisissent de renouer avec la terre en reprenant l’exploitation et la gestion des fermes. Les données d’un récent recensement montrent que le nombre de fermes exploités par des femmes est en hausse.

Julie Stinar est l’une de ces nouvelles fermières. Il y a cinq ans, elle travaillait encore avec des stylistes pour la chaine de magasins Nordstrom. « Lorsque j’ai eu mon fils, j’ai abandonné mon emploi chez Nordstrom. Et c’était exactement au même moment que nous nous sommes installés dans cette ferme », explique-t-elle.

Au départ, Julie Stinar cultivait des légumes dans le petit jardin familial et vendait les excédents aux collègues de bureau de son mari. Aujourd’hui, sa ferme couvre 53 hectares. Mme Stinar produit désormais une centaine de variétés de légumes tout en élevant de la volaille, des porcs et des bœufs.

Jeanne Dietz-Band a suivi un cheminement presque similaire. Titulaire d’un doctorat en biologie moléculaire et génétiques, elle a quitté le secteur de la biotechnologie pour passer plus de temps avec ses deux fils adolescents. Aujourd’hui, elle élève plus de 200 chèvres à Keedysville, dans l’Etat du Maryland.

« C’était, de toute évidence, une décision extrêmement difficile à prendre. Mais après m’être engagée à le faire et une fois que nous sommes venus dans la ferme, je n’ai plus regardé en arrière ; je suis tellement heureuse ici », se réjouit-elle.
Sa formation en génétique lui est d’un grand secours dans l’élevage des chèvres et ses connaissances en chimie viennent à point nommé dans la fabrication de savon à partie de lait de chèvre.

Le nombre de femmes fermières aux Etats-Unis s’est accru de 30% au cours des cinq dernières années. Celles-ci dirigent, aujourd’hui, plus de 14% des 2,2 millions de fermes du pays. « Nous avons vue le nombre de femmes dirigeantes de fermes augmenter de la même manière que celui des femmes au sein de la population active. Cela s’inscrit dans la tendance normale », explique Stephanie Grambrell, spécialiste de politique économique au Bureau américain de l’agriculture. Cette spécialiste dit s’attendre à ce que le nombre de femmes fermières continue de croitre légèrement.

Les femmes gèrent généralement de petites exploitations, mais bénéficient de la popularité croissante des marchés de fermiers et aussi du désir de certains consommateurs d’acheter des produits locaux. L’internet permet d’alerter les clients au sujet des produits disponibles, explique Julie Stinar.

« Je trouve que c’est la chose la plus agréable parce qu’à la fin de la journée, vous fournissez à quelqu’un des produits d’excellente qualité , qui lui permettront de nourrir sa famille », dit-elle, assurant n’avoir jamais regretté d’avoir choisi de gagner sa vie dans une ferme.