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Zimbabwe: deux séjours en prison, mais le journaliste Hopewell Chin'ono n'est "pas brisé"

Le journaliste zimbabwéen Hopewell Chino'ono s'adresse aux médias d'État à Harare, le 10 octobre 2018.

Le parti au pouvoir l'a déclaré ennemi de l'État. La détermination du journaliste Hopewell Chin'ono, sorti vendredi de prison, reste entière: il va continuer son travail.

"Je ne vais pas arrêter de traquer la corruption" d'État, affirme le lanceur d'alerte de 49 ans, crâne rasé et barbichette, dans un entretien à l'AFP au lendemain de sa libération de la prison de haute sécurité de Chikurubi, dans la banlieue d'Harare, où il effectuait sa deuxième période de détention en moins de quatre mois.

Il est resté 17 jours dans la section D, réservée aux condamnés à perpétuité ou à mort, une situation dénoncée par son avocate à chaque audience avant sa libération sous caution.

Détenu pour un tweet

Cette fois, il était emprisonné pour entrave à la justice, après la publication d'un tweet dénonçant l'intervention du gouvernement auprès de magistrats enquêtant sur une affaire de contrebande d'or.

"Exposer la corruption, c'est la nature du travail, sinon je ne suis plus journaliste", répète-t-il d'une voix calme, assurée.

"Le séjour en prison est épouvantable. Quand ils arrêtent des gens comme des journalistes, ils savent que ça va vraisemblablement les briser. Mais je suis décidé. La corruption est une cause à laquelle je tiens, je ne les laisserai pas faire".

Derrière lui, dans son bureau, une affiche de Bob Marley et ses paroles contre l'oppression. "Don't give up the fight" (N'abandonne pas le combat).

Fin juillet, des policiers avaient fracassé la baie vitrée de sa salle à manger pour l'arrêter. Il avait filmé avec son téléphone et diffusé en direct leur irruption. Les autorités l'accusaient alors d'avoir incité "à la violence publique" pour avoir relayé des appels à manifester contre la corruption d'Etat.

Ces manifestations n'ont jamais eu lieu, le président Emmerson Mnangagwa ayant imposé un couvre-feu, déployé policiers et soldats sur des barrages routiers, dans le cadre du confinement.

Un mois avant son arrestation, un haut responsable du parti au pouvoir (Zanu), Patrick Chinamasa, dénonçait "les attaques systématiques" contre "l'intégrité de la famille" du président "par des personnages sans scrupules tels que Hopewell Chin'ono".

"Briser ton esprit"

A cette époque, le reporter, plusieurs fois primé, enquêtait sur une affaire de corruption présumée autour d'achats par le gouvernement de matériel de protection et de tests Covid, qui a abouti à la démission du ministre de la Santé.

En prison, où il a passé 45 jours depuis juillet, il a vécu ce qu'il décrit comme "la pire expérience possible".

"Les gens dorment comme des rats. Il n'y a pas d'eau dans les cellules, prévues pour 16 mais où s'entassent 46 détenus. Pas de place pour bouger", raconte-t-il, et les maladies se propagent, bronchites et coronavirus en tête. Sans traitement.

Quand Chin'ono a eu de la fièvre, son médecin a pu lui rendre visite. Mais dans le bâtiment renfermant 2.700 détenus, selon lui, pas le moindre tensiomètre pour calculer sa pression artérielle.

Le journaliste rappelle que sous Robert Mugabe, qui a dirigé le pays d'une main de fer pendant 37 ans avant d'être dégagé par un coup d'État fin 2017, il n'a jamais été arrêté. Et pourtant "j'ai réalisé des documentaires critiques" à son égard, dit-il.

Mais le régime Mnangagwa craint l'exposition de la corruption, assure-t-il: "Quand vous touchez au pillage de fonds publics ou des ressources nationales et que la famille du président est impliquée, vous vous faites arrêter".

Il relève l'impact des réseaux sociaux pour désarmer les autorités. "J'atteins bien plus de monde que le quotidien contrôlé par le gouvernement", poursuit le journaliste. "Quand ils vendent 5.000 exemplaires, mes messages ou mes vidéos sont vus 100.000 fois".

Chin'ono (@daddyhope) compte plus de 170.000 followers sur Twitter. "Si vous en avez dix comme moi, vous atteignez 1,7 million de personnes, qui à leur tour retwittent. Ces gens vont lire des histoires de corruption, voir des preuves, voir qui est impliqué".

Effrayant pour un "régime tyrannique, corrompu". Donc "ils t'arrêtent pour briser ton esprit".

Quand il arrive à débrancher de sa prochaine enquête, Chin'ono aime prendre sa voiture et partir à la campagne, dans son élevage de chèvres Boer, typiques d'Afrique australe.

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Un journaliste et son compagnon tués par balle en Éthiopie

Un Éthiopien diffuse une vidéo du Premier ministre Abiy Ahmed s'exprimant dans un café Internet à Addis-Abeba, en Éthiopie, le 26 novembre 2020.

Un journaliste éthiopien et son ami ont été abattus par une personne non identifiée à Mekelle, la capitale de la région du Tigré, ont déclaré jeudi un travailleur humanitaire et un résident.

Selon les groupes de défense des droits, la liberté de la presse s'est érodée depuis le conflit de novembre dernier entre les troupes fédérales et les forces loyales à l'ancien parti au pouvoir du Tigré, qui a perdu Mekelle fin 2020.

Dawit Kebede, qui travaillait pour la télévision régionale du Tigré, a été abattu mardi soir alors qu'il était en voiture avec des amis, a déclaré un travailleur humanitaire. "Tous deux ont reçu une balle dans la tête et leurs corps ont été retrouvés dans une voiture qu'ils conduisaient", a déclaré le travailleur, qui a demandé à ne pas être nommé.

Leurs corps ont été retrouvés mercredi par des personnes qui allaient à l'église et ont appelé la Croix-Rouge. L'ami de Dawit a été identifié comme étant Bereket Berhe, dont le journal Addis Standard a dit qu'il était le frère d'un des collègues de Dawit.

Le Tigré est en état d'urgence et à Mekelle, il y a un couvre-feu nocturne à partir de 19 heures.

Tous deux ont été tués vers 19h30, a déclaré à Reuters un habitant de Mekelle. "J'ai assisté à leurs funérailles, les deux ont été enterrés à Mekelle mercredi", a déclaré le résident. Le motif du meurtre n'est pas clair.

Kahsay Biru, directeur de l'Agence des médias du Tigré, l'organisme qui chapeaute l’organe de presse où Dawit travaillait, a déclaré que la police avait brièvement détenu Dawit vendredi et lui avait demandé de se présenter lundi.

L'agence est dirigée par l'administration intérimaire du Tigré, qui a été nommée par le gouvernement fédéral, basé à Addis-Abeba.

"Ils lui ont posé des questions sur notre institution et sur la façon dont ils faisaient leurs reportages pendant le conflit", a déclaré Kahsay à Reuters.

Le maire de Mekelle, Ataklti Haileselassie, et Mulu Nega, le nouveau chef du Tigré, n'ont pas répondu aux appels téléphoniques ou aux SMS demandant des commentaires sur les meurtres.

Les observateurs des médias ont rapporté l'arrestation d'au moins 13 journalistes en Ethiopie l'année dernière, dont sept en novembre lorsque les combats ont éclaté au Tigré.

Les médias éthiopiens présentent un large éventail de points de vue, allant des médias d'État et affiliés aux publications indépendantes, en passant par les organes affiliés à l'opposition politique ou même aux groupes armés.

YouTube prolonge d'une semaine la suspension du compte de Donald Trump

Le logo de YouTube

Le site YouTube, propriété de Google, a annoncé mardi, à la veille de l'investiture de Joe Biden, qu'il prolongeait d'une semaine la suspension de la chaîne du président américain sortant Donald Trump.

"Compte tenu des préoccupations concernant de potentiels actes de violence, la chaîne de Donald J. Trump ne pourra pas mettre en ligne de nouvelles vidéos ou des vidéos en direct pour une période supplémentaire minimum de sept jours", a indiqué le groupe dans un message transmis à l'AFP.

"Les commentaires continueront d'être désactivés indéfiniment sous les vidéos de la chaîne", a-t-il ajouté.

YouTube avait suspendu pour une première fois le 13 janvier la chaîne du locataire de la Maison Blanche, qui comptait 2,77 millions d'abonnés, et ce pour sept jours. Le groupe avait alors également supprimé une vidéo en estimant qu'elle enfreignait sa politique de lutte contre l'incitation à la violence.

La plateforme avait pris cette décision après des mesures plus radicales d'autres réseaux sociaux. La pression de la part d'ONG était en train de monter, certaines menaçant même Google d'appeler à un boycott publicitaire, comme elles l'avaient fait contre Facebook cet été.

Après la violente invasion du Capitole américain par une foule de partisans de Donald Trump le 6 janvier, les géants des technologies ont choisi d'appliquer leurs règles beaucoup plus strictement que par le passé.

Facebook et Instagram ont suspendu temporairement puis indéfiniment le profil du président sortant tandis que Twitter a définitivement supprimé son compte. Snapchat et Twitch ont réagi d'une façon similaire.

Apple, Google et Amazon ont banni d'internet le réseau social conservateur Parler, prisé des fans du milliardaire républicain, en l'excluant de leurs services d'hébergement.

Toutes ces entreprises veulent absolument éviter de faciliter d'éventuels débordements et violences pendant la cérémonie d'investiture de Joe Biden, prévue à 12H00 mercredi (17H00 GMT).

Des mesures de sécurité exceptionnelles ont été prises par les autorités, et Airbnb a annulé toutes les réservations prévues à Washington cette semaine.

Les réseaux sociaux ont-ils facilité l’assaut contre le Capitole?

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Foot: Netflix annonce la sortie en février d'un nouveau documentaire sur Pelé

L'attaquant brésilien Pelé, vêtu de son maillot Santos, sourit avant de disputer un match de football amical avec son club contre le club français du "Racing", le 13 juin 1961 à Colombes en France.

Pelé et Netflix ont annoncé jeudi la diffusion en février d'un nouveau documentaire évoquant le parcours du joueur brésilien, de révélation du Mondial-1958 à "héros national pendant une période radicale et turbulente de l'histoire du Brésil".

Ce film sera disponible sur la célèbre plate-forme de contenus vidéo à partir du 23 février prochain. "Je vais bientôt avoir l'opportunité de revivre mes souvenirs. J'ai hâte de regarder ce film", a indiqué Pelé sur les réseaux sociaux, en portugais et en anglais.

Ce film est constitué notamment "de certaines images d'archives rares et de témoignages d'anciens coéquipiers de Pelé au FC Santos et au sein de la Seleçao, en plus de déclarations inédites de proches, de journalistes, d'artistes et d'autres personnalités de cette époque", selon un communiqué de Netflix.

Ses réalisateurs David Tryhorn et Ben Nicholas avaient produit récemment un autre documentaire intitulé "Tout ou rien: la sélection brésilienne" relatant la conquête de la Copa América par la Seleçao en 2019.

Pelé reste à ce jour le seul footballeur à avoir soulevé trois Coupes du monde (Suède-1958, Chili-1962, Mexique-1970). Cette dernière avait été conquise pendant la longue période de dictature militaire au Brésil (1964-1985).

En 2000, il a été nommé joueur du 20e siècle par des experts de la Fifa alors que le public, dans un autre vote, a choisi l'Argentin Diego Maradona.

"J'espère qu'un jour on pourra jouer ensemble au football au ciel", avait réagi le Roi Pelé après le décès du Pibe de Oro en novembre dernier.

Un tribunal prolonge la détention de deux influenceuses en Egypte

L'application TikTok est très populaire auprès des jeunes influenceurs et influenceuses dans le monde. (photo d'illustration-AP)

La justice égyptienne a prolongé jeudi la détention de deux influenceuses accusées de "traite d'êtres humains" pour des vidéos publiées sur l'application TikTok, après les avoir acquittées d'atteinte aux bonnes moeurs, selon un responsable judiciaire.

Un tribunal du Caire a "renouvelé la détention de Mawada al-Adham et Haneen Hossam pour 15 jours dans une affaire de traite d'être humains", a indiqué la même source, sous le couvert de l'anonymat.

Mardi, les deux jeunes femmes, qui avaient été condamnées en juillet à deux ans de prison, avaient été acquittées, ainsi que trois autres personnes, de plusieurs accusations par la cour d'appel du tribunal économique du Caire.

"C'est une seule et même affaire qui repose sur trois chefs d'accusation: publication de photos portant atteinte aux valeurs de la société, atteinte à la sûreté nationale et traite d'êtres humains", a précisé l'avocat de Mme Adham, Me Saber Sokkar.

Leur détention provisoire a été renouvelée "en attendant qu'elles soient déférées à la cour pénale" pour "traite" car "deux autres jeunes femmes sont apparues sur leurs réseaux sociaux", a-t-il ajouté.

Déjà soupçonnée de proxénétisme en avril, l'étudiante Haneen Hossam avait alors été arrêtée après avoir posté sur TikTok une vidéo annonçant à ses quelque 1,3 million d'abonnés que les filles pouvaient gagner de l'argent en travaillant avec elle sur les réseaux sociaux.

En mai 2020, Mawada al-Adham, qui compte deux millions d'abonnés sur Instagram, avait à son tour été arrêtée après avoir publié des vidéos parodiques.

Elles figurent toutes deux parmi la dizaine d'influenceuses qui ont été arrêtées en 2020 pour atteinte aux bonnes moeurs, dans le pays conservateur.

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