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"Zéro", nouveau mot d'ordre des villes pionnières du climat

Le gouverneur de la Californie, Jerry Brown, lors d'une conférence de presse au Global Action Climate Summit, le 13 septembre 2018 à San Francisco.

Zéro carbone, zéro voiture à essence, zéro déchet : de nombreuses villes représentées au sommet climat de San Francisco visent désormais une suppression totale des gaz à effet de serre en quelques décennies, un objectif encore utopique il y a quelques années.

Europe, Asie, Amériques, Afrique et Océanie sont représentés au Sommet mondial pour l'action climatique qui a commencé mercredi et rassemble le plus grand nombre de maires, gouverneurs et responsables territoriaux jamais vu sur le thème du climat.

Dans ce sommet policé à la tonalité volontariste, la voix de l'acteur américain Harrison Ford a tranché jeudi par son alarmisme.

"Arrêtons pour l'amour de Dieu de dénigrer la science! Arrêtons de donner le pouvoir à ceux qui ne croient pas à la science ou prétendent de ne pas y croire par intérêt", a-t-il lancé dans un discours enflammé devant des milliers de délégués, dans le centre de San Francisco. "C'est la plus grande crise morale de notre temps".

La Chine a envoyé la plus grande délégation du rassemblement, selon Jerry Brown, gouverneur de Californie. Xie Zhenhua, négociateur pour le climat, a répété jeudi devant les délégués que le pays atteindrait son pic d'émissions avant 2030.

Ce pic a déjà été atteint il y a dix ans par les Etats-Unis, deuxième pollueur mondial, ainsi que par l'Europe auparavant.

Vingt-sept grandes villes européennes et nord-américaines, dont Londres, Paris et New York, sont sur la pente descendante depuis au moins cinq ans, selon une annonce faite jeudi au sommet.

La centaine de grandes villes du club C40, présidé par la maire de Paris Anne Hidalgo, s'est engagée à être totalement neutre en carbone en 2050, et si possible avant --Copenhague veut être la première, dans sept ans.

Los Angeles a promis d'éliminer le charbon d'ici 2025, avant d'éliminer complètement le carbone de son économie. "Le nouveau seuil est effectivement d'arriver à un bilan carbone neutre", dit Eric Garcetti, le maire.

"Ce serait une erreur de ne se fixer des objectifs qu'à deux ou trois ans", dit à l'AFP le maire de Milan, Giuseppe Sala. "Il faut s'engager sur zéro, même si c'est loin".

- Trump "criminel" -

Parvenir à un bilan carbone neutre est une gageure. Il faut non seulement des centrales produisant une électricité propre à partir d'énergies renouvelables ou nucléaire, mais aussi convertir l'ensemble des voitures et camions à des moteurs électriques ou à hydrogène. Sans compter les usines, le chauffage des bâtiments, les déchets...

L'objectif zéro carbone était encore une utopie il y a quelques années, "c'était marginal même dans les cercles progressistes", analyse Oras Tynkkynen, ancien parlementaire vert finlandais. "Aujourd'hui ce but est une réalité en Californie, et dans de plus en plus de villes et même de pays".

La raison d'être du rassemblement est de sauver l'accord de Paris de 2015. Si les Etats-Unis de Donald Trump sont les seuls à en avoir annoncé leur sortie, les autres pays membres ont adopté des engagements insuffisants pour limiter la hausse de la température du globe à un niveau non dangereux.

D'où l'avalanche d'engagements non-étatiques, pour accentuer la pression sur les dirigeants mondiaux.

Tokyo, Séoul, Rotterdam ont rejoint jeudi Paris, Londres, Barcelone, Mexico et d'autres pour s'engager à 100% de bus sans émissions de dioxyde de carbone en 2025, et à réduire à zéro les émissions de voitures sur une "zone majeure" de leurs territoires d'ici 2030.

Le club C40 vise aussi le "zéro déchet" dans quelques décennies, avec un objectif de recyclage ou compostage de 70% d'ici 2030.

Plusieurs multinationales participent au sommet coorganisé par le milliardaire philanthrope du climat Michael Bloomberg. Au cri de "Notre planète n'est pas à vendre", des manifestants ont perturbé le sommet jeudi, bloquant l'accès des délégués et interrompant le discours de M. Bloomberg.

"Je ne fais aucune confiance aux grandes entreprises pour défendre l'intérêt général", dit une manifestante, Keyla.

L'ombre de Donald Trump pèse sur le rassemblement, même si nombre de leaders clament que ses décisions environnementales n'arrêteront pas le progrès.

"Cela vire non seulement à la folie, mais au crime", a lâché Jerry Brown. "Menteur, criminel, imbécile, je vous laisse choisir le bon mot".

Avec AFP

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Des musulmans du Sud séparatiste de la Thaïlande chantent pour le pape

Le pape François, à son arrivée à l'hôpital Saint-Louis de Bangkok, en Thaïlande, le jeudi 21 novembre 2019. (Photo AP / Manish Swarup)

De jeunes chanteurs musulmans du sud de la Thaïlande, en proie à un conflit séparatiste qui a fait quelque 7.000 morts, chantent vendredi devant le pape François en visite dans le pays bouddhiste.

"Nous essayons de dire que nous ne sommes pas des fondamentalistes", relève Furkon Tasa, 15 ans.

Il dirige la chorale de l'Institut Attarkia Islamiah dans la province de Narathiwat, à l'extrême sud de la Thaïlande, ensanglanté par ce conflit depuis 2004.

"Avec la musique, nous pouvons chanter et communiquer avec n'importe qui", ajoute-t-il lors d'une ultime répétition, jeudi.

La prestation des 31 chanteurs est particulièrement symbolique alors que l'insurrection a récemment connu une nouvelle flambée de violence.

Début novembre, quinze personnes ont été tuées lors d'une attaque attribuée à des séparatistes qui ont ouvert le feu sur deux postes de contrôle.

"Prière pour la paix", "Chants pour la liberté": la chorale interprètera des textes spécialement conçus pour l'occasion.

"Nous sommes musulmans. Nous devons répandre l'amour", s'enthousiasme Arisa Mamat, membre de la formation.

Cette dernière se produira devant le pape à l'université de Chulalongkorn, accompagnée d'étudiants de la faculté et de chrétiens de différentes minorités ethniques, très nombreuses en Thaïlande.

Pour Phaisan Toryib, directeur de l'école d'Attarkiah, cette représentation est l'occasion pour les jeunes musulmans de se mêler aux Thaïlandais d'autres cultes.

Le pape François a d'ailleurs axé son voyage dans le royaume, à plus de 95% bouddhiste mais tolérant envers les autres cultes, sur le dialogue interreligieux.

Jeudi, il a rencontré le 20e patriarche suprême, Somdej Phra Maha Muneewong, dans un haut lieu du bouddhisme.

Avec AFP

Le pape François débute une visite en Thaïlande et au Japon

Carte indiquant l'itinéraire et les dates de la visite du pape François en Asie, du 19 au 26 novembre.

Le pape François est arrivé mercredi en Thaïlande, première étape d'un voyage de sept jours en Asie durant lequel il se rendra également au Japon, une première en près de 40 ans.

L'avion du souverain pontife a atterri en périphérie de la capitale thaïlandaise Bangkok autour de la mi-journée.

Cette visite coïncide avec le 350e anniversaire de la fondation de la "Mission de Siam" par le pape Clément IX.

La communauté catholique ne représente qu'une minorité de moins de 2% de la population thaïlandaise, à majorité bouddhiste.

Le pape François doit rencontrer le roi Maha Vajiralongkorn, des représentants bouddhistes et catholiques ainsi que des étudiants, avant de prendre samedi la direction du Japon.

Il est le premier chef de l'Eglise catholique à se rendre en Thaïlande depuis Jean-Paul II en 1984. La dernière visite papale au Japon remonte elle à 1981.

Avec Reuters

Le report des manoeuvres entre Séoul et Washington insuffisant pour Pyongyang

Le président sud-coréen Moon Jae-in, à droite, s’embrasse avec le leader nord-coréen Kim Jong Un lors de leur deuxième sommet au nord du village de Panmunjom dans la zone démilitarisée (DMZ), 26 mai 2018.

Les Etats-Unis doivent renoncer à leurs manoeuvres conjointes avec Séoul "une bonne fois pour toutes" s'ils veulent une reprise du dialogue avec Pyongyang, a indiqué mardi la Corée du Nord après l'annonce du report de ces exercices militaires.

Washington et Séoul ont présenté dimanche le report de ces manoeuvres aériennes comme un geste de "bonne volonté" après des mois d'impasse dans les négociations internationales sur les programmes nucléaire et balistique du Nord.

Les Nord-Coréens présentent de longue date les exercices militaires américano-sud-coréens comme la répétition de l'invasion de leur territoire.

Séoul et Washington avaient annulé l'an passé plusieurs de ces manoeuvres dans la foulée du sommet historique à Singapour entre le président américain Donald Trump et le leader nord-coréen Kim Jong Un.

Et Kim Yong Chol, un très haut responsable nord-coréen qui était auparavant l'homologue nord-coréen du secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo dans les discussions sur le nucléaire, a estimé que le report annoncé dimanche était hors sujet.

"Nous demandons que les Etats-Unis ne participent pas aux manoeuvres ou qu'ils y renoncent une bonne fois pour toutes", a déclaré M. Kim dans un communiqué diffusé par l'agence officielle KCNA.

"La suspension des exercices ne signifie pas la paix et la sécurité sur la péninsule coréenne et n'aide pas les efforts diplomatiques."

Le Nord n'a "pas l'intention" de s'asseoir à la table des négociations avec "les Etats-Unis qui rusent" et n'y retourneront pas avant "l'abandon complet et irrévocable de sa politique hostile".

Après la spectaculaire détente de 2018 sur la péninsule, les pourparlers entre les Etats-Unis et la Corée du Nord sont au point mort depuis le fiasco du deuxième sommet à Hanoï en février entre MM. Trump et Kim.

Les deux pays n'étaient pas parvenus à s'entendre sur le démantèlement du programme nucléaire nord-coréen en échange d'une levée des sanctions économiques internationales.

D'autres discussions bilatérales, menées début octobre en Suède à un niveau inférieur, se sont également terminées sur une impasse.

Pyongyang a donné à Washington jusqu'à fin 2019 pour présenter une nouvelle offre.

Quatre morts dans une nouvelle fusillade en Californie

La police dans un quartier de Fresno, Californie, après une fusillade, le 18 avril 2017.

Une nouvelle "fusillade de masse" a touché dimanche soir les Etats-Unis, provoquant la mort de quatre jeunes hommes et en blessant six autres lors d'une réunion de famille dans une résidence de la ville de Fresno (Californie).

Selon les premiers éléments de l'enquête, un ou plusieurs suspects ont pénétré dans une résidence où étaient rassemblées quelque 35 personnes, dont des enfants, pour suivre un match de football américain lors "d'une réunion de famille", a expliqué aux journalistes Michael Reid, responsable de la police de Fresno.

L'attaquant ou les attaquants ont ensuite "ouvert le feu dans le jardin, où se trouvaient la plupart des personnes, touchant par balles dix d'entre elles", a-t-il poursuivi.

Trois personnes sont mortes sur place, "tous des hommes de type asiatique âgés de 25 à 30 ans" et un quatrième, transporté dans un état critique à l'hôpital, a succombé à ses blessures.

Six autres personnes ont été plus légèrement blessées et leurs jours ne sont pas en danger, a souligné le policier.

Le ou les auteurs des coups de feu, encore non identifiés, sont en fuite et les enquêteurs tentaient de retrouver leur trace en examinant les images de vidéosurveillance et en interrogeant les nombreux voisins qui ont donné l'alerte en entendant les tirs, aux alentours de 18h00 heure locale dimanche (02h00 GMT lundi).

- Enfants et femmes présents -

"Dieu merci, aucun enfant n'a été touché car il y avait plusieurs enfants et femmes" mais ils étaient à l'intérieur de la maison, a précisé Michael Reid.

"Les dix victimes, décédées ou non, sont toutes des hommes âgés de 20 à 35 ans environ" et "tous se trouvaient hors de la maison, dans le jardin", a-t-il insisté.

"Nous ne connaissons pas encore exactement leur origine mais je pense qu'on peut dire d'Asie du sud-est ou d'Asie", a dit le responsable de la police de Fresno.

Interrogé par les journalistes sur les motivations possibles du crime, M. Reid a répondu que l'enquête s'attachait à la déterminer.

Il a toutefois jugé "très probable que le rassemblement ait été pris pour cible à dessein, nous ne savons pas encore pourquoi".

A ce stade de l'enquête, rien n'indique qu'il puisse s'agir d'une fusillade liée à des gangs, a-t-il souligné, qualifiant les faits de "violence absurde".

Un voisin a affirmé au journal Fresno Bee qu'une autre maison avait déjà essuyé des tirs la semaine dernière, provoquant l'émoi dans le quartier.

"Je ne me sens pas en sécurité dehors après la nuit tombée", a déclaré ce voisin, Choua Vang, affirmant songer à déménager.

Les Etats-Unis sont régulièrement endeuillés par de telles tueries de masse, qui relancent à chaque fois le débat sur la prolifération des armes à feu sans que la législation en la matière ait évolué de manière significative.

Le dernier drame en date, la semaine dernière, a également touché la Californie.

Un adolescent a ouvert le feu dans la cour de son lycée le jour de son anniversaire, tuant deux camarades âgés de 14 et 15 ans et blessant trois autres jeunes, près de Los Angeles.

Il a lui-même succombé à ses blessures après s'être tiré une balle dans la tête juste après avoir commis son geste, pour lequel il n'a laissé aucune explication.

Trump ira à Londres pour les 70 ans de l'Otan, en pleine campagne britannique

Election 2020 Trump

Le président des Etats-Unis Donald Trump participera début décembre au sommet des 70 ans de l'Otan à Londres, où il se trouvera ainsi au moment de la dernière ligne droite de la campagne d'élections législatives cruciales pour le Brexit.

Le sommet organisé au Royaume-Uni les 3 et 4 décembre se tiendra dans un golf de luxe près de la capitale britannique. Le milliardaire républicain et son épouse Melania Trump se rendront aussi à la réception donnée à cette occasion par la reine Elizabeth II au Palais de Buckingham, a annoncé vendredi la Maison Blanche.

Détracteur constant de l'Otan, le président américain a parfois semblé remettre en cause l'utilité même, et les principes cardinaux, de l'Alliance atlantique née en 1949 pour contrer l'Union soviétique au début de la Guerre froide. Il n'a cessé de bousculer les Alliés pour qu'ils mettent davantage la main au portefeuille au lieu de se reposer sur le colossal budget de la défense américaine, notamment l'Allemagne, accusée d'être le mauvais élève en termes d'effort militaire.

Mais ces derniers mois, Donald Trump a quelque peu mis ses critiques en sourdine, insistant, comme le fait la Maison Blanche dans son communiqué de vendredi, sur les "progrès sans précédent réalisés par l'Alliance pour mieux partager le fardeau financier, avec notamment plus de cent milliards de dollars de nouvelles dépenses de défense depuis 2016". Des progrès dont l'ex-homme d'affaires attribue la paternité à sa propre ténacité.

"Soixante-dix après sa création, l'Otan demeure l'alliance avec le plus grand nombre de succès à son actif dans l'Histoire, garantissant la sécurité, la prospérité et la liberté de ses membres", a souligné la présidence américaine.

- Soutien à Boris Johnson? -

"Le président mettra aussi l'accent sur la nécessité pour l'Otan de se préparer aux menaces de demain, y compris celles émanant du cyberespace, celles qui touchent nos infrastructures critiques et nos réseaux de télécommunications, et celles que pose le terrorisme", a-t-elle ajouté.

Au-delà du ton qu'il décidera d'employer à l'occasion de cet anniversaire en grande pompe, la visite de Donald Trump sera aussi scrutée à la lumière des élections britanniques du 12 décembre.

A moins de dix jours d'un scrutin sous forme de quitte ou double pour son "ami" Boris Johnson, va-t-il en profiter pour lui apporter un soutien appuyé? Le Premier ministre conservateur, champion du Brexit, espère décrocher la majorité absolue qui lui manque au Parlement pour faire adopter son accord de divorce négocié avec l'Union européenne.

Par le passé, le président américain n'a pas caché tout le bien qu'il pensait de "Boris", dont il a même relevé qu'on le surnommait parfois "le Trump britannique". Il lui a promis un "magnifique" accord commercial bilatéral après la sortie de l'UE, argument de poids des partisans du Brexit pour garantir que l'économie britannique ne souffrira pas de la séparation.

Mais récemment, le milliardaire républicain, qui affiche aussi sa sympathie pour l'europhobe Nigel Farage, s'est montré plus réservé par le contrat de divorce négocié par Boris Johnson avec Bruxelles, jugeant qu'il compromettait la possibilité d'un accord de libre-échange américano-britannique.

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump se retrouve au Royaume-Uni dans une phase cruciale de la politique britannique.

Début juin, il s'y était rendu juste avant la démission de la Première ministre Theresa May, qu'il n'avait cessé de tacler dans les mois précédents. Il en avait profité pour courtiser les candidats à sa succession, Boris Johnson en tête.

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